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  • : Philo-socio-anthropo-histoire. Revue en ligne éditée par une partie de l'ancienne rédaction de "La Pensée" exclue en 2004, élargie à d’autres collaborateurs et consacrée au renouvellement de la pensée critique de la globalisation, du politique, de l’économique, du social et du culturel.
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Revue en ligne éditée par une partie de l'ancienne rédaction de La Pensée exclue en 2004, élargie à d’autres collaborateurs et consacrée au renouvellement de la pensée critique de la globalisation, du politiq
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11 octobre 2020 7 11 /10 /octobre /2020 20:00

Alors que des puissances nouvelles émergent dans différentes parties du monde, les vieilles puissances occidentales avec les Etats-Unis à leur tête depuis 1945 semblent à la fois touchées par l’instabilité, la stagnation, les tensions et l’inefficacité. On pourrait dès lors en conclure que, peu à peu, chacune d’entre elle devrait tenter de quitter le navire en perdition pour trouver la sécurité auprès d’équipages plus jeunes, plus vigoureux et plus robustes. Pourtant, les lignes d’affrontement actuels semblent reprendre les contours géopolitiques qu’on avait connu lors de l’affrontement du bloc occidental avec le « camp de la paix ». Ce qu’on observe en particulier en Afrique où la nouvelle présence économique chinoise ou russe est combattue par les puissances occidentales qui ont auparavant contribué à y installer le « djihadisme » qu’elles prétendent aujourd’hui combattre. Pourquoi, dans ce contexte, les élites françaises ne semblent pas en état de mener un jeu plus autonome ?

La Rédaction


 

Contradictions inter-impérialistes

ou

contradictions intra-impérialistes

France-Europe-USA ?1

-

Octobre 2020

 

Bruno Drweski


 

Philip Butler, un spécialiste de la politique russe, faisait il y a peu, une description assez réaliste de l’état des rapports internationaux où de plus en plus de gouvernements considèrent qu’ils se trouvent face aux puissances occidentales dans la position d’un homme sain d’esprit se retrouvant devant un patient en état sénilité avancée, ce qui rend désormais tout dialogue rationnel impossible2. En plus, les Etats-Unis se trouvent depuis la fin du premier mandat Trump dans une situation de semi-guerre civile intérieure qui atteind aussi par la force des choses les puissances « périphériques » du bloc euro-atlantique où les forces politiques doivent prendre partie dans ce bras de fer. La politique aventurière des Etats-Unis continue à faire toujours beaucoup de dégâts dans le monde, particulièrement en Afrique, à cause des leurs guerres récurrentes, des autres formes d’interventions extérieures, de leurs politiques de sanctions et de blocus visant les Etats indépendants, du poids de leur surarmement constamment renforcé comme conséquence indirecte de la délocalisation de leurs productions civiles. Les peuples arrivent donc tous peu à peu à la conclusion que résister ou louvoyer face au système dominant en crise présente somme toute moins de risques que de se soumettre pour garder une paix qui se révélera de toute façon illusoire dans la mesure où l’on a désormais affaire à un pompier-pyromane qui n’existe pas à détruire ce qu’il ne peut plus contrôler. On constate cette attitude de retrait face aux provocations dans les cas cubain, venezuelien, chinois, russe, iranien, syrien, mais c’est aussi le cas dans une certaine mesure avec des pays comme le Pakistan ou la Corée du sud. Alors qu’un nombre grandissant d’Africains mettent en doute non seulement le discours du président Trump ou de ses concurrents néoconservateurs, mais plus largement le discours de tous les dirigeants occidentaux qui ne parviennent pas à se prononcer de leur côté de façon indépendante tout en prétendant continuer à jouer le rôle de puissances tutrices de leurs anciennes colonies.

Cette méfiance des peuples mais aussi d’une partie des élites ne concerne plus seulement les réactions face aux discours dénués de sens de la plupart des dirigeants occidentaux mais aussi les effets concrets des politiques occidentales, tout particulièrement dans leur volet interventionniste et militaire. Il faut donc aujourd’hui poser plusieurs questions : Quels sont les objectifs réels des élites mondialisées liées au bloc euro-atlantique et ses associés ? En quoi les tiraillements visibles auxquels nous assistons entre les différentes factions de l’establishment US et ses excroissances dans les pays associés ou soumis témoignent ils de la prolongation des habituelles contradictions inter-impérialistes que l’on a connues dans le passé ? Et en quoi témoignent ils de l’émergence possible d’un nouveau type de contradictions au sein de ce qui était jusqu’à la fin du monde bipolaire le bloc impérialiste unifié ?

C’est aujourd’hui l’Afrique et son voisinage immédiat, l’Asie occidentale, qui constituent la zone clef de l’affrontement des contradictions mondiales, ce qui apparaît tout particulièrement au regard de la concurrence tendue que se livrent dans cette partie du monde les puissances occidentales en crise et les puissances émergentes autour de l’axe Chine-Russie-Eurasie. Ces questions nous intéressent particulièrement en France puisqu’il s’agit de l’Afrique et des pays méditérranéens mais aussi de l’influence croissante non seulement de la Chine mais aussi de la Russie dans le vaste continent eurasiatique, dont l’Europe, et plus particulièrement la France, constituent la pointe avancée vers l’Atlantique. Alors dans le grand jeu qui se déroule entre la France et son « étranger proche » méditerranéo-africain, Paris est elle condamnée à garder son gouvernail orienté vers l’Atlantique nord ou ne devrait elle pas envisager de changer de cap en imaginant un nouveau monde où elle se rapprocherait sous une forme dégagée des dominations du passé des pays avec lesquels elle a des liens anciens ?

 

Une économie mondialisée et financiarisée tournant en cercle vicieux

Partout dans le monde nous sommes aujourd’hui témoins d’une tendance qui démontre que les capacités d’investissement productifs des entreprises et des Etats occidentaux diminuent alors qu’en même temps la baisse tendancielle des taux de profits les poussent à conquérir de nouveaux marchés et surtout des moyens d’écouler ce qu’ils savent le plus souvent produire, les armes, parfois quelques autres articles comme les médicaments déjà connus et ne nécessitant plus aucun investissement. Mêmes leurs vassaux jusqu’ici les plus soumis se retrouvent donc souvent eux-aussi tiraillés entre leurs liens de dépendance privilégiés et leurs intérêts à trouver des protecteurs ou des partenaires plus fiables et plus viables.

En Occident, tout semble donc souvent orienté, via l’OTAN, vers des dépenses militaires exigées d’alliés vassalisés, dans la perspective de prolonger l’existence d’une économie peu productive et de prédation. De telles politiques sont caractéristiques d’empires déclinant et cela contriue à pousser les vassaux à vouloir surnager et râmer vers un autre rivage, en pouvant même commencer à ignorer les menaces et la propagande des puissances décaties. Ce qui semble le cas aussi bien de la France, des autres puissances européennes que des Etats-Unis, bien que dans chaque cas à un degré différent. La France avec ses vassaux africains post-coloniaux, a désormais été réduite elle-même à une situation de dépendance vis à vis du « gendarme mondial » d’outre-Atlantique, et Macron semble contre toute raison vouloir après quelques rodomondates3 à se raccrocher au final et coûte que coûte aux USA, cette fois ci sans doute dans l’espoir que l’arrivée éventuelle de Biden à la Maison blanche pourrait restaurer la stabilité d’antan, alors qu’un retour à cette situation devient peu probable parce que cela ne dépend plus vraiment des choix qui seront faits aux Etats-Unis mais du rythme de leur déclin semble-t-il désormais irréversible. Tout semble fait pour ne pas exciter la bête blaissée.

C’est sur la contradiction entre le profit capitaliste, la nécessité de faire face aux concurrences et le déclin du pouvoir politique des pays impérialistes que tablent les puissances émergentes et les pays aujourd’hui les plus dynamiques, au nombre desquels il faut compter les milieux africains les plus énergiques, certaines bourgeoisies nationales locales qui semblent mener la danse alors que le « petit peuple » manifeste quotidiennement son énergie et son inventivité dans un environnement qui depuis la fin du monde bipolaire et jusqu’à l’apparition des puissances émergentes eurasiatiques ne faisait que se dégrader. Malgré l’ingérence et l’agressivité des Etats-Unis et des Occidentaux, parfois verbale, parfois violente, parfois provocatrice, les capitalistes occidentaux continuent à investir en Chine et en Asie orientale et n’arrivent pas par contre à contrer les investissements chinois, publics ou privés, en Afrique ou ailleurs. Les capitalistes semblent donc ne plus pouvoir progresser en s’appuyant sur la puissance de leurs Etats et de leurs armées. C’est dans ce contexte que l’on doit analyser les contradictions grandissantes entre la France toujours présente économiquement et militairement en Afrique, les Etats-Unis et leurs troupes des quelques milliers de soldats sous les ordres de l’AFRICOM, le commandement militaire américain basé en Europe. Sans oublier l’Allemagne dont on néglige trop souvent le rôle. Ses fondations qui préparent le terrain intellectuel en direction de ladite « société civile », tandis que ses services secrets du BND essaient de tailler des croupières aux entreprises basées en France au profit des entreprises allemandes alors que, simultanément, les Allemands se présentent là où la présence nord-américaine serait trop coûteuse ou trop impopulaire, ce qui explique pourquoi les contradictions qui existent entre les USA et l’Allemagne restent souvent peu visibles4.

Tout cela se fait face à la Chine et aussi à la Russie, ce qui confirme qu’une transition, un basculement géopolitique et géo-économique est bien en train de s’opérer en Afrique-Asie occidentale, pays stratégiques et riches en ressources naturelles. Sous le triple coup de boutoir du développement des forces productives, de la résistance des peuples et des exploités et de l’affaiblissement irréversible de l’hégémonie euro-atlantique, c’est la fin du mode de production capitaliste qui se profile à l’horizon avec l’apparition de facteurs de freinage économique qui exacerbent les tensions entre impérialistes piaffant d’impatience devant les signes de leurs incapacité à conquérir de nouveaux marchés ou à préserver leurs marchés traditionnels stabilisés.
 

L’Afrique, un terrain d’affrontements et de projets dynamiques : le rôle des puissance contre-hégémoniques

Si certains analystes considèrent que la Chine et la Russie sont de nouvelles puissances impérialistes concurrentes des vieilles puissances impérialistes, force est de reconnaître que leurs méthodes d’intervention, les secteurs dans lesquels elles investissent et les possiblités encore limitées qu’ont ces deux pays rendent leur pénétration des pays africains de nature très différente de celle des vieilles puissances impérialistes. On doit dès lors demander si nous avons affaire dans ce cas à des « contradictions inter-impérialistes » plus ou moins classiques, ou à des contradictions entre de vieilles bourgeoisies impérialistes essouflées manipulant des bourgeoisies compradores locales de plus en plus rétives face à des bourgeoisies nationales chinoises ou russes dynamiques et capables d’investir dans des secteurs plus diversifiés et plus créatifs pour les pays concernés. A quoi s’ajoute la question sur le caractère communiste du gouvernement chinois et du rôle des entreprises publiques chinoises.

Si la présence chinoise est visible déjà depuis longtemps en Afrique, le retour de la Russie est plus récent et semble ne s’être opéré que depuis que la Russie s’est sentie menacée par les puissances occidentales dans son « étranger proche ». Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a rencontré dernièrement le Secrétaire exécutif de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), Workneh Gebeyehu, comme prolongement du sommet Russie-Afrique qui s’était tenu en octobre 2019 à Sotchi. Ils ont parlé de la nécessité de développer une coopération élargie avec les organisations africaines d’intégration régionales, en particulier dans les domaines de la lutte contre le covid-19, dans le domaine de la santé et de l’humanitaire, dans le domaine agricole et phytosanitaire et dans le domaine de l’éducation. Domaines qui ne sont jamais privilégiés par des puissances impérialistes traditionnelles. Cette politique qui se veut positive en Afrique se situe dans la foulée des politiques chinoises d’investissements qui se veulent « gagnant-gagnant » et qui ne sont pas aux dires de certains sans rappeler les « aides fraternelles » de l’époque du camp socialiste. On doit donc poser la question de savoir si les méthodes et les objectifs des puissances émergentes eurasiatiques en Afrique par rapport aux puissances traditionnelles sont différents seulement sur le plan « cosmétique » ou si c’est la nature de cette coopération qui est profondément différente, peut-être parce que ces Etats ont, à la différence des puissances occidentales, des systèmes politiques qui leur permettent d’avoir des actions planifiées sur le long terme ?

Que recouvre ainsi l’exemple d’Oil Price en Egypte où la Russie et la Chine sont accusées ensemble par les Occidentaux et en particulier dans le cadre de l’intervention d’une « star écologiste », Haley Zaremb5, de chercher à « prendre le contrôle nucléaire » de l’Afrique ? Dans une situation où l’Egypte ne peut pas appuyer le développement de son réseau électrique sur ses seuls barrages car le pays est devenu un importateur net de pétrole et qu’il a donc besoin de l’énergie nucléaire pour réduire ses importations de pétrole et de gaz naturel. Sur un autre registre, celui de la sécurité, les Occidentaux accusent la Chine d’établir des relations étroites avec des pays sans tenir compte des critères des droits de l’homme tandis qu’ils dénoncent le retour de la Russie sur le continent noir qui vendrait ses méthodes de contre-insurrection expérimentée avec succès en Syrie à des « régimes autoritaires » africains6. Dénonciation qui peut faire sourire dès lors qu’on a en tête les méthodes, et aussi les échecs, des interventions militaires françaises ou américaines au Mali, en Centrafrique ou en Somalie, sans mentionner le Ruanda et l’est aujourd’hui esclavagisé du Congo-Kinshasa (RDC). C’est peut-être la lente déliquescence des pouvoirs africains et du système de la Françafrique consécutive à l’assassinat de Sankara, à la guerre civile en Côte d’Ivoire ou en Centrafrique et dans de nombreux autres pays en principe protégés par la France, qui est parfois doublée par les USA, qui pourrait expliquer pourquoi la Chine ou la Russie ont pu venir remplir un sentiment de vide et de délaissement, à partir de quoi on a assisté à un retour des interventions françaises dans la foulée de la destruction de la Libye jusqu’à ce que Macron cherche à être présent à la fois au Sahel puis sur le théâtre syrien et enfin libanais. D’autant plus qu’à la rivalité avec la Russie et la Chine, on voit se rajouter dans le monde arabo-africain la multiplication de activités de la Turquie et de l’Iran ou de la diaspora libanaise chiite. Quoiqu’on pense de la politique de tous ces pays, il est clair que désormais, se sentant courtisés, les Africains ont devant eux de nombreux choix qui leur permettent de sortir du traditionnel tête-à-tête avec leur ancienne puissance coloniale, ou éventuellement son protecteur d’outre-Atlantique.

On doit aussi rappeler que si les Britanniques dénoncent la montée des activités de la Russie en Afrique en agitant l’épouvantail de ses succès en Syrie7, on sait que les services secrets britanniques ont vendu une opération de propagande encore plus spectaculaire que celle tentée par la France de Fabius et de Hollande, à savoir rendre des mercenaires takfiristes venus de presque toute la planète présentables pour leur permettre de jouer le rôle d’avant-garde de l’influence occidentale. Et l’on voit désormais que les mêmes Britanniques répètent l’opération en Afrique en accusant désormais les Russes d’y répéter leur politique syrienne alors que ce sont les services britanniques qui ne font qu’y répéter leur propre modèle de propagande8. Alors, entre Etats-Unis, Royaume-Uni voire Allemagne, quel est la place laissée à la France dans ce jeu ?

La France de Macron tente de jouer le grand écart, en se lançant sur le plan intérieur dans une n-ème campagne sur le thème islam visé désormais sous le vocable incongru de « séparatisme » tout en dénonçant le « djihadisme » en Afrique, cela après que Sarkozy ai co-organisé avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis la destruction de l’État libyen au profit des « djihadistes », ouvrant ainsi la porte au « djihadisme » dans le Sahel de la part d’anciens trafiquants relookés en fous de dieu. En Afrique occidentale et équatoriale, la France reste toujours incontournable mais désormais, comme d’ailleurs en Syrie, elle tend à chasser en meute avec ses complices et concurrents européens, le Royaume-Uni et l’Allemagne, sous la supervision des Etats-Unis.

Ainsi, si à l’Institut français des Relations internationales (IFRI), on calcule que les investissements russes restent faibles, on concentre son attention non pas sur les nouveaux secteurs mentionnés plus haut mais sur l’exportation des armes où la Russie irait jusqu’à fournir 49 % du total du matériel militaire vendu en Afrique. Le chercheur de l’IFRI ne va toutefois pas jusqu’à creuser plus loin pour mentionner de quels pays proviennent les 51 % restant. On voit là qu’il y a plutôt une rage à avoir perdu presque la moitié de ce marché plutôt qu’à dénoncer le fait que les dirigeants africains éprouvent toujours le besoin d’acheter des armes parce que les pays occidentaux n’ont pas été capables d’assurer la paix et la coopération dans le monde et dans leurs pré-carrés à l’époque de leur « victoire post-guerre froide ». La tonalité des discours des Occidentaux a cependant tendance à donner l’impression que ces derniers sont globalement sur la défensive en Afrique et que leur cohésion est de moins en moins évidente, tandis que les dirigeants russes et chinois sont de moins en moins intimidés par les injonctions, critiques et plaintes occidentales, Lavrov ayant notamment déclaré récemment « Il est temps de cesser d’appliquer les mesures occidentales à nos actions et d’arrêter d’essayer d’être aimé par l’Occident à tout prix ». Il est devenu clair que la pandémie du covid-19 a démontré les faiblesses des économies et l’inefficacité des politiques occidentales alors, qu’avec les moyens du bord, beaucoup de pays africains ne s’en sont pas trop mal sortis et que, là encore, Chine, Russie mais aussi Cuba ont marqué des points. Les graves tensions internationales actuelles pourraient mener vers la guerre totale et mondiale mais on voit aussi émerger des puissances qui semblent en état de prévoir les chocs et de proposer simultanément des politiques durables de développement à long terme. On se demande dès lors pourquoi le bloc occidental, même s’il est touché par des phénomènes de morcellement, n’a pas encore été rejeté dans les poubelles de l’histoire par des puissances en crise comme la France, alors que le cap vers l’Eurasie est ouvert ? Cette situation témoigne du fait que la vassalisation et la pénétration de pays comme la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni sont à ce point profondes qu’ils ne sont pas en état de sortir des ornières dans lesquelles ils ont été placés depuis 1945. A quoi il faut ajouter la peur de puissances ultra- et néoconservatrices devant toute audace et tout changement. Les contradictions actuelles du bloc occidental sont donc moins inter-impérialistes que intra-impérialistes.

 

Panique à Paris et en Europe : les USA prévoiraient de se désengager d’Afrique ! Mais quel est l’intérêt de la présence US en Afrique pour la France ?

« Beaucoup d'aide (militaire) occidentale arrive dans cette région, de la part des Français et des Européens avec le soutien des États-Unis », avait expliqué le 10 mars dernier le chef de l’Africom, le général Stephen Townsend, avant de la juger toutefois « insuffisante et mal coordonnée »9. Les actions des Européens sont jugées à ses yeux peu efficaces, alors que les groupes « djihadistes » qui opèrent dans cette région visent visiblement et on se demande pourquoi l’Europe mais pas vraiment les USA. Ils désorganisent aussi profondément la vie de pays africains aux pouvoirs soumis et corrompus. En conséquence, ce général ne prône pas l’augmentation de la présence US en Afrique occidentale. On peut se demander en lisant entre les lignes ce type de déclarations si les Etats-Unis ne se servent pas contre les puissances européennes des soit disant « djihadistes » recrutés souvent à partir de bandits de grands chemins ou autres lumpenprolétaires, pour mieux les effrayer, les domestiquer, les tenir en laisse, les utiliser et les amener à financer des opérations militaires des Etats-Unis pour le plus grand profit de leur complexe militaro-industriel. Mais on doit également poser la question pourquoi ces Etats devraient continuer dans la voie de ce type de coopération avec les USA, si elle coûte cher et qu’elle est d’une efficacité doûteuse dans la lutte contre le terrorisme ? Terrorisme dont les liens épisodiques avec les services secrets des USA ou d’autres puissances sont connus de tous. Et aujourd’hui on apprend que sous la pression des USA, on ne sait pas trop ce qu’en pensent les Français, des centaines de membres d’Al Qaida arrêtés au Mali on été libérés10. Pourquoi les Européens ne se dégagent ils dès lors pas des bras du pompier-pyromane ? Après tout, il existe maintenant une alternative géo-stratégique, en Eurasie. Serait-ce parce que les élites possédantes françaises ou d’autres pays sont incapables de se dégager elles-mêmes des circuits néocoloniaux de la françafrique qui grèvent et le développement de l’Afrique et la renaissance d’une dynamique économique et politique créative en France ? Donc, si Washington montre sa valse-hésitation au Sahel et se déclare prête à reconsidérer son engagement dans cette région, est-ce que c’est parce qu’elle est si puissante ou parce qu’elle sait que ses associés sont de toute façon si peu autonomes ?

Le général Townsend, lorsqu’il était questionné à la Chambre des représentants sur la révision de la politique américaine en Afrique, a déclaré « Je pense que l'Europe peut et doit faire davantage avant que les États-Unis fassent davantage dans cette partie du monde » mais que « Coordonner ces efforts pourrait en fait être suffisant ». Qu’entendent les USA par « coordonner » ? Se soumettre ? Financer ? Et cela porte-t-il sur le seul volet militaire ou s’agit-il d’une politique « coordonnée » dans le domaine de l’exploitation des ressources africaines et des politiques économiques ?

Selon un récent rapport portant sur les opérations militaires américaines en Afrique rédigé par le Bureau de l'Inspecteur général du Pentagone, un organisme qui se veut indépendant, « la menace terroriste en Afrique persiste et en certains endroits, elle s'accroît »11. Malgré les efforts de la France et des USA ? Le commandement US indique que les activités extrémistes violentes en Afrique de l'Ouest auraient augmenté de 250 % depuis 2018 ! L’Africom dit avoir récemment été amené à devroir modifier sa stratégie en se fixant désormais l'objectif limité de « contenir » les extrémistes et non plus de les « affaiblir », selon l'inspecteur général Glenn Fine. Quelques 6 000 militaires nord-américains sont actuellement déployés en Afrique, dont 800 en Afrique de l'Ouest, en principe pour aider la France mais peut-être aussi pour « sécuriser » les mines d’uranium du Niger, et sans doute aussi pour éviter des coopérations des pays concernés avec la Chine ou la Russie. 500 éléments de leurs forces spéciales sont en Somalie. On doit du coup poser la question sur ces puissances et cette « hyperpuissance » qui ne sont pas en état d’affaiblir des groupes armés composés de vanupieds ?12

Au début de 2020, une partie fine s’est déroulée entre Washington et Paris lorsque la France a voulu pouvoir bénéficier dans ses choix atlantistes en Afrique de l'appui de parlementaires américains, démocrates comme républicains, certains étant très proche de Donald Trump. Dans trois lettres, ils ont enjoint de ne pas retirer de moyens à l’Africom, dans un contexte où, à la mi-janvier 2020, le général Milley déclarait « La question sur laquelle nous travaillons avec les Français, c'est le niveau de soutien que nous leur apportons. Est-ce trop ? Est-ce trop peu ? Est-ce que c'est ce qu'il faut ? ». Alors que le ministre américain de la Défense, Mark Esper, déclarait de son côté à la veille de recevoir Florence Parly, Ministre des armées, « Très franchement, aucune décision n'a encore été prise ». Les États-Unis rappelaient à qui voulait l’entendre que leur « mission numéro un est la compétition avec la Russie ou la Chine », comme l'énonçait d’ailleurs déjà la Stratégie nationale de Défense américaine pour 2018. Et que, pour les Etats-Unis, « sur le plan du contre-terrorisme, je veux m'assurer que nous répondions en priorité aux menaces contre notre territoire national »13. La concurrence économique et politique pour les USA en Afrique vise donc d’abord la Chine et la Russie, et si elle est économique et politique, c’est bien sûr pour éviter le renforcement de ces puissances émergentes mais aussi peut-être pour récolter des bénéfices sur place, forcément au dépens des intérêts économiques déjà présents, donc des intérêts français. Il en va de même quoique à un degré moins important de la présence allemande. Les USA donnent l’impression de vouloir se faire prier par la France. Dans ce contexte, on peut se demander si la menace « djihadiste » est vue aux USA comme une vraie menace ou comme un moyen de pression sur leurs « alliés » ? Et les richesses de l’Afrique ne peuvent pas être négligées dans ce jeu de la part de Washington. On a parfois l’impression que les USA s’amusent avec la France comme le chat avec la souris qui sait qu’au final il aura toujours les moyens de la manger. Tout en contrôlant les potentats africains qui lui sont soumis.

 

Le flou persiste sur la stratégie américaine

Si certains dirigeants, hauts fonctionnaires ou élus à Washington semblent vouloir s’inquiéter d’un éventuel retrait militaire des USA du Sahel, d’autres décideurs, comme le général Townsend, ont estimé que les « djihadistes » sont plus dangereux pour l'Europe que pour les États-Unis. « Les problèmes issus de l'Afrique de l'Ouest se manifesteront en Europe avant de se manifester en Amérique », a-t-il déclaré. La sous-secrétaire à la Défense en charge de l'Europe et l'Afrique au Pentagone, un couplage d’ailleurs révélateur, Kathryn Wheelbarger, constate que « Les Français soulignent l'importance du soutien américain à leurs opérations » car « Il y a simplement certaines capacités qu'ils n'ont pas. ». Du coup, « Ce que nous avons essayé de faire, c'est de les encourager à accélérer leurs processus de décision quant à l'acquisition de ces capacités, pour qu'ils ne dépendent plus du soutien des États-Unis ». Le sort des 4 500 soldats français présents au Sahel seraient donc dépendant du bon vouloir de Washington ? On a vraiment l’impression qu’on se partage les rôles à Washington car Paris est en position de demandeuse dans son propre pré-carré post-colonial. Qu’entendent en fait les Etats-Unis par l’acquisition de capacités ? L’achat de matériel militaire US ? Le financement de conseillers US ? Le financement d’une présence militaire US ? Le financement de la maîtrise par les Etats-Unis des communications satellitaires ? Pourquoi la France n’aurait-elle pas les capacités pour faire face seule à la situation et pour défendre les restes de son empire ? En quoi son armée est-elle désuète ?

De son côté, pour Elie Tenenbaum, chercheur à l’IFRI, « La France et les Etats-Unis sont de moins en moins alignés » car Washington est moins préoccupée par la menace terroriste que par la présence de la Chine et de la Russie sur le continent africain14. Alors que la ministre française des armées, Florence Parly, annonçait le 2 février 2020 l’envoi de 600 soldats supplémentaires au Sahel, portant l’opération « Barkhane » à 5 100 militaires, à Washington, Donald Trump demandait de redéployer ses moyens pour les concentrer face à la Chine et à la Russie, tendant à réduire les forces de l’Africom, ce qui a provoqué la crainte de Paris qui semble considérer qu’un retrait de son partenaire d’outre-Atlantique mettrait en grande difficulté ses opérations au Sahel, à savoir, celles conventionnelles de « Barkhane », mais aussi celles de ses forces spéciales de la mission « Sabre ». En fait, les deux pays sont dans une situation de rapports inégaux dans lesquels la France se retrouve dans une position plus affaiblie qu’elle ne l’a jamais été depuis 1945. Son comportement démontre publiquement que Paris et Washington auraient deux visions stratégiques différentes en Afrique même si leurs forces agissent côte à côte mais pas de manière coordonnée. Ce qui démontrerait au mieux pour Paris un manque de volonté de la part de Washington de tenir compte des intérêts du petit impérialisme français en Afrique, au pire, qu’on est en état de l’amener à se soumettre encore plus. Quand quatre soldats américains ont été tués à Tongo Tongo, au Niger, en octobre 2017, la coûteuse opération menée par les USA en liaison avec les forces nigériennes n’a pas été communiquée aux Français, ce qui démontre clairement que Washington ne reconnaît plus l’ex pré-carré français qu’elle lui reconnaissait pendant la guerre froide, qu’elle n’a pas envie de tenir compte des humeurs de son supposé allié, voire que les intérêts des deux pays ne coïncident pas sur le plan sécuritaire, mais peut-être aussi sur d’autres plans. En tous cas, les USA font ce qu’ils veulent dans ce qui était le pré-carré français.

L’opération Tongo-Tongo a coûté cher aux USA, et elle a sonné le début d’exigence de la part de Washington pour que les Français, voire les Européens si Paris s’en révèle incapable, participent au financement de leurs opérations militaires. C’est dans ce contexte qu’on doit examiner les raisons qui permettent d’expliquer pourquoi Paris, même humiliée, semble tant craindre le départ des forces US de son « arrière-cour » africaine. Si un général US déclare que « Les Européens sont mal coordonnés au Sahel », est-ce que cela veut dire que les Etats-Unis veulent « remettre de l’ordre » dans cette partie du monde en prenant plus d’importance au dépens de la France ou qu’ils veulent qu’on les prie de rester en en payant le prix, ou encore qu’ils préparent leur sortie, sachant que l’hyperpuissance d’après 1991 n’a plus les moyens d’être une superpuissance en position de force, à la fois en Afrique, en Asie occidentale et dans ce qu’ils appellent la zone « Indo-Pacifique » ?
 

USA et France ont ils les mêmes intérêts stratégiques en Afrique ?

Depuis la fin du mandat de Barack Obama, les rapports sont difficiles entre Paris et Washington qui n’a jamais voulu en fait s’impliquer militairement trop directement sur le continent africain, même si elle voulait y conquérir des parts de marchés et surtout limiter les possibilités d’accès à des ressources vitales de la part de la Chine puis de la Russie. Les Etats-Unis restent en principe dans la logique du « leadership from behind » qui avait autrefois, pendant la guerre froide, laissé à la France l’apparence de son ancienne puissance et des profits tirés de l’exploitation des marchés locaux, alors que Washington avait à l’époque suffisamment à conquérir ailleurs. Ce qui n’est plus tout à fait le cas. Les deux pays ont à partir de 2011 ensemble participé à la désorganisation de toute la zone arabe, de la Libye à la Syrie, et la France, « cerise sur le gâteau », a même rejoint en 2014 les efforts des USA dans un Irak qu’elle avait refusé d’envahir en 2003. Tout cela est aujourd’hui devenu trop coûteux pour les Etats-Unis alors que les résultats en terme de parts de marché de toutes ces interventions se sont faits attendre. Quand les chefs d’Etats africains à l’indépendance doûteuse ont vu leurs ressources se tarir, ils ont cru que la manne pourrait revenir si le prétexte du terrorisme permettait d’attirer des financements et de sécuriser leurs pouvoirs. Les USA se sont engagés alors sur ce terrain, de la Somalie au Sahel, en marchant sur les plattes bandes de la françafrique qui n’avait plus de moyens suffisant pour se défendre, ce qui au final n’a contribué qu’à multiplier les foyers de tensions et la formation de groupes armés aux mains de seigneurs de la guerre locaux. Aujourd’hui, comme ils le font en Europe, les USA demandent aux Français et aux Européens de financer la participation américaine à la sécurisation de leur pouvoir tout en contrant les rivaux chinois et russes, c’est finalement à cela que le terrorisme aura servi.

 

Une puissance US en perte de vitesse et une France essouflée : Les Européens peuvent-ils compenser ?

La France n’aurait plus, selon les dires en provenance des USA, les capacités suffisantes en matière de renseignement, de renseignement électromagnétique, de surveillance, de reconnaissance, de transport stratégique et de ravitaillement en vol et elle ne contribuerait pas, selon Washington, à hauteur de 45 millions de dollars aux opérations de soutien de l’Africom au Sahel. Mais quand on observe l’état de déliquescence de l’armée des USA, on se dit que cette dernière tient au final car elle peut encore s’appuyer sur la puissance magique du dollar mais que les spirales de dépenses militaires publiques doivent constamment augmenter alors que les moyens stagnent au mieux et que les entreprises privées d’armement augmentent leurs bénéfices tout en produisant des armes de moins en moins performantes, voire pleines de défauts conceptuels ou de fabrication15.

 

Plusieurs pays européens participent aux opérations en Afrique, Espagne, Allemagne, etc. ce qui leur permet aussi d’entrainer leurs troupes et de tenter de placer leurs entreprises sur les marchés locaux. Africom est en fait une structure américaine dont le commandement est basé en Europe, sous le commandement de la structure militaire américaine en Europe, l’Eucom, et elle semble liée aux intérêts de la branche européenne du complexe militaire américain. Elle plaide donc pour le maintien de l’aide aux Français, face aux décideurs US qui semblent décidés à aller plus vite dans le désengagement sur le terrain et à trouver chez les Européens les financements nécessaires pour conserver l’hégémonie US tout en ne risquant plus rien, et surtout tout en ne dépensant rien mais, au contraire, en recevant les primes du « leadership from behind ». Globalement, les USA et l’Africom restent concentrés sur Djibouti et l’Océan indien, face à la Chine, et en Afrique occidentale, le seul pays où ils sont fortement engagés est le Niger, le pays de l’uranium. Est-ce un hasard ? S’agit il de mettre la main sur ce minerai ou d’empêcher la Chine d’en profiter ?

 

Quel intérêt pour les Africains ?

L’Afrique recèle un potentiel de ressources extraordinaires et elle jouit d’une population jeune, inventive, courageuse et pleine de projets, ce qui, à terme, devrait permettre à ce continent de sortir de la pauvreté. Jusqu’à présent son développement était grevé par le maintien de structures néocoloniales qui entretenaient la plupart des pays dans un cycle de dépendance et de tête-à-tête avec l’ancienne puissance dominante. La Seconde Guerre mondiale a considérablement affaiblit ces puissances, ne laissant au premier rang que les Etats-Unis qui entrèrent en rivalité avec l’Union soviétique, ce qui donna aux Africains quelques marges de manœuvres qui disparurent dans les années 1990 poussant ce continent vers une régression d’autant plus forte qu’elle se faisait dans le cadre du carcan néolibéral alors dominant. Aujourd’hui, d’autres pays périphériques par rapport à l’ordre capitaliste ou post-colonial ont émergé, ce qui menace les positions des puissances impérialistes traditionnelles, et ouvre des possibilités de choisir des partenaires moins gloutons. Tandis que le bloc occidental est marqué par des contradictions majeures qui se manifestent jusqu’à son sommet. Mais le conservatisme des élites possédantes d’Europe occidentale les empêchent de se dégager du carcan qui pèse sur elles, si bien que les Etats-Unis continuent à pouvoir dicter leurs règles en profitant de la peur de déstabilisation qui taraude les Européens. Dans ce contexte, la France perd constamment ses positions tout en continuant à vouloir rattacher les restes de sa puissance à la puissance nord-américaine en chute à l’échelle mondiale sans contrer l’hégémonie allemande au niveau européen. L’Afrique francophone a encore à payer un tribut à son ancienne puissance coloniale, ce que symbolise particulièrement le Franc CFA, malgré les tentatives de son relookage. Mais la France n’a plus les moyens de sa puissance au moment où les Etats-Unis essouflés sont amenés à vouloir faire financer par d’autres toutes leurs entreprises. Ce qui sur le court terme représente sans doute un second tribut que les Africains doivent payer. Mais cette situation de double occupation semble provoquer des résistances grandissantes qui peuvent profiter du jeu existant entre toutes les puissances, ascendantes ou descendantes.

 

Notes :

1Conférence prononcée le 10 octobre2020 à la Conférence-débat sur le thème : « Soldats français hors d’Afrique » organisée par l’Association nationale des Communistes à Saint-Denis.

2 <https://histoireetsociete.com/2020/09/26/lincontinence-verbale-des-occidentaux-na-plus-dimportance-pour-les-russes >; Phil Butler, chercheur politique, analyste, politologue et spécialiste de l’Europe de l’Est, est l’auteur du récent best-seller “Putin’s Praetorians” et d’autres livres. https://journal-neo.org/2020/09/25/western-metrics-no-longer-matter-for-russians/

3Rappelons ses premiers discours en principe atypiques sur la Syrie, la Russie, la Chine, l’Afrique, la Biélorussie ou le Liban qui contrastent très vite après quelques semaines avec ses déclarations ultérieures.

4Voir sur ce sujet en particulier l’ouvrage de Dorota Dakowska, Le pouvoir des fondations. Des acteurs de la politique étrangère allemande, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, coll. Res Publica, 2014. Et son mémoire de DEA soutenu à l’université de Straasbourg qui a précédé.

5 < https://oilprice.com/Energy/Energy-General/Why-Russia-Is-Pushing-Unneeded-Nuclear-Power-Plants-On-Egypt.html>

6 Samuel Ramani du Royal United Services Institute for Defense and Security Studies (RUSI)

7 < https://thegrayzone.com/2020/09/23/syria-leaks-uk-contractors-opposition-media/ >

9 < https://www.lepoint.fr/afrique/les-europeens-mal-coordonnes-au-sahel-selon-un-general-americain-11-03-2020-2366736_3826.php >

10 < https://french.presstv.com/Detail/2020/10/08/635918/Mali-les-USA-veulent-maintenant-étouffer-les-FAMAS >

11Idem

12Idem

13Idem

15 < https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/20120504trib000697060/le-f-35-grandeur-et-decadence-du-programme-militaire-vedette-americain-.html > ; < https://www.lepoint.fr/monde/f-35-l-avion-de-chasse-de-l-armee-americaine-incapable-de-viser-01-02-2020-2360761_24.php > ; < https://fr.sputniknews.com/international/201806051036668133-armes-defaut-armee-USA/ >

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