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Revue en ligne éditée par une partie de l'ancienne rédaction de La Pensée exclue en 2004, élargie à d’autres collaborateurs et consacrée au renouvellement de la pensée critique de la globalisation, du politiq
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15 novembre 2019 5 15 /11 /novembre /2019 20:19

Le coup d’état qui vient de se dérouler en Bolivie intervient alors que les élections en Argentine, les manifestations de masse au Chili, en Equateur, au Honduras et à Haïti ainsi que la libération de Lula au Brésil et l’échec des tentatives de renverser le gouvernement légal du Venezuela temoignent de la renaissance des forces populaires dans toute l’Amérique latine. Le système dominant est en crise partout sur la planète, mais en particulier dans « l’arrière cour » des Etats-Unis, ce qui explique leur crispation grandissante et l’enjeu international que représente la tentative de renverser le premier gouvernement socialiste et représentant la majorité populaire indigène du pays.

Nous avons en conséquence estimé que, sans attendre des analyses élaborées sur le coup d’état et la situation dans ce pays, il fallait montrer les premières réactions internationales face au coup de force en cours en Bolivie, d’autant plus qu’elles atteignent désormais des pays jusque là assez éloignés des dénonciations des politiques d’ingérences impériales. En fait, on assiste à des protestations ayant lieu dans tous les pays de la planète. Nous avons choisi ici de n’en mentionner que quelques unes qui permettent de constater le front qui est en train de se constituer en Amérique latine, et les réactions en Europe occidentale mais aussi orientale.

La Rédaction

 

Bolivie : L’Amérique latine et la gauche radicale européenne dénoncent le coup d'Etat qui a renversé le président Evo Morales

-

Novembre 2019


 

Les chefs de l'armée et de la police bolivienne ayant rejoint le camp ayant préparé le renversement du gouvernement socialiste indigéniste bolivien, l’opposition pro-USA qui contestait sa réélection et avait multiplié les troubles a réussi à pousser Evo Morales à présenter sa démission. Nombre de dirigeants et de figures morales et politiques progressistes ont en réaction dénoncé cette confiscation de la démocratie.

En Amérique latine, les dirigeants du Venezuela, du Nicaragua, de Cuba, ainsi que le président nouvellement élu d’Argentine, Alberto Fernandez, de tendance péroniste (centre-gauche) ainsi que l’ancien président brésilien Lula, à peine libéré de prison, ont tous dénoncé le coup d'Etat. Le président bolivien qui s'est réfugié au Mexique a considéré qu’il s’agissait d'un coup d'Etat civil-politique-militaire orchestré avec le concours de groupes violents.

«C'est un coup d'Etat de ceux qui ne pardonnent pas à Evo [Morales] d'avoir amené la Bolivie à atteindre la meilleure croissance économique et sociale d'Amérique latine», a déclaré le président vénézuélien Nicolas Maduro. Démontrant ainsi qu’une politique sociale progressiste n’est pas contradictoire avec le développement économique.

Le président cubain Miguel Diaz-Canel a condamné la droite bolivienne, responsable de ce qu’il a appelé « un coup d’état violent et lâche mené contre la démocratie». Cuba, un des allié traditionnel du dirigeant socialiste bolivien, a exprimé par la bouche de son ministre des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, sa «solidarité avec le frère président Evo Morales, promoteur et symbole de la revendication des peuples indigènes de notre Amérique». 

Autre allié d'Evo Morales, le Nicaragua a lui-aussi «condamné énergiquement le coup d'Etat» contre le président bolivien. «Nous exigeons que l'on respecte sa liberté, son intégrité physique et sa vie», a déclaré dans un communiqué le président nicaraguayen Daniel Ortega.

En Argentine, le président élu qui doit prendre ses fonctions le 10 décembre prochain, Alberto Fernandez, a dénoncé lui-aussi le «coup d'Etat mené par l'action conjointe de civils violents, du personnel de la police qui s'est laissé démobilisé et par la passivité de l'armée».

Le chef de la diplomatie mexicaine, Marcelo Ebrard, a de son côté déclaré que son pays, «conformément à sa tradition d'asile et de non-intervention», avait recueilli 20 personnes issues du pouvoir législatif et exécutif de Bolivie dans sa résidence officielle de La Paz (capitale bolivienne) et a ensuite offert l'asile politique à Evo Morales. Le ministre a par ailleurs appelé à la «solidarité internationale» pour faire respecter l' intégrité'» de ses locaux diplomatiques en Bolivie.

Autre figure de la gauche anti-impérialiste latino-américaine, l'ancien président péruvien nationaliste Ollanta Humala a dénoncé une «rupture institutionnelle» et a exprimé sa «solidarité» avec Evo Morales, «obligé de prendre la décision de démissionner afin que la violence provoquée par l'opposition ne fasse pas plus de mal au peuple».

Même son de cloche du côté de l'ancien président brésilien Lula (Parti des travailleurs), qui a dénoncé le coup d’État : «Il est regrettable que l’Amérique latine ait une élite économique qui ne sait pas accepter la démocratie et l’inclusion sociale des plus pauvres», a-t-il estimé.

 

Des chefs de file de la gauche européenne prennent position

Depuis la France, le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a lui aussi dénoncé le coup d’Etat : « Les amis des USA et de l'Union européenne ont rétabli leur démocratie': pogroms anti-indiens, tabbassages de journalistes et d'élus, putsch militaire. Tel est leur monde idéal », s'est indigné le député de Marseille. Son parti a publié un communiqué de soutien au président bolivien, dénonçant la «violence de l’extrême-droite putschiste» dans le pays.

En Espagne, le chef de file du parti de gauche radicale Podemos, Pagblo Iglesias, a assuré le soutien de sa formation «au peuple bolivien et à Evo Morales. Enfin le chef des travaillistes britanniques Jeremy Corbyn a déclaré «Je condamne ce coup d'Etat contre le peuple bolivien et je les soutiens pour la démocratie, la justice sociale et l'indépendance».

 

Evo Morales lâché par l'armée et la police

Evo Morales a été amené à présenter sa démission le 10 novembre. Le président socialiste et premier président de la majorité amérindienne de l’histoire de la Bolivie, dont la réélection était contestée par l'opposition de droite, avait d'abord proposé, mais en vain, de nouvelles élections pour sortir le pays de la crise et levers les doutes. 

Mais il a étélâché par les chefs de l'armée et de la police, il a exposé les raisons de son départ lors d'une allocution télévisée : «J'ai décidé de démissionner de mon poste pour que [les opposants] Carlos Mesa et Luis Camacho cessent de maltraiter et de porter atteinte à des milliers de frères.» Rappelant ses responsabilités en tant que «président indigène et président de tous les Boliviens», ajoutant : «J'ai l'obligation de rechercher la paix et cela me fait très mal que nous nous affrontions entre Boliviens.» Comme cela est arrivé dans plusieurs pays dont les gouvernements ne plaisaient pas aux Etats-Unis, l'opposition de droite boliviennene reconnaissait pas les résultats de l'élection présidentielle du 20 octobre dernier que Evo Morales avait remportée dès le premier tour.

 

Unis contre le fascisme

En Roumanie, pays considéré comme particulièrement attaché à l’alliance atlantique, le groupe de gauche DiEM25 - Roumanie a souligné sa solidarité avec le peuple bolivien, son président élu Evo Morales et l'ordre constitutionnel. Il a publié un communiqué de protestation en commençant par citer l’appel de Noam Chomsky et Vijay Prashad qui ont fait une déclaration commune de soutien contre ce qu’ils considèrent comme un coup d'état fasciste :

« Le monde est avec Evo

Nous nous opposons au coup d'Etat !

En Bolivie, un coup d'Etat a été préparé contre le gouvernement élu dirigé par Evo Morales. Des sections des forces armées - y compris de la police - avaient ouvertement indiqué qu'elles étaient disposées à permettre à des milices fascistes d'attaquer le palais présidentiel de La Paz. C'est une situation très grave.

Evo Morales avait invité les quatre principaux partis à s'asseoir et à discuter de la voie à suivre pour la démocratie bolivienne. Il avait demandé le lancement d'un dialogue pour empêcher le retour à l'époque des dictatures militaires et de l'oligarchie. M. Morales avait demandé à l'ONU, à l'Organisation des États américains, au Vatican et à d'autres de l'aider à tenter d’éloigner la perspective de coup d'État.

Le coup d'Etat mené par l'oligarchie bolivienne révèle sa colère à la suite de la quatrième défaite électorale de son parti face au Mouvement pour le socialisme. L'oligarchie est pleinement soutenue par le gouvernement des États-Unis qui est depuis longtemps désireux de renverser Morales et son mouvement. Depuis plus d'une décennie, le Centre d'opérations de l'ambassade des États-Unis à La Paz avait articulé deux plans - le plan A, un coup d'État ; le plan B, l'assassinat de Morales. Il s'agit là d'une violation grave de la Charte des Nations unies et de toutes les obligations internationales.

Nous sommes opposés au coup d'État et solidaires avec le peuple bolivien. Nous espérons qu'ils seront capables de résister à ce qui sera lancé contre eux dans les jours à venir.

Le monde avec Evo. Nous aussi, nous sommes avec lui»

par Noam Chomsky et Vijay Prashad.

 

Selon Diem-25 Roumanie, à l'heure actuelle, les partisans des forces de gauche en Bolivie sont pourchassés et arrêtés, et des agressions atroces commises contre eux. Des dirigeants syndicaux et des fonctionnaires sont enlevés et torturés en public avec la complicité des forces de police et de l'armée. 

Les auteurs du coup d'État le font avec l'aide du gouvernement américain qui avait déclaré et tenté à plusieurs reprises de lancer des attaques contre l'État bolivien. En ce moment, le gouvernement américain est de facto devenu une organisation terroriste qui détient l'État américain en captivité. Elle agit contre les Nations Unies, arrête et torture des journalistes, orchestre des attaques terroristes pour renverser des gouvernements démocratiquement élus ou des institutions établies, parraine et soutient des organisations extrémistes et d'autres groupes terroristes. C'est ce que Noam Chomsky, membre dirigeant de DiEM25, a déjà déclaré à maintes reprises.

L'administration de l'État représente en principe la volonté du peuple, tandis que l'organisation terroriste de l'État supérieur représente de petites élites menant une politique extrémiste favorable à des syndicats d’intérêts financiers qui maintiennent la société dans une situation captive. Ils parasitent les Etats-Unis et d'autres Etats dans le monde, générant guerres, migrations, pauvreté et exploitation extrême des populations.

Les peuples du monde ne pourront jamais sortir de la pauvreté et de l'exploitation, avoir la paix et la stabilité, arrêter la destruction de notre planète, tant que nous ne nous unirons pas pour lutter contre ces groupes terroristes qui infestent nos sociétés. Ce n'est plus une lutte entre la gauche et la droite, entre les progressistes et le conservatisme. Il s'agit d'une lutte des peuples contre le terrorisme - la terreur par la guerre, la terreur par la police et l'État de surveillance, la terreur par l'exploitation et la pauvreté, la terreur par la destruction de notre nature.

Nous appelons à la solidarité avec le peuple bolivien et à la lutte contre les organisations étatiques terroristes. Seule l'union fait la force, seule l'union fait la force !

Aujourd'hui, nous sommes tous Boliviens !

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