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  • : Philo-socio-anthropo-histoire. Revue en ligne éditée par une partie de l'ancienne rédaction de "La Pensée" exclue en 2004, élargie à d’autres collaborateurs et consacrée au renouvellement de la pensée critique de la globalisation, du politique, de l’économique, du social et du culturel.
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Revue en ligne éditée par une partie de l'ancienne rédaction de La Pensée exclue en 2004, élargie à d’autres collaborateurs et consacrée au renouvellement de la pensée critique de la globalisation, du politiq
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1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 01:46

Depuis les années 1980, le spectre du voile dit islamique, qui n’est en fait qu’un foulard méditerranéen, hante la France et d’autres pays occidentaux avec la régularité d’un métronome si bien qu’un être rationnel en arrive à perdre foi dans la capacité des êtres humains à raisonner. Les arguments sur cette question sont répétés à l’identique de façon récurrente, compulsive et convulsive sans que jamais l’on ne sorte de ce cercle vicieux, ce qui peut laisser supposer que cela convient aux cercles dirigeants ...qui sont peut-être vicieux. Cette fois-ci c’est l’élection d’une déléguée étudiante du syndicat UNEF qui pose problème car celle-ci a la mauvaise idée de porter un habillement certes légal mais qui, malgré tout, ne devrait pas être porté selon les grands prêtres d’un laïcisme qui rappellent plus des religieux en mission que des analystes capables de proposer une réflexion...laïque.

Ce qui nous amène à aborder ici cette question, en essayant de présenter les arguments de ceux (et celles !) qui ne sont pas convaincus par le discours dominant et qui pensent autrement. Et surtout en essayant de comprendre en quoi le phénomène en question pose des questions qu’on ne veut pas poser, sans doute pour ne pas avoir à y répondre. À l’heure où l’idéologie libérale-libertaire propagée par l’aile étudiante petite-bourgeoise de la révolte de 1968 bat de l’aile, la « révolution sexuelle » ayant abouti en finale à provoquer son contraire, les campagnes « mee too » et « balance ton porc ! » qui sont symptomatiques des échecs remportés par le « il est interdit d’interdire » et le « jouir sans entraves » qui couronnent les reculs des conquêtes sociales de trente glorieuses qu’on veut éradiquer définitivement. Par ces manœuvres de diversion sur un sujet connexe et qui serait resté futile s’il n’avait pas été grossi, c’est le rassemblement potentiel de tout le peuple dans sa diversité et pour sa souveraineté commune qui est en fait attaqué dans l’oeuf.

La Rédaction

 

 

Société de la convoitise et de la frustration

-

Quelques raisons de l’enfermement ethnocentrique islamiste et islamophobe

 

Mai 2018

 

Bruno Drweski

 

Nous avons été récemment submergé par la vague « Mee too ! » et « Balance ton porc ! »1qui, comme toutes les vagues imposées d’en haut, nous provient de l’autre rive de l’Atlantique nord, du pays avec lequel nous semblons liés par un pacte apparemment éternel ou quasi-éternel, en tout cas non critiquable. Cette campagne, dans sa version « féministe » bourgeoise radicale, a non seulement dénoncé les violences sexuelles sans aucun doute condamnables faites aux femmes mais bien souvent les mâles en soi2, censés être tous ou quasiment tous des prédateurs incontrôlables. Fini donc la galanterie, les poèmes courtois ou l’humour derrière lequel se cacherait systématiquement un instinct de conquête et de domination. Dans une société où la femme se doit de porter des vêtements non seulement différents de ceux des hommes, comme il est de coutume depuis la plus haute Antiquité, mais surtout beaucoup plus déshabillés et aux contours plus marquant, en haut comme en bas. Dans une société où également, la « pub » omniprésente - la réclame donc - ne peut solliciter la convoitise du consommateur de voiture, de parfum, de yaourt ou d’un paquet de nouilles sans aguicher le chaland avec une femme jouant sur les pulsions à peine enfouies en portant une jupe remontée jusqu’au nombril et un décolleté plongeant jusqu’au genoux ...ou presque. On se demande bien où se trouverait la cohérence entre la situation de mâles censés être en rut permanent et dont la testostérone est encore plus boostée par ces pub aguichantes, une reductio adsexum de la vie proposée parla plupart des analystes « sociétaux », faute d’analyses sociales de leur part, et qui sont frustrés devant des femmes aux cheveux ondulant, à la poitrine suggestive et aux jambes divines devant lesquelles ils sont malgré tout cela sommés de s’obliger à subir une glaciation instantanée auto-administrée, donc pire qu’une émasculation d’eunuque.

 

Dans cette société, si elle ne veut pas se limiter à la cuisine et aux enfants, la femme est souvent réduite à un choix binaire : ou devenir « mâlement » prédatrice dans le style Thatcher, Meir, Lagarde, Morano, Tassin, Clinton ou onduler de la coiffure et du c… pour « profiter » des opportunités offertes par la promotion canapé, ce qu’ont accepté par exemple les victimes consentantes de Weinstein aux USA et tant d’autres en France, depuis l’exemple donné par les maîtresses successives de chaque roi ou grand courtisan de France, chose contre laquelle le peuple, en particulier les femmes de Paris, se sont rebellées au moment de la Révolution française ...sans grand succès. Car il faut rappeler que c’est à la cour de France que les courtisanes ont commencé à laisser voir leurs cheveux puis leurs poitrines alors que les femmes du peuple de France ont jusqu’à très récemment considéré comme vulgaire une femme sortant « en cheveux ». C’est la culture des élites aristocratiques et bourgeoises qui est descendue vers les classes populaires et pas le contraire, malgré toutes les révolutions françaises successives.

 

Ayant en tête la réprobation générale visant les mâles prédateurs, on aurait pu penser que les idées et comportements développés par les femmes qui préfèrent couvrir le maximum de leurs atours, coiffure, poitrine, jambes, et exigeant des mâles extérieurs à leur famille qu’ils baissent leur regard quand ils leur parlent, rencontrent une approbation générale des militantes féministes patentées, celles qui dans la foulée de 1968 exigeaient de pouvoir se réunir exclusivement « entre femmes » pour élaborer les principes d’un féminisme arrivé très tardivement sur les bords de la Seine. Doit-on rappeler que le premier pays européen à avoir accordé le droit de vote aux femmes a été la Finlande alors russe en 1906 et que l’Albanie, la Turquie ou l’Egypte ont accordé ce droit avant la France. Doit on rappeler que les femmes avaient le droit exclusif de posséder des biens depuis 1400 ans dans les pays du sud de la Méditerranée, dans les pays musulmans donc, alors qu’en France ce n’est que dans les années 1960 que le droit d’une femme à posséder un compte en banque sans l’autorisation de son mari a été « acté » ?

 

La tradition du « voile », en fait du foulard couvrant les seuls cheveux et oreilles, correspond à la tradition populaire millénaire appliquée tout autour de la Méditerranée depuis les temps les plus anciens, Mésopotamie, Israël antique, Phénicie, Grèce antique*, christianisme, islam. Ce n’est qu’en Europe occidentale, et très récemment, que nos grands mères, dans leur masse, c’est-à-dire hors aristocratie et haute bourgeoisie, ont été poussées par étapes à montrer leurs bras, puis leurs cheveux, puis leurs poitrines, puis leur jambes, dans des costumes aux moulures suggestives ...ce que n’ont pas du faire les hommes ...sauf BHL pour le décolleté. Ce qui a commencé avec la vague du « new look » made in USAdes années cinquante. Preuve s’il en est que, sexisme ou pas, genre ou pas, il existe toujours une différence visible et massivement acceptée entre les deux sexes/genres, qu’elle soit dans l’habillage ou le déshabillage. Ce que les « féministes » bourgeoises semblent ne pas avoir « acté » sinon, en conséquence avec leurs principes d’égalité ou plutôt de similarité absolue, elles prôneraient une obligatoire mode unisexe.

 

Existe-t-il un accessoire vestimentaire qui ne soit pas ‘politique’ à l’époque où tout est dans le paraître ? On mesure son rang social au coût marchand de sa montre, de son sac, de sa jupe ou de ses chaussures, c’est donc bien un affichage politique que de choisir le vêtement que l’on porte. Et mettre un vêtement sexuellement aguichant fait également partie d’un choix en faveur de la société de consommation désignée tout d’abord par le philosophe marxiste György Lukacs sous l’appellation de « société de la convoitise », une expression qui décrit bien la chose.

 

Histoire de voiles

Il existe néanmoins au sein de la civilisation méditerranéenneune différence fondamentale entre la conception chrétienne dont ont inconsciemment hérité les laïcistes les plus radicaux, athées ou pas, et la conception islamique du recouvrement obligatoire. Car, depuis Saint Paul et son épitre aux Corinthiens, le foulard que les chrétiennes devraient en principe porter témoigne explicitement selon lui de leur soumission exigée à l’homme par Dieu, conception que l’islam n’a pas reprise puisqu’il a pour la première fois affirmé l’égalité des sexes devant Dieu. Ce qui explique d’abord l’immense malentendu existant entre les féministes des pays chrétiens et post-chrétiens et les féministes musulmanes. Malentendu qu’ignorent en particulier la plupart des femmes dites « de culture musulmane » et « occidentalisées » qui ne connaissent pas, à la fois les tréfonds de la culture chrétienne et européenne et ceux de la culture arabe et islamique. Pour comprendre en fait rationnellement le pourquoi des contradictions qui traversent notre société par rapport à la question du « voile », il faut donc d’abord prendre en compte le fait que ce malentendu doit être additionné à l’immense contradiction de la société de consommation et de la convoitise que nous avons décrit plus haut et dans lequel le sexe, à côté de l’argent et du pouvoir, constituent la base cultuelle du système dominant. Allant à l’encontre de toutes les traditions religieuses mais aussi de toutes les traditions révolutionnaires.

 

Deux contradictions cumulées héritées d’une histoire longue commune à toute la civilisation méditerranéenne et qui se généralisent dans une société française et occidentale en perte de puissance, de repères, de consensus minimum et de perspectives de progrès économique, culturel et social entre les cercles encore dominants ou s’identifiant comme tels et la masse des populations prolétarisées, sous-prolétarisées et lumpenprolétarisées, autochtones ou en provenance des périphéries et des ex-colonies. Dans une société donc où la promotion sociale est bloquée et où la tendance s’inverserait plutôt, tendant vers celle du déclassement.

 

Alors que la langue française s’appauvrit et s’américanise, que la macdonaldisation de la cuisine et des aliments se répand, que la mode devient guenille, que la vulgarité devient la règle, que l’inculture devient générale, que l’insécurité, sanitaire, sociale, professionnelle, économique, financière dans une flexibilité à tordre le cou se répandent inexorablement, sous la domination de notre « grand frère d’Amérique » en perdition. Tout cela produit une masse de frustrations successives. Frustrations sexuelles bien sûr, mais aussi et surtout affectives, sociales et économiques, ce dont témoignent la hausse vertigineuse de la consommation des calmants et antidépresseurs, la généralisation de la pornographie, l’utilisation des drogues, l’alcoolisme, etc, malgré tous les échappatoires inventés pour calmer la cocote minute sociale, jeux abrutissant, sport spectacle, cultes de la forme et de l’ego, fragmentations ethno-communautaristes, sectes, terrorismes manipulés, etc. En ce sens là, l’islam rappelle beaucoup des éléments oubliés de notre propre tradition méditerranéenne perdue ou abandonnée, au moment où la France et toute l’Europe occidentale puis orientale et en finale le monde entier ont mis le cap vers les rivages de l’Atlantique nord, de « l’American way of life » et du mythe du « self made man » hyper individualiste et consommateur compulsif.

1 <https://www.balancetonporc.com >

2< https://www.20minutes.fr/societe/2221919-20180215-homme-deux-trois-agresseur-militante-feministe-caroline-haas-balance-chiffres >

 Islam ou pudeur ?

Avec l’islam, la femme a acquis, pour un temps au moins, le droit à la propriété, à l’égalité, à l’héritage, etc. il y a 1400 ans donc ...même si ces droits ont très souvent été largement rognés depuis dans de nombreux pays musulmans, un peu comme les droits sociaux que nous avions obtenus dans la foulée du Conseil national de la Résistance et des luttes sociales des « trente glorieuses » et qui nous sont rognés par pans entiers, à l’heure donc de notre propre décadence. Ce qu’on appelle à tort et malicieusement le « voile » n’est qu’un foulard, car le voile ...voile ...la face donc, comme son nom l’indique, c’est ce qu’on appelle aussi le « niqab » ou « voile intégral ». Ce foulard ne constitue pas selon certains exégètes musulmans une obligation religieuse mais il correspond en tous cas à l’impératif de pudeur contenu dans le Coran, et il est devenu une habitude depuis le premier khalife de l’islam, Abou Bakr, de considérer que la coutume vestimentaire de La Mecque, que les femmes de Médine ne pratiquaient semble-t-il pas avec une même radicalité, correspondait à l’esprit de l’islam. Les Mecquoises reprenaient en fait ce que toute la Méditerranée faisait depuis l’Antiquité, la femme devait couvrir tout ce qui aguichait potentiellement le mâle, la chevelure, les bras, la poitrine et les jambes, et ce dernier devait de son côté couvrir tout ce qui allait des genoux au nombril et baisser son regard lorsqu’il s’adressait à une femme qui n’était pas de sa famille. Pudeur vestimentaire exigée de la femme contre maîtrise manifestée de son comportement exigée de l’homme. Équilibre voulu et que certains exégètes voient plutôt comme symbolique tandis que d’autres l’interprètent au sens littéral, interprétations laissées en tous cas au libre choix des personnes concernées.

 

Le recouvrement édicté dans des termes vagues dans le Coran n’est donc pas un signe de soumission ou de domination comme il l’est dans la Bible, mais il est explicitement déclaré comme une mesure de protection de la femme face aux tentations possibles qu’elle pourrait éveiller en des temps où les services de sécurité ne pouvaient pas intervenir dans le métro aussi rapidement qu’aujourd’hui comme nous y incitent désormais les annonces auditives de la RATP1, sans lesquelles les femmes ne sauraient sans doute pas comment elles devraient réagir. Car, depuis la plus haute Antiquité, les poètes ont chanté les attraits sexuels de la chevelure féminine combinée à celle de son corps, et aucun homme ne reste à leur égard indifférent, soyons honnêtes et reconnaissons le. Ce qui ne fait pas pour autant de nous des « bêtes de sexe » en rut constant comme on nous le serine pour nous culpabiliser ...et nous pousser à la consommation.

 

Est-ce l’islam, la femme ou l’égalité sociale qui pose problème ?

Dans ce contexte, le foulard antique mais réduit aujourd’hui dans une très large mesure à l’islam n’est donc pas du tout un « geste ostentatoire », ni même forcément une obligation religieuse imposée, il est un conseil facilitant le savoir vivre, le vivre ensemble et l’abaissement des tensions et malentendus potentiels dans la société. C’est tout au moins comme cela que le perçoivent les musulman/e/s cultivés et connaissant bien leur culture. Ce qui bien sûr n’est pas toujours le cas. Une musulmane qui porte le foulard préfère être jugée sur ce qu’elle a sous ses cheveux, son cerveau, et derrière ses seins, son coeur, et c’est à cet effet qu’elle couvre ce qui pourrait détourner l’homme de cette tendance vers laquelle elle veut l’orienter. Il y a bien évidemment des maris ou des pères et des gouvernements qui imposent le foulard, voire le voile, et il y a désormais aussi des musulmanes qui, en réaction contre l’humiliation sociale qu’elles subissent au quotidien en tant que femmes, en tant que membres des classes populaires et en tant que « issues de l’immigration », portent le foulard comme un étendard dans une société où elles se sentent marginalisées et n’ont pas leur place, et où elles ne trouvent pas d’autre moyen de s’affirmer, tel un/e adolescent/e pré-pubère qui cherche par tous les moyens à manifester bruyamment son ego en agitant un drapeau ou un T-shirtprovocateur. Le foulard est devenu effectivement pour certaines aujourd’hui, non pas un havre de sécurité et d’intimité, ce qu’il est, mais une « identité », chose regrettable provenant néanmoins d’une situation dont la musulmane n’est pas la cause première. Les « identités » fleurissent là où les solidarités sociales se délitent, ce qui est de la responsabilité des classes et des États dominants.

 

Les causes de toutes ces dérives cumulées décrites plus haut sont partagées, entre la méconnaissance de l’histoire de leur propre religion et de l’histoire humaine chez certain/e/s musulman/e/s et celle d’une société française ou occidentale frustrée où les segments intermédiaires de la pyramide sociale sont décidés à faire subir aux plus faibles l’humiliation qu’ils subissent eux-mêmes quotidiennement de la part de leurs dominants. La secrétaire qui doit plaire à son patron en portant des talons aiguilles qui lui déchirent la chair, un décolleté plongeant, une chevelure ondulante et dandiner du c… dans l’espoir d’avoir une prime, un CDI2et, qui sait, un avancement, ne peut que transférer sa frustration à plus bas qu’elle, la « musulmane » qui démontre en plus en portant le « hijab », le foulard donc, qu’elle ne se soumet pas aux règles de la société de la convoitise et de la compétition. Et qu’au delà du périphérique et de l’environnement du ici et maintenant, il y a quelque chose de plus important, il y a une quête de sens qui devrait constituer l’axe de toute vie humaine. Une femme qui fait donc la grève du carriérisme et de l’opportunisme, et donc aussi de la consommation effrénée, cette dernière chose étant inacceptable dans le temple du capitalisme et la société de la convoitise.

 

C’est comme cela que, dans la foulée des déboires nés d’une décolonisation incomplète et d’une domination des structures issues de la colonisation, la génération post-indépendance, ou les générations post-immigration en Occident, ont commencé à réagir à une situation où il ne valait même plus la peine pour la masse des femmes de se placer dans la compétition pour obtenir à tous prix, y compris celui de son humiliation quotidienne, un poste de plus en plus illusoire. On imagine difficilement un tchadorintégral ou un qamis,made in Thailand, en nylon facilement inflammable dans une usine portéspar une ouvrière ou un ouvrier ayantune longue barbe absorbable par une machine ! Les habits suivent les modes, les goûts des classes dominantes mais ils doivent aussi suivre les impératifs des rapports à la production à une époque donnée. Le qamisdes hommes musulmans salafistes constitue donc lui-aussi une sorte de manifestation silencieuse contre la société de la précarité et du chômage permanent ...en contradiction avec les chaussures Nike qu’il s’acharne souvent à porter et qui témoigne en revanche de sa vénération pour ledieu de la consommation et celui de la mode et de l’orgueil. En tous cas, ce que les militants progressistes auraient du saisir et ce dont ils auraient du s’emparer dans des luttes rassembleuses qu’ils ne savent plus ou qu’ils ne veulent plus mener, c’est cette protestation silencieuse de ceux et celles qui n’ont plus de raison de porter un bleu de travail, un uniforme, un complet veston ou une jupe moulante car ils/elles doivent se bricoler une vie précaire, « sans emploi ».

 

C’est dans ce contexte que la question récurrente et en soi futile du sempiternel bout de tissu à mettre ou à retirer revient en boucle depuis la fin des années ...1980, le début des années de crise, et que cette question récurrente est devenue blocage, fixation, identité et symbole d’une société en panne, pour les musulmans comme pour les non musulmans. Un peu comme c’était déjà le cas avec l’antisémitisme judéophobe de l’entre-deux-guerres qui s’est développé dans une Europe en crise où se préparaient les horreurs de la Seconde Guerre mondiale. 

1 Régie autonome des transports parisiens

2 Contrat de travail à durée indéterminée

L’affaire de l’UNEF1

Dernière en date, la soudaine tension provoquée par la représentante de l’UNEF portant le foulard et dénoncée alors même qu’elle a reçu un mandat électif compatible avec les statuts de cette organisation laïque. Car laïcité veut d’abord dire liberté de conscience et non pas athéïsation visible. L’UNEF constitue sans doute une organisation contestable pour sa trop grande modération sur les questions sociales, dans le prolongement d’une gauche de notables bien pensante et refusant la contestation radicale du capitalisme, mais ce n’est pas sur cela que l’UNEF a été critiquée, ce qui est révélateur d’une manœuvre de diversion. On n’a pas rappelé non plus à cette occasion dans les médias-zapping les viols en série commis récemment par plusieurs dirigeants et militants de cette organisation, et qui pourraient contribuer à expliquer le vote en faveur d’une déléguée femme et portant le foulard2. Une telle élue ne violera pas et ne tentera pas un violeur potentiel ! En tous cas, avec cette affaire et celles du même type qui l’on précédé, si l’on voulait diviser les masses et pousser les musulmans à créer des organisations strictement « communautaires » ghettoïsées, on ne s’y prendrait pas autrement, et on ne peut du coup s’empêcher de poser ici la sempiternelle question Cui Bono ?

 

Comme dans toutes les situations de blocage social et de passivitédes masses, on voit resurgir à chaque crise, dans le camp du pouvoir comme dans celui de ses adversaires auparavant stérilisés, la vision d’un complot secret ou d’un entrisme qui empêche d’analyser les causes profondes du phénomène désigné, généralement secondaire par rapport à la situation essentielle que l’on veut éviter d’examiner. Ce seraient donc les « islamistes » qui avanceraient « masqués » pour pervertir une démocratie en panne et une laïcité vidée de tout contenu social et qui auraient placé, à l’UNEF comme ailleurs, leur pion ou leur potiche par l’intermédiaire de cette déléguée syndicale démocratiquement élue. Au lieu de se réjouir que des milieux qui sont par ailleurs dénoncés à gauche pour leur propension à ne pas s’engager dans les luttes syndicales car jugés a priori réactionnaires, les féministes bourgeoises ainsi que les conservateurs de tous poils, de droite comme de « gauche », s’indignent de voir une musulmane visible porter une revendication rassembleuse bien au-delà de son habillement. C’est donc de cela qu’il s’agit, la peur des « classes dangereuses » est de retour et la crainte devant leur unité potentielle. Et c’est là qu’apparait la « pieuvre » fantasmée des Frères musulmans ...confrérie que personne n’a vraiment étudiée de l’intérieur. Ces derniers venus contamineraient donc la démocratie sans qu’on ose poser la question pourquoi les organisations « laïques » se sont effondrées et pourquoi il leur faut rechercher un « souffle islamique » pour tenter un sursaut. Vraie question.

 

La pieuvre des Frères musulmans

Ces Frères musulmans (association « Musulmans de France » ex-UOIF) apparaissent donc désormais un peu sous la forme de nouveaux « Sages de Sion » qui éveillent l’antisémitisme islamophobe comme leurs prédécesseurs d’avant 1945 éveillaient l’antisémitisme judéophobe, une toile d’araignée qui comploterait pour conquérir le pouvoir mondial, rien de moins. Certes, les Frères musulmans, comme tous les musulmans, mais aussi comme tous les chrétiens, les communistes ou les libéraux ne sont pas différents, ils souhaiteraient voir le monde unifié dans une harmonie idyllique autour de leurs propres principes idéaux ou idéalisés. La question n’est donc pas là puisque cela est tout à fait normal, et la seule question que l’on doit dès lors poser, c’est comment veulent-ils y arriver, si les moyens qu’ils envisagent sont compatibles avec les choix de ceux qui n’optent pas pour leurs choix, s’ils ont un vrai projet de société élaboré, et si c’est le cas, si ce qu’ils proposent est réellement attrayant. Autrement dit, s’ils veulent transmettre ce à quoi ils croient sans l’imposer, dans une libre débat et un libre choix, ou s’ils veulent l’imposer par la force et la coercition ou la manipulation secrète. A l’heure des lobbies mondialisés qu’on oublie à l’occasion de pointer, Bilderberg, Trilatérale, Siècle, etc.

 

Pour répondre à cette question, il faut d’abord savoir que les Frères musulmans ne constituent pas un parti politique ou une Internationale centralisée mais une confrérie d’étude et de réflexion à partir de laquelle certains de ses membres ont fondé des partis politiques et des associations, n’ayant pas forcément la même opinion d’ailleurs. Si l’on voulait comparer les Frères musulmans sur le plan de l’organisation à quelque chose de connu depuis longtemps en Europe, ce serait plutôt à la Franc-maçonnerie qu’il faudrait faire référence. Chose qui nous rappelle d’ailleurs le « complot judéo-maçonnique » fantasmé par l’extrême droite dans ses beaux jours. Amalgamé d’ailleurs au complot « judéo-bolchevik ». Depuis, on a eu droit au complot « islamo-gauchiste » accompagnant les complots « rouge-bruns ». On n’avance pas !

On sait qu’il y a des francs-maçons de gauche et de droite, et qu’on trouve chez eux des croyants et des non croyants de diverses religions, musulmanes comprises ...il en va un peu de même chez les Frères musulmans chez qui l’on peut même trouver des non musulmans et il existe de multiples scissions de groupes formés au sein de la « nébuleuse » Frères musulmans comme il existe en France à peu près onze obédiences maçonniques. Il y a donc aussi des partis politiques issus de Frères musulmans présentant des tendances parfois opposées. Ainsi, en Algérie, les Frères musulmans ont développé dans les années 1980 leurs activités dans le cadre du FLN3, à l’époque du parti unique et, lorsque le multipartisme a été légalisé à la fin des années 1980 et que s’est formé le Front islamique de salut sous l’influence des pétromonarchies, ce qui allait déboucher sur la décennie noire du terrorisme, les Frères musulmans ont condamné ce parti et formé, à ce moment là seulement, un parti concurrent qui allait opter pour le camp du gouvernement, le Hamas algérien. Si bien que son chef adjoint, Mohammed Bouslimani, fut assassiné par le GIA4pour avoir refusé d’émettre une fatwa exigeant que les soldats algériens désertent pour rejoindre les maquis « islamistes ». Pendant toutes les années de terreur, le Hamas algérien a soutenu puis participé à tous les gouvernements successifs en lutte contre le terrorisme. En Palestine également, le Hamas palestinien en exil a par exemple, comme la plupart des partis issus des Frères musulmans, pris partie contre le gouvernement syrien en 2012, mais en Palestine occupée, à Gaza en particulier, ses militants n’ont jamais rompu avec l’Iran et le Hezbollah et ont souvent souligné publiquement aux pires heures des attaques visant Damas que l’aide humanitaire, militaire, diplomatique qu’ils recevaient de la part de « l’axe de la résistance » était incomparable avec les maigres aides humanitaires reçues des Etats opposés à la Syrie. D’ailleurs, à Gaza, le Hamas fonctionne main dans la main avec les partis et groupes armés marxistes, en particulier le Front populaire pour la libération de la Palestine. En France, les Frères musulmans n’ont jamais envisagé de créer un parti politique, contrairement à quelques groupuscules musulmans, et leurs membres se retrouvent dans différents partis français et entretiennent des rapports souvent assez étroits avec des personnalités qui vont des communistes à la droite républicaine. Tariq Ramadan de son côté a des rapports assez étroits avec des dirigeants du NPA5.

 

Pour l’observateur attentif des débats qui se déroulent à l’intérieur de la communauté musulmane, on voit bien qu’elle est traversée par des courants très contradictoires, ce qui démontre en fait sa pleine intégration dans la société française. Il faut à cet égard rappeler que les études du vote musulman ont démontré que les musulmans ont majoritairement voté contre la constitution européenne, à l’opposé de la plupart de leurs « leaders représentatifs »6, UOIF7compris, et qu’ils ont voté bien plus que la moyenne nationale pour Melenchon8ou encore qu’ils constituent un auditoire privilégié des vidéos d’Asselineau9. Car la masse des musulmans de France, à l’inverse des élites « nomades » voyageant de paradis off-shore en destinations de rêve, sait très bien et le dit quand on veut bien leur poser la question qu’ils n’ont pas les moyens de quitter la terre où ils sont nés et que donc le sort du pays où ils vivent, en particulier son économie, leur importe particulièrement, au même titre, voire plus que beaucoup « Français de souche » plus aisés.

 

Répétition de la FTP-MOI1des années d’occupation ? A l’école supérieure privée de l’IESH (Institut européen de sciences humaines), on forme des étudiants venus de toute l’Europe dont certains sont appelés à devenir des imams qui sont pleinement ouverts aux réalités françaises. On entend d’ailleurs souvent dans ses couloirs l’opinion selon laquelle les efforts faits en vue de moderniser l’islam sont bien plus prometteurs ici plutôt que dans les Etats à majorité musulmane2.

 

On peut donc voir si l’on y tient dans les activités déployées par les Frères musulmans de l’entrisme mais on doit se rappeler qu’on a dit la même chose des communistes auparavant et de tout groupe politique extérieur au cercle des élites dominantes, au cercle appelé par Alain Minc « le cercle de la raison » (sic!)3son ami Jacques Attali prônant un gouvernement mondial ayant pour capitale ...Jérusalem4. Pourquoi d’ailleurs reprocher à des musulmans ce qu’on accepte des chrétiens démocrates par exemple ...plus difficilement il est vrai des théologiens de la libération et des prêtres ouvriers, car ceux-là sont socialement contestataires. On voit bien là qu’il existe une peur de classe dans les milieux dominants camouflée derrière un discours anti-islam. Mais pourquoi devrait-on dès lors demander aux travailleurs français de prendre à leur compte des intérêts qui ne sont pas les leurs ? Ne faudrait-il pas se réjouir au contraire si l’on est un tant soit peu progressiste du potentiel de radicalité sociale que recèlent les musulmans et l’islam si on lit bien ses textes, et l’associer au mouvement souhaitable visant à restaurer la souveraineté nationale et populaire face au bloc OTAN/UE et qui devrait tout naturellement regrouper agnostiques, athées, musulmans, chrétiens, juifs et autres, opposés aux agnostiques, athées, musulmans, chrétiens, juifs et autres partisans de l’immobilisme social et de la soumission à l’ordre-désordre atlantiste, capitaliste, impérialiste et sioniste.

 

1 Francs-Tireurs et Partisans – Main d’oeuvre immigrée

2Hassan Iquioussen, un des prédicateurs considéré comme « Frère musulman » < https://www.youtube.com/watch?v=OwVLoNfV4p4 >

3< https://www.lexpress.fr/actualite/politique/macronmania-le-fameux-cercle-de-la-raison-peut-enfin-parader_1915060.html > ; < https://www.youtube.com/watch?v=kDZHfO88d8Q >

4< http://www.medias-presse.info/le-mondialiste-jacques-attali-prepare-le-programme-du-futur-president-de-la-republique/26080/ >

1 Union nationale des Étudiants de France

3Front de libération nationale.

4Groupe islamique armé.

5 Nouveau parti anticapitaliste.

6Alors que le Conseil des Églises chrétiennes de France ainsi que la plupart des grandes organisations islamiques de France avaient appelé à voter « oui » au référendum, selon l'hebdomadaire catholiqueLa Vie, seuls 48% des votants catholiques, 44% des musulmans et 42% des protestants ont suivi ces conseils, ce qui témoigne de leur indépendance d'esprit et du potentiel de mobilisation anti-systémique qui existe au sein des milieux religieux. Voir < http://cite-catholique.org/viewtopic.php?f=31&t=895 >

7Union des organisations islamiques de France devenue depuis Musulmans de France.

9< https://lemuslimpost.com/francois-asselineau-candidat-seduit-musulmans.html >

Gauche et islam

La grande peur des élites possédantes, c’est justement ce front commun de classe des prolétaires croyants et non croyants, musulmans, chrétiens ou juifs, chose qui a fonctionné à merveille par exemple lors des dernières élections municipales à Villeneuve saint Georges où la commune à dominante PCF1a été sauvée in extremis du Front national grâce à la mobilisation entre les deux tours des mosquées locales et de l’électorat musulman, mais aussi bouddhiste localement implanté, en faveur d’une gauche locale restée elle internationaliste.

 

Le problème historique de la gauche française est qu’elle a souvent été hésitante face aux luttes anticoloniales ce dont continuent à pâtir les masses issues de l’immigration. Les communistes ont assez bien soutenu ces luttes quand elles étaient dirigées par des communistes, ce qui est compréhensible, mais il a fallu que Moscou leur tire les oreilles pour qu’ils soutiennent l’insurrection d’Abd el Krim dans le Rif qu’on pourrait qualifier aujourd’hui « d’islamiste ». De même, la lutte du FLN algérien n’a pas vraiment été soutenue car ce mouvement mettait de l’avant l’islam, associé il est vrai au socialisme, islam revendiqué jusque sur son drapeau. D’ailleurs, dans tous les pays musulmans, les communistes ont échoué à devenir la principale force des luttes sociales et anticoloniales en raison justement de leur athéisme réel ou supposé. Il ne faut pas oublier que même les drapeaux des mouvements nationalistes arabes depuis l’insurrection arabe anti-ottomane pendant la Première Guerre mondiale jusqu’au baathisme et au nasserisme ont repris les quatre couleurs des quatre armées du prophète Muhammad et le mouvement palestinien de libération le plus puissant à l’origine et réputé laïc s’est appelé le « Fatah », du nom d’une sourate du Coran célébrant la victoire sur les infidèles. Le référent islamique est donc indéracinable en raison non pas d’une bigoterie innée des arabo-musulmans mais parce que l’histoire des 1400 ans de l’islam a été incomparablement pluraliste et a donc véhiculé des courants contradictoires allant de ce qu’on appellerait aujourd’hui l’extrême droite la plus réactionnaire à l’extrême gauche la plus radicale. Et que donc chacun peut trouver ou croit en tous cas pouvoir trouver dans l’islam les référents qu’il n’a pas besoin d’aller chercher dans d’autres religions ou idéologies. Les querelles et les conflits des premiers siècles de l’islam mettaient de l’avant des questions philosophiques, scientifiques et sociales qui ne dépayseraient pas les partisans de la modernité progressiste. Chose inconnue le plus souvent aujourd’hui des classes populaires, musulmanes ou non mais coupées de la connaissance de l’histoire, chose connue et effrayante par contre pour les partisans du conservatisme social, qu’ils soient islamophobes ou islamistes. Le référent islamique suffit donc souvent aux musulmans la plupart du temps pour ne pas les pousser à aller chercher autre chose, d’où la faiblesse sans doute regrettable de la méthode d’analyse marxienne dans les milieux musulmans croyant. Qui explique les dérives émotionnelles, opportunistes et petite-bourgeoises actuelles d’une très grande partie des mouvements politiques se référant à l’islam.

 

Le nationalisme arabe laïc n’aurait toutefois pas connu les succès qu’il a connus s’il n’avait pas fait référence à la tradition « laïque » existant dans l’islam depuis les origines, car il s’agit bien de cela. « Laïc » au sens premier du terme, c’est-à-dire prônant l’entière liberté de conscience, de croire et de ne pas croire, dans une société où les dirigeants musulmans sont chargés de veiller à la liberté conscience de tous au nom des principes mêmes de l’islam. Ce fut cela la plus longue partie de l’histoire du monde musulman ...jusqu’à l’apparition du wahhabisme, du « salafisme », puis du pétromonarchisme comme contrecoup mais aussi sous l’influence de l’impérialisme anglo-saxon. Bonaparte prenant ses cours auprès des docteurs de l’Université islamique d’Al Azhar du Caire, ce qui allait l’aider à élaborer son code napoléon ne se doutait pas que cette religion pleinement rationnelle qu’il encensait était alors déjà menacée par la vipère wahhabite couvée par l’adversaire anglais2. Et Goethe déclarait alors qu’il était musulman, rien de moins. La France et l’Europe c’est aussi cela.

 

L’islam peut il être apolitique ?

C’est pour cela d’ailleurs aussi que la dénonciation de « l’islam politique » n’a aucun sens car l’islam est par principe « politique » tout en se voulant ouvert à la liberté de conscience. On ne peut effacer l’histoire et il faut bien reconnaître que le fondateur de l’islam était à la tête d’un parti qu’il appelait le « Hezbollah », et qu’il a dirigé un Etat et une armée, ce qu’aucun musulman ne peut nier et ce que tout non musulman doit accepter comme un fait ...car, comme on le sait, les faits sont têtus ! Quoi de plus « politique » donc qu’un mouvement préparant la prise du pouvoir puis prenant le pouvoir ? On ne pourra donc jamais demander à un musulman de renoncer à cette part de son patrimoine même si on peut exiger de lui en revanche qu’il fasse un effort pour l’adapter aux conditions d’un monde en évolution permanente. Sous cet angle, les islamophobes les plus radicaux genre Riposte laïque n’ont pas tort quand ils disent qu’il leur faut interdire totalement l’islam. Si l’on refuse toute proposition sociale et politique basée sur l’éthique islamique, ce n’est pas par une « déradicalisation » impossible qu’on y arrivera, ce n’est que par une éradication totale de cette religion. Un choix qu’on a le droit de ne pas vouloir partager. Par contre, on peut accepter une vision mobilisatrice de cette éthique au sein d’une grande mouvance luttant pour la liberté des peuples, de tous les peuples, et de toutes les composantes sociales, politiques, idéologiques et donc religieuses de chaque peuple vivant sur un territoire commun. C’est d’ailleurs ce qui s’est déjà passé au début de l’histoire de l’islam, preuve que c’est possible. Les quelques milliers, pas plus !, de soldats qui en une à deux générations ont « conquis » au Moyen-âge l’immense espace s’étendant de l’Atlantique aux rives de l’Indus ont été accueillis le plus souventen libérateurs car ils étaient alors porteurs d’un souffle progressiste. Si on a une exigence à formuler au « monde » musulman aujourd’hui, c’est bien celle là, d’être à la hauteur du souffle de son message originel négligé ou trahi depuis. Car le premier Etat islamique s’est engagé dans sa charte fondatrice de Médine à respecter la liberté de conscience, ce qui explique pourquoi il y a toujours eu des communautés chrétiennes et juives ou autres jusqu’à la période contemporaine vivant dans les pays musulmans alors que l’inverse ne fut vrai qu’à titre tout à fait exceptionnel en Europe occidentale. Seule l’Europe orientale (Hongrie, Pologne, Russie) a permis une liberté religieuse comparable à celle des pays musulmans depuis le Moyen-âge, ce qui explique qu’elle n’a pas connu les guerres de religion. Mais c’est justement parce que les chrétiens de cet espace avaient adopté le modèle islamique, celui de la Charte de Médine, pour gérer la diversité religieuse et qu’on peut résumer ainsi : ou vous portez les armes et défendez l’État commun auquel cas vous avez le statut des membres de la religion d’État, ou vous faites le choix de ne pas les porter et vous serez protégés mais paierez un impôt spécial pour financer l’armée de l’État qui assure votre liberté de conscience et votre autonomie juridique. Principes à revoir bien sûr dans le contexte d’une société laïque et moderne mais qui participent d’un souffle commun tendant vers la liberté et l’émancipation. C’est l’esprit qu’il faut prolonger, pas la forme.

 

Émergence d’un islam visible

Il est vrai que, dans les années 1960 et 1970, le référent religieux était moins visible chez les immigrés ou les militants des luttes anticoloniales mais il faisait néanmoins intrinsèquement partie des mouvements de lutte. Ce qui a surtout changé en fait derrière les apparences, c’est l’interprétation des textes religieux, entre celle d’un Mohammed Iqbal qui composait un poème à la gloire de Lénine rencontrant Dieu après sa mort et celle du prédicateur Yucef Qaradaoui basé au Qatar, création du colonialisme anglais protégée aujourd’hui par l’US Army, appelant à tuer le guide libyen Mouammar Kadhafi, promoteur lui d’une vision d’un islam socialiste jugé hétérodoxe. L’islam politique a eu tendance depuis les années coloniales à passer à droite, ce qui dans le monde post-colonial veut dire, passer au service du capitalisme mondialisé et de son impérialisme. Mais a-t-on le droit de donner des leçons sur ce thème quand simultanément quasiment toute la gauche institutionnellefrançaise et occidentale est elle aussi passée globalement à droite au cours de la même période ? Où est l’anti-impérialisme de la plupart des mouvements « islamistes » certes, mais où est actuellement l’anti-impérialisme de la gauche occidentale ? Alors soyons tous plus humbles et n’acceptons pas des uns ou des autres qu’ils se posent en donneurs de leçons hypocrites. Que ce soient les « démocrates » libéraux, les «féministes » bourgeoises, les « socialistes » mondialistes, les « sionistes » éradicateurs, les « islamistes » monarchistes ou les libéraux-libertaires et les néoconservateurs, ils soutiennent et sont promus tous par le même pouvoir « global » et s’opposent tous aux courants socialement et nationalement émancipateurs et malheureusement éparpillés qu’on trouve au sein de la gauche restée sociale, marxistes, chrétiens, musulmans, juifs antisionistes religieux ou non, etc. Il existe un islam révolutionnaire comme il y a un communisme ou un christianisme révolutionnaire mais la dominante aujourd’hui, c’est effectivement l’islam conservateur, le communisme conservateur (social-libéral de fait) et le christianisme conservateur.

 

La résilience de l’islam interpelle autant les musulmans figés qu’elle interpelle les laïcs stériles, les communistes en retraite, les chrétiens zombies ou les juifs tribalisés et d’autres. Les musulmans ont souvent oublié qu’ils sont censés ne pas accepter une société basée sur l’usure et sur la spéculation, donc le capitalisme. Et qu’ils sont censés considérer que toute la terre n’appartient qu’à Dieu, et donc que la propriété privée n’est qu’une forme de gestion parmi d’autres qui peut être tolérée à condition qu’elle apporte le progrès à toute la collectivité dans une justice à établir pour tous, but principal de cette religion. Les communistes, sans parler des socialistes, ont oublié qu’ils refusaient la propriété privée des moyens de production et d’échange et les chrétiens comme les juifs ont oublié que la Bible interdit l’usure et l’enrichissement au dépens des autres. Et tous semblent avoir oublié le plus souvent que leurs textes fondateurs reconnaissent la diversité humaine et donc l’existence de peuples qui doivent s’entre-connaître et donc commencer par être libres dans leurs diversités créatives, ce qu’on appelle aujourd’hui l’internationalisme, qui est à l’opposé du mondialisme, du cosmopolitisme bourgeois, et aussi du nationalisme ethnocentrique.

 

1Parti communiste français

2< https://blideodz.wordpress.com/2012/01/24/le-code-civil-francais-de-napoleon-fortement-inspire-par-la-charia/ >; < http://www.alterinfo.net/Quand-Napoleon-s-inspira-de-la-Sharia-islamique-pour-le-code-Napoleonien-et-le-code-civil_a101830.html >

« Beurgeois » contre justiciers

Il est faux de dire qu’il a existé un islam sans voile au moment des luttes de libération nationale. Il y a eu à cette époque convergences dans les luttes de femmes et de militantes portant le hayek et ne le portant pas. Comme cela reste le cas aujourd’hui dans presque tous les pays musulmans, là où la loi le permet. En France, des partis ou groupes tentant de jouer sur l’identité ou le carriérisme pour se placer dans la hiérarchie sociale et mondiale existante sont apparus, comme le Parti des indigènes de la République d’un côté ou Ni putes ni soumises de l’autre, mais qui tentent tous à s’approprier la représentativité d’une communauté « exclue », dans une stratégie de lobbying devant fonctionner dans le cadre accepté des institutions dominantes. On a vu les résultats pitoyables de NPNS avec Fadela Aymara partie soit disant de l’extrême gauche féministe pour atterrir sur un strapontin gouvernemental chez Sarkozy, et les dirigeantes qui lui ont succédé à la tête de cette organisation aujourd’hui en l’état de mort clinique ont été encore plus pitoyables. En fait, ces deux groupes comme tous les autres propagateurs du lobbyisme « laïciste », « racialiste » ou « religieux », malgré leurs divergences apparentes, n’ont pratiquement aucune implantation dans les quartiers populaires où ils sont désignés le plus souvent, il faut le savoir, sous le néologisme inventé localement de « Beurgeois », terme qui montre bien que la conscience de classe existe dans ces quartiers là, ce qui est moins vrai ailleurs. Les courants musulmans qui s’y implantent sont par ailleurs très majoritairement non salafistes ou « intégristes ». Mais qui ose aller écouter les prêches des imams pour vérifier ? ...Si elles sont en arabe uniquement, la très grande majorité de leurs ouailles ne les comprennent pas car celles-ci ne parlent que le français ou les dialectes arabes ou berbères, et si elles sont bilingues, rien n’empêche n’importe quel Français ou Française méfiante à l’égard de l’islam de s’y rendre un vendredi pour écouter1et voir que la plupart du temps, l’intégrisme des mosquées, à quelques exceptions près, n’est que pur fantasme. Le principal problème des mosquées n’est pas l’intégrisme, c’est le faible niveau de formation intellectuelle de beaucoup d’imams qui ne connaissent pas les sciences modernes et ne savent pas aborder les problèmes sociaux.

 

Les ravages « djihadistes » proviennent la plupart du temps de la fréquentation de sites internet pétromonarchistes, mais alors il faudrait d’abord poser la question pourquoi l’école républicaine ...à la dérive, pourquoi les médias français ...à la dérive, sont désertés par des jeunes en mal de vérité ...et qui se baladent là où leurs clic les amènent. Pourquoi le pouvoir a-t-il décrété une politique decensure visantle pluralisme médiatique et les « fake news » censées provenir des puissances émergentes, des sites politiques alternatifs ou des cercles révolutionnaires, et pourquoi rien n’a jamais été fait contre la propagande en provenance de « nos amis du Golfe » ? Personne dans les hautes sphères n’ose établir le lien existant entre la soumission des pétromonarchies aux injonctions des puissances occidentales et l’implantation de leurs réseaux dans les pays occidentaux. Car il existe un lien bien évidemment. On a vu l’ex-ministre Fabius appeler à combattre le président syrien « qui ne méritait pas de vivre sur terre », langage biblique que certains « jeunes » ont appliqué à la lettre pour aller se battre en Syrie et y faire ce que l’ex-ministre considérait alors comme « un bon boulot » ...au service de la branche syrienne ...d’Al Qaïda ! Comprenne qui pourra !!! Aujourd’hui, retour du balancier, ces jeunes qui n’ont fait que suivre les conseils d’un ministre d’une République en déshérence sont dénoncés comme un grave danger terroriste parce qu’ils n’ont pas eu la bonne idée de se faire tuer en Syrie au service des intérêts des puissances de l’argent ! On ne peut pourtant plus, après l’expérience dramatique des manipulations occidentales contre l’Afghanistan à partir de 19792, faire comme si les responsabilités dans la transformation d’un islam émancipateur en un islamisme rétrograde n’était pas d’abord du aux initiatives des impérialismes occidentaux. Il y a des intérêts économiques mais aussi politiques et idéologiques à ce que les grandes bourgeoisies des puissances occidentales répandent un islam stérilisé, et parfois violent, pour contrer la mobilisation et le rassemblement des masses sur des programmes émancipateurs, tirant leurs analyses aussi bien du Coran que de Karl Marx et, pourquoi pas, du général de Gaulle ou de la Bible.

 

Le modèle bourgeois anglo-saxon de communautés juxtaposées mises en position antagonistes à l’image des combats de coqs constitue certainement un contre-exemple de fait antidémocratique, mais il ne faut pas pour autant idéaliser le modèle issu de la 3eRépublique qui est lui-aussi de tradition bourgeoise, capitaliste et colonialiste, et qui n’a que peu à voir avec la communauté politique égalitaire imaginée par Jean-Jacques Rousseau, Robespierre et Saint-Just. Déjà dans l’entre-deux-guerres, mais là il s’agissait des immigrés juifs ou catholiques italiens et polonais, le Parti communiste français dénonçait l’ultra-laïcisme verbal des socialistes qui camouflait à ses yeux leur trahison des principes socialistes et leur soucis d’empêcher, sous prétexte d’intégrisme, aux immigrés d’occuper des fonctions auxquelles les dirigeants socialistes aspiraient pour eux-mêmes ou leurs enfants dans leurs syndicats et leur parti. Avec la dénonciation de la déléguée « voilée » de l’UNEF, n’est-ce pas la même tradition qui resurgit, voilée derrière un brouillard soi disant « laïc » ?

 

Il est clair que, en France comme dans tous les pays capitalistes occidentaux, l’ascenseur social est en panne. Ce n’est pas la faute des masses populaires, musulmanes comprises, s’il en est ainsi. Pire, les classes moyennes sont menacées de déclassement, ce qui provoque des crispations souvent comparables à celles qui ont amené les classes moyennes allemandes au départ libérales vers le nazisme dans les années vingt et trente. La France ne sortira de son blocage actuel que si elle reprend sa souveraineté basée sur une base nationale territoriale rassemblant classes populaires visiblement « laïques » ou pas, mais fondamentalement laïques au sens premier de ce terme, en association avec les milieux issus de la « droite », les catholiques et la bourgeoisie nationale post-gaulliste opposés à la disparition de leur droit à une souveraineté pleine et entière, gage d’une véritable et authentique fraternité des peuples.

 

Islamophobie ?

Un mot semble aujourd’hui poser problème à certains, celui d’islamophobie ...comme s’il n’existait pas de « peur de l’islam » en France ? Peur tout à fait justifiée par le comportement de beaucoup de musulmans et de nombreux États musulmans mais peur sans doute injustifiée à l’égard d’une religion en soi. ...Mais la faute à qui ? En partie aux musulmans eux-mêmes certes, qui se sont laissés aller des siècles durant à la décadence et à la dégénérescence, mais en partie aussi à l’imposition dans les pays musulmans de régimes à la solde de l’impérialisme. On ne s’étonne pas que, après avoir plongé dans la crise de l’endettement ou dans les guerres civiles et les contre-révolutions des pays comme l’Indonésie en 1965, l’Afghanistan en 1979, l’Algérie dans les années 1990, l’Irak à partir de 1991, la Libye en 2011, la Syrie en 2011 et le Yemen, sans parler de la plaie béante que continue depuis 70 ans la Palestine, il n’y ai pratiquement plus de pays musulmans, proposant un modèle, qui social, qui politique, qui économique, et qui soit présentable, offrant des voies de développement alternatif ! Hormis l’Iran, ce qui peut d’ailleurs contribuer à expliquer la frustration et donc l’irritation de nombreux sunnites et Arabes à l’égard de ce pays car c’est le seul, ...et il est persan et chiite ! Irritation ayant une base en fait plus ethnocentrique et identitaire que théologique, ce qui a tendance à produire de la haine qui peut être du coup à la fois violente et infantile car ce n’est la plupart du temps que de la jalousie tribale.

 

Derrière l’islamophobie, la phobie de l’islam, il y a aussi les vieilles tendances récurrentes d’extrême droite néo-païennes qui n’ont jamais accepté le « sémitisme », c’est-à-dire le refus de divinités « à la carte » chargées de légitimer un pouvoir de type pharaonique, hier divinités multiples visibles, assumées et idolâtrées, aujourd’hui divinités béatifiées comme « scientifiques » mais poussant tout autant à la soumission aveugle, à la fragmentation sociale et à la polarisation mondiale, marché, consommation, sexe, pouvoir, convoitise, individu-roi, argent, etc. Iconoclasme sémitique qui a en partie été en réaction la cause de l’antisémitisme judéophobe et aussi de tous les mouvements de réforme d’un christianisme trop paganisé, puis a servi de fondement à l’islam qui a lui-même servi de fondement au développement de la Renaissance, de la Réforme puis des Lumières. Relisez Voltaire, Bonaparte, Goethe, Hugo, Bernard Shaw ou Edward Saïd sur le sujet, et même Luther ou Marx.

 

Révolution islamique pourquoi ?

Il faut dans ce contexte poser la question qui gêne et à laquelle peu de personnes osent s’attaquer. Depuis le siècle des Lumières, toutes les révolutions exprimaient en général une tendance « laïque », même si, en creusant, on doit rappeler que Robespierre était un adepte du culte de l’Être suprême, que la conversion annoncée de Bonaparte à l’islam lors de son séjour en Egypte a été accueilli favorablement par la presse française de l’époque, l’islam apparaissant alors encore comme une religion rationaliste, que la révolution russe avait une incontestable composante iconoclaste, à la fois paysanne christique et musulmane selon les régions, malgré une apparence purement athée3, et que la révolution chinoise n’aurait jamais pu se développer sans le mouvement messianiste néo-chrétien des Taïping qui en a constitué le fondement originel, etc. Mais le véritable changement visible, ou la maturation de ce processus, fut la révolution islamique en Iran. Pour la première fois depuis la révolution française un peuple faisait une révolution en se référant explicitement à la religion. Certes, des partis marxistes ont joué au début un rôle non négligeable et tout à fait héroïque dans cette révolution et s’ils en ont été éjectés, c’est en partie parce qu’ils préparaient un coup d’état à l’intérieur de la révolution, ce que le premier secrétaire du Toudeh a d’ailleurs publiquement reconnu et dévoilé (sic!), ce qui explique qu’il a eu la vie sauve. Quoiqu’il en soit, le fondement de cette révolution était religieux, et si cette révolution n’a pas donné tous les fruits escomptés par ses promoteurs et ses partisans, peut-on dire avec l’expérience de deux derniers siècles que les avancées des autres révolutions ont été tellement plus incontestables que celles de la révolution iranienne qui a redonné au pays son indépendance et sa dignité et poussé vers l’ascension sociale, culturelle et scientifique des masses de « déshérités » ...qu’on aurait appelé ailleurs des « prolétaires ». Cette différence sémantique n’est-elle d’ailleurs pas complètement secondaire pour des humains de progrès social conséquent ? C’est à cela que, au lieu de pleurer et de condamner, les partisans d’une « laïcité radicale » devraient réfléchir en refusant d’utiliser contre « la révolution des mollahs » les mêmes arguments qu’ils refuseraient d’utiliser pour juger les révolutions française, russe ou chinoise. Deux poids deux mesures donc.

 

Il ne s’agit pas dans ce texte, le lecteur assidu l’aura bien compris, d’essentialiser en bien l’islam comme on peut ailleurs l’essentialiser en mal, il s’agit de le regarder sans rancune post-coloniale, sans ethnocentrisme rabougri, sans préjugés irréalistes et sans égocentrisme bigot de secte, qu’elle soit laïciste ou religieuse peu importe. La religion islamique est politique, c’est un fait indéracinable, elle est diversifiée, c’est une réalité de toute société humaine en marche, elle a des règles sociales et vestimentaires enracinées correspondant à une très longue tradition qu’il faut analyser rationnellement et non pas émotionnellement et, enfin, l’histoire a démontré au moins jusqu’à nouvel ordre que l’islam reste indéracinable, et donc qu’une union du peuple de France réellement existant pour sa souveraineté, son indépendance et pour l’égalité ne peut se faire sans son intégration et son respect plein et entier. Le courant du grand fleuve impétueux devant amener vers une nouvelle résistance tout le peuple devra associer courants laïcs, marxistes, chrétiens, patriotiques, souverainistes, internationalistes, musulmans, juifs, etc. en utilisant le meilleur et le plus progressiste existant au sein de chacune de ces lignées.

 

* En dépit des apparences retenues ultérieurement, dans la Grèce antique, la règle vestimentaire était très stricte, une femme qui serait sortie sans se couvrir intégralement, cheveux compris, était considérée comme une prostituée. La nudité n’était pratiquée que dans les lieux fréquentés par un seul sexe, les bains publics, dont les hammams d’aujourd’hui sont la continuation directe. Et si les statues grecques montrent de beaux corps totalement dénudés, de femmes et d’hommes, c’est parce que ces statues sont réservées aux dieux qui sont les seuls à avoir le droit de se dévêtir publiquement ...dans l’au delà donc. ...Le paradis des « djihadistes » incultes et utilitaristes avant la lettre en quelque sorte !

 

Notes : 

1Beaucoup de mosquées diffusent sur leur site internet par ailleurs, les prêches du vendredi de leur imam.

2Il faut rappeler à cet égard que le conseiller du président Carter, Zbigniew Brzezinski, a reconnu publiquement que la CIA est intervenue la première en Afghanistan pour attirer les Soviétiques dans un piège qui a bien fonctionné < https://www.les-crises.fr/oui-la-cia-est-entree-en-afghanistan-avant-les-russes-par-zbigniew-brzezinski/ >. Ce complot montre donc que ce n’est pas l’Union soviétique qui a attaqué en premier le pays mais les Etats-Unis, même si l’on doit admettre que la réponse du Kremlin a été maladroite et mal organisée. On doit à cette occasion rappeler que les « combattants de la liberté » encensés par le président Reagan et qui ont donné naissance à Al Qaïda < https://www.youtube.com/watch?v=sosWVzb8L3c > avaient comme consigne de commencer leurs activités en assassinant dans les campagnes les instituteurs et les infirmières car ceux-ciy apportaient une ouverture d’esprit incompatible avec l’obscurantisme soutenu et propagé par les USA. Dans les pays musulmans, et c’est aussi le cas aujourd’hui en Syrie, il n’a jamais été question pour les puissances occidentales de soutenir des groupes armés libéraux démocrates. La démocratie libérale est un luxe réservé aux seules puissances dominantes et seulement à leurs moments de prospérité.

3 < http://www.lapenseelibre.org/article-marx-lenine-les-bolcheviks-et-l-islam-n-60-104736418.html > ; < http://www.lapenseelibre.org/article-le-socialisme-idealisme-ou-materialisme-au-carrefour-entre-croyance-et-raison-79683133.html >

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