Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de la-Pensée-libre
  • Le blog de la-Pensée-libre
  • : Philo-socio-anthropo-histoire. Revue en ligne éditée par une partie de l'ancienne rédaction de "La Pensée" exclue en 2004, élargie à d’autres collaborateurs et consacrée au renouvellement de la pensée critique de la globalisation, du politique, de l’économique, du social et du culturel.
  • Contact

Profil

  • la-pensée-libre
  • Philo-socio-anthropo-histoire.
Revue en ligne éditée par une partie de l'ancienne rédaction de La Pensée exclue en 2004, élargie à d’autres collaborateurs et consacrée au renouvellement de la pensée critique de la globalisation, du politiq
  • Philo-socio-anthropo-histoire. Revue en ligne éditée par une partie de l'ancienne rédaction de La Pensée exclue en 2004, élargie à d’autres collaborateurs et consacrée au renouvellement de la pensée critique de la globalisation, du politiq

Recherche

Liens

13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 19:42

Depuis plusieurs décennies, le clivage droite/gauche s'est à ce point affadi en apparence qu'on peut penser qu'il ne signifie plus rien car, à juste titre, ces termes ne signifient souvent plus rien. Pour autant, le clivage entre acteurs du progrès social et fossoyeurs de l'humanité de l'homme se poursuit, sans souvent ne plus pouvoir être nommé et même situé. Car au sein de pratiquement tous les courants dits de gauche, mais aussi de droite, des clivages apparaissent souvent plus forts et plus marqués qu'entre « la gauche » et « la droite » officielles. En se positionnant par rapport à l'ordre dominant, capitalisme, impérialisme, mondialisme, néolibéralisme, néoconservatisme. Il en va ainsi au sein de chaque famille politique désormais vieillie, comme il en va ainsi au sein de chaque famille idéologique mais aussi religieuse. Là où des conflits de plus en plus aigus apparaissent qu'il faut savoir replacer dans le contexte des luttes et des positionnements sociaux, tant au niveau national qu'international.

Alors que les sociaux-démocrates ont depuis longtemps déserté le camp des militants de l'abolition du capitalisme, fut-ce par des moyens strictement réformistes, des groupes en principe plus à gauche, communistes, trotskystes, anarchistes, écologistes, se retrouvent eux-aussi divisés. On a par exemple vu le Parti communiste irakien soutenir l'invasion de son pays par l'armée US et participer au gouvernement d'occupation, alors que d'autres communistes continuent à maintenir haut l'étendard de la révolution, la lutte anti-impérialiste, anti-UE, anti-OTAN. On doit réfléchir sur les causes de ces divisions au moment même où des forces classées autrefois quasi-irrémédiablement dans le camp conservateur ou tout au moins marquées par « l'archaïsme » manifestent parfois un esprit critique radical beaucoup plus poussé.

Des organisations que l'on aurait situé hier dans le camp du progrès se retrouvent donc aujourd'hui objectivement dans celui de la conservation de l'ordre établi, à l'échelle locale comme planétaire. Ce qui constitue une des causes du phénomène du « retour du religieux ». Une démarche a priori réactive et souvent réactionnaire dans un monde perçu comme étant sans perspectives. Mais, au même moment, les religions et les vieux conservatismes continuent à s'effriter et à occuper de moins en moins de place dans la vie quotidienne des sociétés soumises à la précarité et à la loi de la consommation et de la convoitise. Et simultanément, des courants révolutionnaires basés sur une conception religieuse, holistique, de l'univers se forment et se développent.

Nous savons bien sûr qu'il existe dans le christianisme une théologie de la libération qui s'oppose aux pesanteurs vaticanes et surtout au sectarisme néo-évangélique, néo-protestant et pro-capitaliste. Nous savons qu'il existe des juifs laïcs antisionistes mais nous savons moins qu'il existe des juifs religieux orthodoxes tout aussi, voire encore plus radicalement antisionistes. Nous savons que le takfirisme islamiste ne représente pas, loin de là, l'islam et nous savons même que l'islam a été le moteur de la dernière révolution de masse du XXe siècle, la Révolution iranienne qui, si elle n'a pas donné tous les fruits escomptés, n'en reste pas moins une révolution sociale qui, somme toute, rejoint tous les processus révolutionnaires connus depuis le siècle des Lumières et faits d'aller-retours récurrents entre vagues de progrès social et reflux réactionnaires, à l'intérieur même du processus révolutionnaire qui a toujours su poursuivre sa route.

Nous devons donc aujourd'hui tenter de comprendre dans le foisonnement éparpillé de courants en apparence contradictoires, ce qui fait sens et ce qui devrait pouvoir converger dans une grande alliance alternative. Nous avons donc décidé de publier une série de quelques textes de groupes qui se sont constitués à partir d'un fait religieux et qui participent, au nom même de leurs principes fondateurs, de la contestation de l'ordre dominant. Et qui se réfèrent aux éléments longtemps oubliés de contestation que l'on rencontre dans les messages prophétiques. Qui, somme toute, rejoignent les éléments contestataires qu'on retrouve dans la fraction de la « gauche séculière » restée révolutionnaire.

Comme le soulignait l'illustre héros assassiné de la Révolution burkinabé, Thomas Sankara : « Entre le riche et le pauvre, il n’y a pas la même morale. La Bible, le Coran, ne peuvent pas servir de la même manière celui qui exploite le peuple et celui qui est exploité; Il faudrait alors qu’il y ait deux éditions de la Bible et deux éditions du Coran. 1» De la même façon que des Karl Kautsky ou des Boris Eltsine ont pu ânonner un temps des textes marxistes vidés de leur sève révolutionnaire, il faut retrouver les exégèses des textes religieux qui rappellent l'évidence, à savoir qu'aucun prophète n'a jamais voulu s'asseoir à la table des puissants et que tous ont été combattus par les puissants, ce qui explique le « miracle » de leur succès millénaire auprès des masses, malgré toutes les perversions qui allaient suivre. Car si la seule demande qu'on peut en finale exiger des socialistes scientifiques est d'incarner le « millénarisme sécularisé », la seule mesure qui permet de juger concrètement une religion est sa capacité à faire marcher l'être humain vers les temps de justice annoncés par les prophéties millénaristes. Il y a donc là un lien direct à rétablir entre toutes les contestations des pouvoirs établis et visant à la fois la perversion des messages prophétiques au profit des idoles des temps modernes et la perversion des idéologies séculières par les idoles du marché et de la convoitise.

Cette série de trois numéros a donc pour objet de rappeler qu'il est aujourd'hui urgent de relativiser et de dépasser les barrières mentales secondaires qui séparent les croyants dans la justice provenant des diverses vagues de souffle prophétique des libre-penseurs, agnostiques, athées mais croyant eux-aussi dans la justice et provenant des courants séculiers fidèles à la marche du progrès humain.

L'idéologie du consumérisme, de la convoitise et de l'individualisme exacerbé passant par la légitimation de l'usure et des politiques de surendettements s'est aujourd'hui étendue à l'ensemble des courants religieux, politiques, idéologiques existant. Ce qui explique sans doute pourquoi, des contre-tendances apparaissent aussi au sein de tous ces courants. Il faut commencer ici l'histoire de la démarche prophétique là où elle a commencé. Et donc rappeler à l'heure du sionisme que si la religion des juifs a souvent été stigmatisée pour son « tribalisme », cela a fait oublier que les enfants d'Israël ont aussi construit une vision du rôle universel des fidèles de Moïse faite de devoir d'exemplarité porteuse de «lumière parmi les nations», de libération et de justice, condition devant permettre la venue des temps messianiques « où le loup habitera avec l'agneau ». Judaïsme autrefois dynamique à partir de quoi a pu se développer une judéïté laïcisée, sécularisée et internationaliste qui a donné naissance à tant de révolutionnaires, bundistes, communistes, socialistes, etc et qui aujourd'hui se manifeste en particulier dans le combat pour la Palestine, contre le racisme et plus particulièrement aussi contre l'islamophobie.

La Rédaction


 

« L'intelligence bourgeoise se complaît à une critique rationaliste de la méthode, de la théorie, de la technique des révolutionnaires. Quelle incompréhension ! La force des révolutionnaires ne réside pas dans leur science ; elle réside dans leur foi, leur passion, leur volonté. C'est une force religieuse, mystique, spirituelle. C'est la force du Mythe. L'émotion révolutionnaire... est une émotion religieuse. Les motivations religieuses se sont déplacées du ciel vers la terre. Elles ne sont pas divines, mais humaines et sociales2 ».

José Carlos Mariatégui


 

« La religion est le soupir de la créature opprimée, l'âme d'un monde sans coeur, comme elle est l'esprit des conditions sociales d'où l'esprit est exclu. Elle est l'opium du peuple. »3.

Karl Marx, Friedrich Engels

Judaïsme, judéïté, humanité (1/3)

-

Été 2016

-

 

Le Sionisme et la religion4

Adam Wahl

Le nationalisme a été dans l'histoire de l'Europe le moteur de réalisations des plus formidables en même temps qu'il commettait des crimes effroyables. A notre époque, il ne constitue pas l'unique élément destructeur généralisé.

L'histoire du nationalisme juif /du sionisme/ a donné naissance à ces mêmes défauts et subit du coup les mêmes règles que les vieux nationalismes européens.

Le sionisme est entré dans l'histoire en même temps que d'autres forces : la démocratie, le libéralisme, le socialisme. Mais partout où s'est produit un conflit entre tous ces éléments, c'est le nationalisme qui a, sans exception, toujours pris le dessus, qui a dominé ses rivaux et qui a fortement limité leur rôle politique. Le sionisme séculier de gauche de nos jours apparaît comme une relique du passé. Son aile « gauche » est sortie de cette configuration vaincue et compromise. Nous observons de nos jours l'alliance des sionistes avec les idées « national-religieuses », qui prennent souvent une allure messianico-mystique. L'aveuglement de ces juifs qui /souvent inconsciemment/ unissent le nationalisme avec la religion fait mal. Nous, les juifs, devrions particulièrement savoir comment se termine le mariage du nationalisme avec la religion – et à quel bâtard il peut donner naissance.

L'histoire nous apprend que ceux qui ont soutenu qu'ils étaient en état de mettre le nationalisme au service de la religion n'ont pas été en état de prévoir les événements qui allaient suivre, et leurs partisans en ont payé lourdement les conséquences.


 

-


 

Meeting contre l’islamophobie

 

Intervention de Michèle Sibony

pour

l’Union juive française pour la Paix (UJFP)

 

6 mars 2015

Bourse du Travail de Saint-Denis


 

Cher-e-s ami-e-s et cher-e-s camarades,

Il nous a semblé important d’expliquer ici pourquoi notre association et d’autres associations juives sont signataires de l’appel à ce meeting et d’une façon plus générale s’inscrivent dans la lutte contre l’islamophobie. Pourquoi nous sommes ici présents ce soir dans cette première étape pour participer à la construction d’un large front de lutte contre l’islamophobie qui nous semble urgent et nécessaire...


 

Comme Juifs nous sommes particulièrement concernés par la question du racisme sous toutes ses formes, car sous toutes ses formes le racisme tue. On entend beaucoup dire aujourd’hui et écrire que le racisme antisémite tue des Juifs parce que Juifs en France, et c’est une réalité tragique, mais qui ne devrait pas en cacher une autre, qui est que toutes les émeutes françaises survenues dans les banlieues des grandes villes françaises ont toujours eu sans aucune exception, c’est vérifiable, la mort pour origine. Je le répète donc : contre le racisme sous toutes ses formes parce que sous toutes ses formes le racisme tue. Le racisme annule aussi toute différence dans les groupes qu’il vise les réduisant à un caractère unique : comment accepter qu’une collectivité de près de 600 000 juifs ou de 5 à 6 millions de musulmans puisse n’avoir qu’une parole uniforme et identique. Cela permet de favoriser des assimilations nécessaires au développement du racisme : Juif égale soutien d’Israël et de sa politique quelle qu’elle soit. Arabo-musulman égale antisémite parce que soutien de la Palestine.


 

Trois éléments sont à prendre en compte pour comprendre la résurgence ou l’évolution du racisme en France, une situation post coloniale qui s’ignore, la vague néoconservatrice qui nous traverse avec ses valeurs guerrières, de domination, de ségrégation et de racisme orienté contre l’islam, et la crise économique et sociale dans laquelle l’Europe, et la France en particulier s’enfoncent, notamment à cause de sa gestion néo-libérale.


Ces trois éléments convergent et se conjuguent pour ostraciser les populations post-coloniales de ce pays : les délits de faciès, le délit des noms, s’appeler Mohamed ou Amadou ou Fatima ou Fatou, vous enferment aujourd’hui dans le ghetto mental d’un post-colonialisme qui s’ignore.


Nous avons aussi voulu croire que le colonialisme et ses crimes commis loin de la métropole, c’était terminé, refusant de voir comment le post-colonialisme continue de travailler notre société en crise avec une majorité de Juifs comme de Musulmans issus des mêmes colonies où, là aussi à l’époque, la puissance coloniale les divisait pour mieux régner. Comme si cela pouvait cesser d’agir sur commande, pour ces trois partenaires...


 

Je voudrais tenter d’expliquer en quelques minutes la double instrumentalisation qui articule islamophobie et antisémitisme ces dernières années autour de ce qui est à notre sens une des principales sources d’alimentation et de la montée d’un fort ressentiment contre les juifs, et de la désignation des musulmans comme une population dangereuse à contrôler :


 

La question palestinienne

Pour redonner à très larges traits le contexte global des quinze dernières années je rappellerai trois dates :


  septembre 2000 début de la deuxième intifada,


  janvier 2001 élection de G. W. Bush,


  septembre 2001 attentats du World Trade Center.


Ces deux dernières dates marquent le déclenchement par les néoconservateurs au pouvoir d’une offensive en direction de l’islam. Offensive qui redécoupe le monde entre un Occident prétendu judéo-chrétien, et un axe du mal, l’islam, ce qui fait du Moyen-Orient une zone à très haut risque, du conflit dit israélo-palestinien une ligne de front majeure, et d’Israël (on veut souvent oublier cet aspect) un allié incontournable et renforcé dans cette soi-disant guerre de civilisation.


Parce que nous avons voulu croire en France que le néo-conservatisme avec son idéologie coloniale guerrière fondée sur une division ethnico-religieuse s’était, comme le nuage radioactif de Tchernobyl, respectueusement arrêté à nos frontières, nous n’avons pas vu assez clairement que l’Europe toute entière et les gouvernements français successifs considéraient, comme le gouvernement américain, qu’Israël était son allié indéfectible. Et cela dans un Moyen-Orient qui explose aujourd’hui sous les guerres qui impliquent aussi les puissances européennes et la France.


Et donc l’Union européenne comme la France comme les Etats-Unis refusent de sanctionner le régime israélien pour sa politique coloniale raciste et la violence extraordinaire de l’occupation, perpétuant ainsi le calvaire des Palestiniens et le conflit. Les Musulmans de France dans ce contexte ont été identifiés à l’axe du mal et au terrorisme islamiste sous toutes ses formes, ils y sont amalgamés et subissent la méfiance et l’ostracisme : classe dangereuse assimilée et réduite à une religion d’essence violente incompatible avec une laïcité dévoyée à dessein. Ils sont aussi associés à l’« agression » d’Israël allié majeur dans l’offensive néoconservatrice.


C’est ainsi qu’islamophobie et soutien d’Israël sont intimement associés

La deuxième instrumentalisation vise les Juifs, qui eux soudainement « blanchis » par les aléas de l’histoire, se retrouvent assignés du bon côté de ce prétendu « Occident judéo-chrétien », il va falloir qu’ils portent haut et fort le flambeau d’Israël et de sa politique, qu’ils y soient amalgamés et qu’ils soient considérés comme représentant et s’identifiant à ce régime israélien quel qu’en soit le prix, cela se fera en utilisant l’antisémitisme comme outil principal. C’est la demande d’Israël qui compte sur sa « diaspora », relayée et mise en acte par le CRIF, et soutenue par les gouvernements français. Ils sont donc à la fois exposés et mis en danger, mais la protection est assurée, affichée même, avec déclarations gouvernementales du plus haut niveau … et chaque fois des mesures sont annoncées contre ceux qui les visent (suivez mon regard je ne vise personne).


D’un côté les musulmans sont muselés sur la Palestine, toute critique politique leur est interdite requalifiée comme antisémite. Ce qui signifie que l’antisionisme c’est de l’antisémitisme, et il y a depuis 2004 avec le rapport Rufin, une volonté persistante des gouvernements français de pénaliser l’antisionisme comme une forme d’antisémitisme.


Et de l’autre côté les Juifs, pris en otage de la politique israélienne, servent à désigner l’axe du mal, les Musulmans, et chaque fois qu’ils sont attaqués comme représentants d’Israël c’est l’équation Juif égale sioniste avec son corollaire antisionisme égale antisémitisme, qui est renforcée, et donc le mot d’ordre d’Israël lui-même qui est suivi et respecté.


Chaque fois que des Juifs sont attaqués la pression raciste se renforce sur les Musulmans, et le silence se renforce sur la Palestine. Et si les Juifs se sentent en danger, ils ont un refuge prêt à les accueillir en Israël justement… Le piège est refermé… Ainsi doublement instrumentalisés le racisme islamophobe comme le racisme anti-juif constituent les deux faces d’une même médaille.


 

Je serai rapide sur la crise sociale qui s’est développée pendant ces années dans les quartiers populaires parce que ce point a été largement abordé par les orateurs précédents. Ce sont dans ces quartiers que se côtoient souvent dans les mêmes HLM ou les mêmes cités des Français postcoloniaux (Juifs et Arabes du Maghreb et Africains), dans des difficultés sociales souvent proches et où se développent les tensions « raciales ». Les uns s’identifient à Israël, par des liens familiaux postcoloniaux notamment, vivant ce lieu de la souveraineté juive comme le lieu unique de pouvoir possible, eux qui en sont démunis ici. Et cette identification est légitimée et encouragée par le pouvoir et les instances communautaires. Les autres, arabes, noirs, musulmans, ceux qui subissent délit de faciès, discrimination à l’emploi, au logement, les refus d’accès en général, s’identifient au dernier morceau de terre arabe non décolonisé du monde arabe, et à la lutte et la résistance du Palestinien opprimé. Mais leur solidarité à eux est délégitimée, considérée comme une expression raciste. Manifester pour Gaza leur est interdit... Pendant que les manifestations de soutien aux crimes de guerre israéliens sont autorisées. Tout cela développe un fort ressentiment d’ailleurs savamment ou non cultivé par certains « faux amis » qui n’agissent que sur l’amalgame juif / sioniste et promeuvent la formule préférée d’Israël et de ses relais en France : antisionisme égale antisémitisme. Ce « travail » contribue ainsi à renforcer alors par l’expression antisémite, l’autre aspect de la médaille, l’islamophobie associée au soutien d’Israël.


 

Il y a un racisme reconnu, visible, dénoncé, surveillé, contrôlé, et un racisme que l’on a même encore du mal à nommer, et que certains s’évertuent à nier, se justifiant comme tout racisme par des défauts propres aux racisés.


Ali Ziri tué à Argenteuil, quelle réaction gouvernementale ? L’homme rejeté du métro par des supporters de football parce que noir, quelle parole gouvernementale ?


 

Dans le monde global qui est le nôtre, nous constatons que les politiques se ressemblent et se rapprochent : discriminations, apartheid sur une base ethnique, colonialisme là-bas, discriminations, post-colonialisme, racisme ici. Nous luttons pour le respect des droits là-bas comme ici, pour un vivre ensemble fondé sur l’égalité là-bas comme ici. Pour nous, il n’y a qu’un seul racisme qui se décline selon des contextes sous des formes et avec des cibles différentes. Mais la lutte contre le racisme est indivisible.


Pour nous la solution passe par un front commun de lutte contre l’islamophobie et contre l’antisémitisme parce que même manipulé pour alimenter l’islamophobie et pour contribuer à l’effacement de la question des droits des Palestiniens, l’antisémitisme demeure un racisme meurtrier inacceptable au même titre que le premier.


Défaire ces instrumentalisations ensemble nous paraît être la seule voie de nature à défaire ce racisme dans son versant islamophobe comme dans son versant antisémite. De la même manière, nous nous inscrivons dans la lutte contre le versant anti-rom du racisme et nous voulons nous inscrire dans la lutte contre la négrophobie maintenue dans l’invisibilité.


Aujourd’hui en Israël, le troisième parti qui concourt aux élections constitué de quatre listes arabes et appelé « la liste commune » présente des candidats arabes et juifs, Hadash, le front démocratique pour la paix est un parti arabe et juif, tout comme Balad tajamo, le front national démocratique qui a toujours présenté aussi des candidats juifs. Un des slogans de Hadash porté dans les manifestations est « Arabes et Juifs refusons d’être ennemis », c’est un mot d’ordre valable là-bas comme ici. Nombre d’Israéliens juifs connus ou anonymes ont manifesté leur intention de voter pour cette liste commune qui leur semble seule porteuse d’avenir.


Voilà les raisons pour lesquelles des associations juives s’inscrivent dans la constitution d’un front contre l’islamophobie, et voilà pourquoi c’est dans ce cadre que nous lutterons aussi contre l’antisémitisme. Nous ne pouvons nous retrouver dans une lutte antiraciste instrumentalisée par le CRIF qui manifeste à la fois son soutien aux massacres contre la population de Gaza, contribue à la fabrique du racisme islamophobe et prétend lutter contre l’antisémitisme. C’est enfin la raison pour laquelle nous voulons, nous devons porter avec vous aussi la solidarité avec la Palestine. Avec vous et tous ceux qui luttent pour plus de justice ici et dans le monde.

---------------

Notes :

1 < http://arretsurinfo.ch/discours-du-president-thomas-sankara-du-burkina-faso-au-sujet-de-la-dette-1987 > ; il ne s'agissait évidemment pas dans la bouche de Sankara de faire éditer deux textes différents, mais des les lire et de les interpréter du point de vue des classes exploitées et des peuples dominés par le poids de la dette usuraire.

2 José Carlos Mariátegui, "El Hombre y el Mito", 1925, El Alma Matinal, pp. 18-22.

3Karl Marx / 1818-1883 / avec Friedrich Engels, Critique de "La philosophie du droit" de Hegel, 1844.

4Adam Wahl, < http://netureikartapl.republika.pl/ >, texte reproduit sur le site polonais de l'association religieuse ultra-orthodoxe et antisioniste Neturei Karta.

Partager cet article

Repost 0
Published by la-pensée-libre
commenter cet article

commentaires

mehdi mountather 26/08/2016 15:50

Ce séisme en Italie punition d'ALLAH et avertissement pour le pape François si le pape François les chrétiens et les juifs ne convertissent pas a l'islam immédiatement ALLAH extermine le Vatican l'Italie l'Europe Usa et les pays non musulmans par des séismes plus 7 tsunami volcan cataclysmique déluge de Noé si la fin du monde aux non musulmans de se convertir a l'islam pour éviter l'enfer et pour éviter Daech a l'enfer ALLAH dit ( Quiconque recherche en dehors de l'islam une autre religion, celle-ci ne sera point acceptée de Lui , et dans l'autre monde, il sera du nombre des réprouvés.)Verset 85 Sourate Al-i'Imran merci.

mehdi mountather 14/07/2016 17:14

Ces catastrophes naturelles feu de forêt météorite les accidents de la route de train crash d'avion naufrage et les virus des punitions d'ALLAH. Au pape François et aux non musulmans de se convertir a l'islam aujourd'hui urgent pour éviter la mort par ces punitions d'ALLAH surtout un séisme plus 7 ou un tsunami si la fin du monde 15.7.2016 pour éviter la panique et l'enfer merci.