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  • : Philo-socio-anthropo-histoire. Revue en ligne éditée par une partie de l'ancienne rédaction de "La Pensée" exclue en 2004, élargie à d’autres collaborateurs et consacrée au renouvellement de la pensée critique de la globalisation, du politique, de l’économique, du social et du culturel.
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Revue en ligne éditée par une partie de l'ancienne rédaction de La Pensée exclue en 2004, élargie à d’autres collaborateurs et consacrée au renouvellement de la pensée critique de la globalisation, du politiq
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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 19:40

Alors que nous vivons dans un monde désenchanté, irreligieux, en principe purement technique, voire « scientifique », nous voyons émerger des religiosités de pacotille qui justifient les pouvoirs dominants. Parfois au nom d'un passé qui n'a jamais existé et qu'on reconstruit à volonté, ce qu'on appelle les « intégrismes ». Ailleurs aussi au nom d'une « science » économique qui n'est plus une avancée mais une nouvelle croyance, qui n'est pas un retour vers le monothéisme pur, mais vers une magie irraisonnée de fait néo-polythéiste. Système de justification déglingué aujourd'hui par l'arrivée du président Trump sur le devant de la scène de l'hyperpuissance mondialisée. Président d'emblée détesté par les élites installées et leurs médias « mainstream » simplement pour avoir déclaré que, ici ou là, on pouvait constater que le roi était bel et bien nu. Ce qui nous rappelle le funeste sort des empires en décadence de l'Antiquité. Une Antiquité que nous nous étions accoutumés à percevoir en terme « occidental » et qui, dans la foulée des mouvements de décolonisation et d'émergence de l'Asie, est aujourd'hui réinterprétée par certains historiens audacieux, en terme plus « oriental », ce dont nous fait part ici l'auteur.

Nous avons affaire dans cet article à une analyse en aller-retour entre présent et Antiquité des empires, en parallèle avec une tentative de déconstruire et de réexpliquer ce qui fut et ce qui est.

La Rédaction

 

Une guerre de succession est ouverte au sein de l’Empire

-

mars 2017

Badia Benjelloun*

L’arrivée au pouvoir d’un ‘Inattendu’ trouble le déroulement des événements et la marche du monde qui évoluait en bon ordre, selon les croyances cosmogoniques instituées. Les auspices étaient formels, les haruspices et les mages d’orient et du septentrion consultés ne prévoyaient pas de bouleversement dans l’ordre de précession des planètes. Mais voilà qu’un météorite s’est détaché et a percuté lors de son atterrissage imprévu, malgré de savants algorithmes, la surface sans rides polie par les medias et une cohorte d’idéologues appointés. Le fou du Roi amené là pour distraire le public le temps d’une campagne, plus du quart du temps d’une administration, qui prépare sa succession à elle-même, s’est hissé à la place du Roi en raison de la conjonction de forces ignorées par le référentiel de calcul.

 

Un bon élève pour une part de l’essentiel

Il n’a pas le projet d’incliner autrement l’axe autour duquel tourne l’essentiel du système. La raison d’être de ce dernier est une activité frénétique requérant de la part des opérants une croyance assez mystérieuse mais ancrée dans la représentation de suffisamment d’adeptes pour produire de l’Objectif. Les druides qui officient dans les salles de Marché, trading et de pricing, se prennent à juste titre pour des délégués de Dieu1. Les valeurs boursières, cotées sur les places des Us(a) ont connu une hausse conséquente. Un de leurs reflets, l’indice du Dow Jones était à 18 956 le 21 novembre 2016, il est arrivé à 21 115 le premier mars. L’opération est d’autant plus magique qu’il n’est pas nécessaire – pour les initiés seulement – d’avoir de l’argent pour le faire s’auto-générer, on peut soit l’emprunter, soit ne le débourser qu’en fin d’opération, une fois que l’action achetée sera revendue. Sans compter qu’il est possible d’acheter une garantie contre un risque non pris, sur la variation du prix d’une part non achetée.

Le seul décret qui ne fut pas contesté par l’opposition incarnée par l’ancienne candidate et l’ancien POTUS et les légions qui les escortent fut bien l’abrogation du Dodd-Franck Act, laquelle loi au terme de multiples amendements ne limitait en rien les activités spéculatives impliquant des risques systémiques. Trump a beau n’être pas du sérail, il sait se comporter selon la correction requise avec Wall Street, il respecte l’économie vaudou et les flux qui l’alimentent. Il favorise avec tout autant de zèle le Complexe militaro-industriel (CMI), la promesse de l’augmentation du budget de quelques 50 milliards en fait foi.

 

Alors pourquoi vouloir l’éliminer ?

Raciste, sexiste, suprématiste, anti-écologiste ? Oui, mais pas davantage que ses prédécesseurs.

Sous le 44ème POTUS, le nombre d’Afro-américains assassinés par la police a augmenté régulièrement, ces mêmes Afro-américains sont toujours autant surreprésentés dans les prisons. L’ancienne première Dame (dite «  la Cocue » irrévérencieusement) et ancienne candidate a menacé et intimidé des femmes violées par son mari qui n’ont pas porté plainte. Si le racisme et la haine et/ou mépris des musulmans se limite à ne plus en accueillir sur le territoire des Etats fédérés volés aux Indigènes, cela pourrait être salué comme une sage mesure. Le ‘chacun chez soi’ doit alors être nécessairement assorti de la condition d’un retrait immédiat et inconditionnel d’Afghanistan, du Pakistan, de la Somalie, de l’Irak, de la Syrie, du Yémen et de la Libye.

 

Pas d’ingérence, pas de bombardements, pas de Regime change.

Ce sont les interventions des satrapies de l’OTAN qui ont assassiné sous Obama un chef d’Etat souverain, démantelé un pays en bonne santé économique, et l’ont réduit en ruines alors qu’il ne menaçait personne. L’intervention occidentale en Syrie à l’origine d’une guerre internationale sur son territoire a fait des Syriens les premiers en nombre à migrer en Europe et à demander d’asile, les Afghans viennent en deuxième position. Où sont les pleureuses officielles pour rendre un hommage digne aux 4 700 morts en Méditerranée, chiffre en augmentation constante, alors que celui des candidats à l’entrée en Europe a baissé drastiquement 2 ?

Ce sont là de fausses raisons. Trump est condamné par le système médiatique parce qu’il a brisé des tabous. Mal dégrossi ou sur-jouant le rôle de l’innocent malgré lui, il dit sans artifice rhétorique la réalité de la pratique du capitalisme aux USA. Le pipe-line passera par les terres des Sioux de Standing Rock, l’armée interviendra de nouveau cette fois-ci sans retenue. L’instruction publique de plus en plus délabrée et inefficace sera privatisée. Le mur anti-immigration à la frontière avec le Mexique continuera de progresser. Il a sans doute fait plus que des fautes de goût dans la présentation d’un programme très peu différent de celui de ses prédécesseurs pour mériter cette mise à mort spectaculaire à l’échelle planétaire.

 

Le Secret de Dieu

Il a énoncé l’ineffable. Dit à la cantonade ce qui devrait resté tu, celé. Révélé ce qui est su mais devrait être gardé secret, non divulgué. A plusieurs reprises3 au cours de sa campagne électorale, il a accusé Obama 4 et son ex-Secrétaire d’Etat Clinton d’avoir créé Daesh. Son compagnon de route, ex-directeur du Renseignement militaire, la DIA, prématurément démissionné par Obama au terme de deux ans a fait de même5. Michael Flynn a été puni pour cela, évacué de la scène très vite, renonçant à son poste de conseiller à la Sécurité nationale moins d’un mois après sa nomination. Le vrai scandale de ces petits parvenus à la magistrature suprême de l’empire gît sans doute là.

Chaque nouvel empire s’annonce porteur d’une religion avec une Divinité positive. Le Dieu de l’Argent et son Fils, celui de l’individualisme sublimé jusqu’à l’égoïsme transformé en Objectivisme par une plumitive détraquée plagiant Aristote, fêtée comme grand écrivain 6, sont vénérés et des sacrifices leur sont rendus7. Il augmente aussi son panthéon de divinités maléfiques sans lesquels la Peur, l’un des fondements du pouvoir d’une minorité sur la majorité ne saurait exister comme ferment de stabilité. Le communisme a fini par être hors d’usage, l’Islam est venu heureusement le remplacer. L’un comme l’autre, quand ils ne sont pas caricaturés et défigurés, s’opposent au Dieu Argent, à l’usure et préconisent un habitus mental forgé de solidarité.

Les deux garnements, Trump et Flynn, mal éduqués et mal dégrossis, sont passés de l’autre côté du rideau. Ils se sont aperçus de l’aspect fabriqué du croquemitaine et l’ont tout benoitement dénoncé. Que la compétition entre les servants du culte prenne ce ton sacrilège résulte des échecs patents des officiers précédents, dette publique (30 000 milliards USD) et privée colossale, chômage massif, baisse constante dans le classement mondial pour l’indice du développement humain, santé et éducation dûment incluses dans ce repérage. Trump est sidéré de l’ampleur du désastre et de l’aplomb de ses auteurs. Il ne pourra qu’en être le continuateur, ce qui se profile déjà derrière les baisses d’impôts pour les entreprises, la déréglementation encore accrue de la finance, les coupes dans la fonction publique et la poursuite de la militarisation du budget fédéral, ininterrompue depuis 1945.

 

La création de l’ennemi, (jamais ex nihilo)

Oui, l’islamisme militant a été créé en Afghanistan. Oui, les Talibans ont été formés dans les médersas pakistanaises avec l’argent séoudien. Oui, de vraies organisations militaires avec une instruction religieuse tout à fait dévoyée et manipulée se sont trouvées à Peshawar avec des maîtres à penser venus de diférents pays musulmans. Elles ont été employées dans la guerre de Yougoslavie. Certains ‘Afghans’ algériens, forts de leurs expériences militaires ont servi à déstabiliser un régime fossilisé dans la célébration de son indépendance militaire mais qui a sécrété une minuscule couche de nantis francophone et francophile sans espoir d’alternance du pouvoir. Dix ans de guerre civile, 200 000 morts et la majorité des intellectuels en exil. Elles étaient prêtes à se déployer ailleurs, se fondant parmi les populations déshéritées avec quelque chance de recruter car toute alternative ‘laïque’ d’opposition a été rendue impossible. Reflux des gauches, du nationalisme arabe, en même temps que se développait le reaganisme et que faiblissaient les partis communistes dans le monde.

Oui, Al Qaïda est une création des Usa, et Daesh en est une succursale. Oui, le régime de Moubarak a exterminé des dizaines de milliers d’opposants et essentiellement des tenants d’un islam politique non takfiriste, mais prônant les valeurs de justice sociale, tout au long de son règne de 30 ans. Exécutions extrajudiciaires comme ingénierie sociale, presque plus cruelle que celle des Palestiniens assassinés par l’occupant israélien.

Oui, l’Occident a fermé les yeux et l’a encouragé. De même pour Ben Ali. L’Egypte que les Arabes, c’est-à-dire les héritiers de la civilisation nilotique, grecque et araméenne, nomment affectueusement et respectueusement « la Mère du Monde », a été mille fois meurtrie avant et après l’assassinat de Sadate. Ce 2 mars 2017, Moubarak a été acquitté pour les accusations de meurtre des manifestants de la Révolution de 2011. La Matrice du Monde (au moins méditerranéen) reste plus que tout autre ensemble de la région l‘élément déterminant par son poids humain et culturel.

Sissi a rallié le camp qui s’affranchit de la tutelle directe des Usa. Il a déclaré qu’il fallait respecter la volonté du peuple syrien, il a sans doute envoyé des conseillers militaires en Syrie dans le cadre de la coopération dans la lutte contre le terrorisme8.

 

Deux blasphèmes

Mis à nu, le système qui ne se porte bien que si ces ressorts restent dans l’ombre devient féroce. Trump et sa fine équipe, sans doute aidés par la diplomatie russe, avec l’agilité et l’adresse d’éléphants dans un magasin de porcelaine, ont « déconstruit » la narrative autour de Daesh créée de bric et de broc, anciens baathistes irakiens au chômage et takfiristes ‘afghans’ nourris au Captagon. Ils se sont engagés à suspendre le rituel discours russophobe.

 

Pour autant, ils n’ont pas retiré les troupes et les blindés qui se pressent dans les pays baltes pour la protection de ces pays sans ressource aucune, donc sans véritable intérêt stratégique pour la Russie. Lors de la conférence sur la sécurité à Münich mi-février, Mike Pence a recommandé aux alliés de s’impliquer davantage financièrement dans l’OTAN sans s’attarder sur l’Union européenne. L’encouragement à développer leurs budgets militaires marque un détachement des Usa de leurs partenaires européens. Or, toute la politique de l’élargissement de l’Union européenne à l’Est suivie par les Usa depuis la chute du mur de Berlin et de l’Union soviétique a consisté à vassaliser les uns après les autres toutes les nations européennes nouvellement détachées du bloc soviétique. Et rendre les défenses des pays riches dépendantes des Usa, au niveau de l’armement et du renseignement. Cette marche forcée vers une convergence des moyens, et donc une absence d’autonomie de chacun des pays membres, est le mode de domination élu par le CMI et son service auxiliaire, le Pentagone, sur l’UE.

Les pisse-copies occidentales ignorent ou feignent d’avoir oublié que le Geste Premier de l’ex URSS confrontée à son désordre économique et humain de la thérapie de choc des Chicago Boys fut celui d’Evgueni Primakov occupant alors la fonction de Président du gouvernement en 1999, commandant à l’équipage de l’avion qui le conduisait à Washington de rebrousser chemin en protestation contre les premiers bombardements de l’OTAN sur la Yougoslavie. Economiste, fin lettré en langue et civilisation arabes, Primakov avait le premier compris que les Usa sont tentés de poursuivre leur Guerre Froide, c’est-à-dire dominer l’Europe sous couvert d’un antagonisme fantasmé avec ses confins asiatiques. Poutine n’a fait que poursuivre les tendances esquissées qu’il a orientées vers le multilatéralisme, sauver le peuple et la patrie russes de leur disparition programmée. Vladimir Vladimirovitch Poutine pêche même quelquefois par naïveté, espérant toujours que le Potus prochain serait plus rationnel que le précédent.

Deux pièces maîtresses de persuasion étaient manœuvrées, le terrorisme takfiriste et la menace de la résurrection de l’impérialisme ‘soviétique’. Depuis près de vingt ans, des générations de politiciens, de journaleux et d’idéologues de bas étage ont été éduqués dans ce sens. Pour elles, se retrouver sans ces deux éléments de discours est une véritable catastrophe mentale. Bruno Drweski parle à leur sujet de syndrome de la Rhodésie. La colonie de Cecil Rhodes en Afrique était bien marrie une fois lâchée par le Royaume Uni.

Certains se sont exercés à penser à l’intérieur de frontières dessinées par les temps longs de l’histoire depuis l’échec patent de la monnaie unique et des politiques budgétaires européennes. Ce sont les souverainistes, de fort mauvaise réputation. Ils risquent de prendre au mot la nouvelle administration étasunienne, prendre le pouvoir et le large. A condition que celle-ci ne cède pas sous les feux nourris de l’opposition démocrate largement financée et grandement soutenue par l’hypertrophique appareil du Renseignement.

 

Le syndrome de Carthage

Carthage devait être détruite. L’Irak devait être détruit. Ses tentatives d’expansion sur l’Iran puis de reconquête de son ancienne province koweïtienne ont tourné court. Il l’a été. La destruction de la Syrie n’est que le prolongement naturel.

Au moment de disparaître de la scène en tant qu’empire sur lequel le soleil ne se couche jamais, le Royaume Uni avait laissé un leg qui prolonge sa puissance à l’ombre de son surgeon étasunien. La création d’un Etat artificiel sur la terre de Palestine, la sécession du Pakistan du continent indien et la mise en place de la monarchie des Séoud. Implanter Israël dans l’Orient arabe, outre de répondre à un élan messianique évangéliste qui file dans la mentalité anglicane à partir d’une relecture littéraliste biblique, est l’assurance de générer une source d’instabilité dans la région et de la dominer. Le corollaire en est que les rentes pétrolières sont confiées à la City.

Affaiblir l’Inde qui a été à l’origine de son développement impérial par le vol de ses richesses c’est la priver de prendre sa place de puissance économique de tout premier plan qui lui revenait. Contrôler les Séoud et favoriser l’expansion du wahhabisme, proche parent du protestantisme, c’est prendre à revers l’Egypte et lui faire subir l’affront d’être dominée par des monarques illettrés, et lui interdire d’être le champion de la cause arabe authentique.

Les Usa et Israël ont été les instruments de la perfidie des banquiers londoniens. Londres, poursuivant son rôle naturel de faiseur de politique occulte, a laissé (ou fait ?) proliférer en son sein les transfuges de Peshawar et leurs recrues. L’Angleterre limitée à ce qu’elle est en réalité, une monarchie obsolète et un périmètre étroit où s’échangent et s’écoulent à une vitesse vertigineuse des flux monétaires, a tôt fait de quitter cette Union européenne taillée pour brider la France sous l’industrieuse Allemagne. Israël se débat dans une crise existentielle qui conduira à son effacement sous une Palestine une et démocratique pour tous ses citoyens. Les Usa connaissent la tentation de l’implosion, ne produisant plus rien sur leur territoire, dépendants de l’extérieur et perdant de leur utilité dérisoire. Leur dernière arme, le dollar est en train de compter ses derniers jours. Le poids de l’Asie, éduquée, très peuplée, industrielle est en train de l’écraser.

Il convient de méditer sur la bascule très apparente désormais des blocs en présence en se souvenant de la destinée de Rome, très mal appréciée depuis les observateurs et narrateurs occidentaux. Rome et le Royaume Uni ont en commun d’avoir développé une hégémonie sur plusieurs continents sans disposer de ressources initiales propres.

 

Où donc est Byzance ?

L’Europe occidentale s’est construite des récits pour fonder une généalogie latine (et grecque !) excentrée du Moyen-Orient. Or les mouvements de conquête romaine ont été suscités par les intérêts de l’Egypte opposée à l'ensemble assyro-babylonien et palestinien. Au terme du court règne de treize ans (336-323) d’Alexandre de Macédoine, dernier Roi perse9, les Etats-Unis araméens achéménides se disloquèrent, répartis entre ses généraux. La dépouille d’Alexandre, reconnu comme Fils de Dieu Amon par les prêtres de Thèbes, fut prise comme relique par les Lagides installés comme nouveaux pharaons.

La rivalité entre les Séleucides, héritiers de la Babylonie et de l’Assyrie étendant leurs possessions jusqu’à l’Indus, et des Lagides a commandé l’expansion romaine vers l’Asie, seule détentrice des véritables richesses, agricoles, industrielles et monétaires. L’empire carthaginois, allié des Séleucides, se développait en Italie méridionale et vers l’Espagne mettant en danger l’Egypte sur son flanc Est. Les Ptolémée revendiquaient l’héritage d’Alexandre. Ils employèrent les Romains comme mercenaires pour détruire la menace orientale carthaginoise. La flotte romaine fut financée, instruite et soutenue par Alexandrie devenue capitale de ce vieux monde après Babylone. La fin de la Deuxième Guerre punique au cours de la quelle Hanna Baal Ben Barka (dit Hannibal), fils d’Amalkheir (dit Hamilcar) est remonté jusqu’à Rome, sans la saisir, ce qui ne s’explique que par la défaite de l’allié séleucide face aux Ptolémée à Raphia, au sud de la Palestine. Carthage, la Phénicienne, fut détruite mais Rome émergeait comme puissance. Vers elle qui n’était qu’une terre aride sans industrie confluèrent les statères d’or, les banquiers d’Egypte et de Palestine. Le destin de Rome est d’emblée scellé avec celui de l’Egypte, grenier, centre intellectuel avec l’immense bibliothèque d’Alexandrie et la transcription des récits bibliques dans la Bible des Septantes, jusqu’à Marc Antoine, puis son déclin progressif et la passation du flambeau à Byzance. Un peu plus tard, les Ptolémée ont soutenu Massin Aïssa dans l’arrière pays contre Hanna Baal.

Où est Byzance de nos jours ?

Moscou, Téhéran, Constantinople/Istanbul encore, ou Pékin ?

Sera-t-elle la somme de toutes ces dérivées ?

°Médecin, chercheuse.

Notes :

1 Faut-il préciser qu’une valeur boursière est le prix d’une part dans une entreprise qui subit des variations dans la journée, d’une minute à l’autre. Ces fluctuations ne rendent pas compte d’une quelconque activité productive de l’entreprise, ventes, production, invention de nouveaux procédés. Elle monte et descend au gré des spéculateurs. Autrement dit, l’argent n’est plus une ressource allouée là où il permettrait de produire au mieux, mais circule seulement pour se multiplier.

9 Alexandre de Macédoine fut le dernier roi achéménide. Il a tenté de consolider l’empire qui connaissait des luttes sanglantes de succession, coups d’Etat, révolutions de palais. Son père a unifié les petites cités grecques avec l’aide de Darius. La promenade de l’élève d’Aristote en Asie, car ses troupes ont peu combattu, accueillies comme légitimes par des contrées unifiées sous le commandement de Cyrus puis Darius Ier, n’a pas été une guerre de l’Europe contre l’Asie. Elle a été la réponse légitimiste à la prise du pouvoir d’un général usurpateur qui a pris le titre de Darius Coloman après l’empoisonnement de l’empereur Artaxerxès III et de son fils par son ministre Bagoas.

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