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  • : Philo-socio-anthropo-histoire. Revue en ligne éditée par une partie de l'ancienne rédaction de "La Pensée" exclue en 2004, élargie à d’autres collaborateurs et consacrée au renouvellement de la pensée critique de la globalisation, du politique, de l’économique, du social et du culturel.
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Revue en ligne éditée par une partie de l'ancienne rédaction de La Pensée exclue en 2004, élargie à d’autres collaborateurs et consacrée au renouvellement de la pensée critique de la globalisation, du politiq
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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 10:58

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Si les premières manifestations de la « Révolte arabe » ont surpris les médias occidentaux qui n'ont pas vu venir l'événement malgré, par exemple, la multiplication des conflits sociaux durs en Egypte au cours de l'année 2010 et les réactions positives de la « rue égyptienne » envers les militants de la marche internationale sur Gaza bloquée par les autorités, ils se sont ensuite en partie rattrapés en rapportant assez fidèlement l'évolution des événements en Tunisie puis en Egypte. Force est de constater en revanche l'échec de ceux qui ont dès lors voulu prévoir un enchaînement mécanique des « révolutions » dans tous les pays arabes. Les informations se sont faites assez floues à propos des événements dans l'émirat o combien stratégique de Bahrein et les autres pays du Golfe arabo-persique, et très partielles, voire partiales, en ce qui concerne le conflit qui divise la Libye. Nous avons par ailleurs peu d'analyses tentant d'apporter une réponse à la question de savoir pourquoi tel pays est atteint par la vague de fond et tel autre ne l'est pas, ou moins. Parmi les pays stratégiquement importants, l'Algérie, où d'aucuns prévoyaient une vague révolutionnaire imminente qui ne s'est pas produite pour le moment. Ce qui nécessite des explications.

Chose à laquelle nous allons tenter d'apporter des élements de réponse, en profitant de l'occasion qui s'est offerte d'une visite dans ce pays.

La Rédaction                                                                                                                                                            


Algérie, Europe, Révoltes arabes

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Récit de voyage

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Mars 2011

 

 Bruno Drweski

 

Je reviens d'une semaine passée en Algérie, fin février 2011, loin, loin, dans le Sahara, au milieux d'amis avec qui j'ai conversé le soir dans leurs grands salons, « au son » de la Télévision, branchée en alternance sur Al Jazeera, Al Manar, la TV syrienne, la TV iranienne, la TV de la Jamahiriya libyenne, la TV algérienne, CNN arabe, BBC arabe, France 24, CCTV arabe, Russia today arabe, etc, etc, etc ... Un pluralisme inimaginable dans nos contrées "pluralistes"... On a beaucoup parlé de Twitter et de Facebook à propos des révoltes arabes, mais, avant cela, le cercle des pays de langue et de culture arabes a eu cette opportunité d'avoir, à côté de dictatures vermoulues et sans plus d'idéologies, la possibilité quasi-unique sur toute la planète d'accéder à une pluralité d'informations incomparable avec ce que nous connaissons ailleurs, sauf peut-être dans une certaine mesure en Amérique latine.

 

Donc, même si le « monde arabe » lit dramatiquement peu aujourd'hui, il n'en est pas moins paradoxalement beaucoup mieux informé que les « opinions publiques » occidentales. Une des raisons sans doute qui explique d'ailleurs les campagnes islamophobes à répétition lancées par ceux qui, bien qu'encore puissants, voient leur monde s'effriter, alors que des flux d'informations et d'idées « dangereuses» affluent grâce à la langue arabe jusque dans « leurs » banlieues. J'ai donc pu avoir en Algérie de nombreuses discussions qui seraient inimaginables dans nos contrées « tempérées ». Avec des interlocuteurs reliés en plus à internet, youtube, facebook. Petits entrepreneurs, boutiquiers, universitaires, fellah, gendarmes, imams, militants d'opposition, employés de l'administration, laïcs, religieux, liés par dessus leurs conditions par des liens d'amitié, de fraternité, de génération, de formation, de famille, de tribus, etc, etc, etc ...Le courant est passé. Dans les salons et dans le désert, en mangeant le mouton et en buvant du thé à la menthe du Sahra (thé made in the PR of China) ... L'Algérie, un pays où la plus grande « communauté immigrée » ce sont désormais les ...Chinois. Autre élément qui contribue à « désoccidentaliser » ce pays.

 

Quelques réflexions pour lesdits « citoyens » de l'Union européenne

Un « citoyen » de l'Union européenne s'étonnera, en débarquant en Algérie, de constater que l'Algérie est « si calme » par rapport aux autres capitales arabes. Mais il devrait d'abord s'étonner de découvrir que certains problèmes qu'il croyait circonscrit à la rive nord de la Méditerrannée et insolubles pour le moment, trouvent des solutions ….sur la rive Sud.

 

1/ La question des retraites : L'Algérie, « comme tout le monde », prévoyait jusqu'à il y a quelques mois de repousser l'age de la retraite fixée actuellement à 32 ans de service, à l'age de 62 ans, voire plus, en raison des « contraintes », de « réalités incontournables », du « réalisme », de la « mondialisation », ...etc, etc, etc ...bref, des « conseils » du FMI (sous la présidence du socialiste Dominique Strauss-Kahn, faut-il le rappeler, celui là même qui bénissait il y encore si peu de temps le président tunisien Ben Ali, tout en soutenant vigoureusement son rapprochement avec Kaddafi 1). Bref, à Alger comme à Paris ou à Bruxelles, c'était la même chanson que nous fredonnaient les cercles « responsables » : Travaillez plus pour avoir moins. Et, soudainement, cette Algérie là a fait machine arrière fin février 2011 devant des menaces de manifestation sur le sujet. Le gouvernement a déclaré que la retraite serait maintenue à 32 ans de services et qu'elle ne bougerait pas, preuve que c'est possible ! ...Leçon que devraient méditer les Français, en particulier les militants syndicaux, qui ont battu le pavé en France pendant plusieurs mois, par millions, sans résultats.

...Première question à poser : Pourquoi ?

 

D'autant plus que, en prime, le gouvernement algérien a confirmé à l'occasion le maintien d'une loi relativement récente sur la préretraite (et qui était pourtant dénoncée il y a encore peu par les cercles « responsables » comme étant déjà « archaïque »), loi qui permet à un salarié algérien de quitter son emploi après un nombre d'années de travail variant selon les secteurs pour bénéficier immédiatement d'une préretraite calculée à partir des annuités effectuées ...Loi qui a été adoptée pour permettre de faciliter l'accès à l'emploi des jeunes chômeurs.

 

2/ La question de la réforme de l'éducation supérieure Licence-Master-Doctorat (LMD) : Adoptée il y a quelques années en Algérie, comme dans tous les pays de l'UE et une vingtaine d'autres pays du monde, sur les « conseils » de l'Union européenne et du FMI, la loi LMD, dans le cas algérien, a quand même prévu que, pour une période d'essai, les étudiants pourraient choisir entre le nouveau système et l'ancien système maîtrise-DEA-doctorat, semblable à l'ancien système français. Mesure de précaution rendue possible par le fait que l'Algérie, à la différence des membres de l'UE ou des Etats trop associés à l'UE comme la Tunisie, garde une certaine marge de manoeuvre.

 

...Mais les pressions « internationales », supranationales devrait-on plutôt dire, du FMI et de l'UE, ont fait que les étudiants de la filière LMD furent rapidement favorisés par rapport à ceux de la filière « traditionnelle » ...en dépit de leurs résistances et de la mobilisation sur ce sujet du Parti des travailleurs algériens (le plus grand parti trotskyste (lambertiste) au monde avec une représentation parlementaire de 26 députés sur 389) ...Et du fait que les entrepreneurs algériens (en général de PME-PMI) préfèrent le plus souvent embaucher des étudiants issus de la filière « traditionnelle » qui, à leurs yeux, sont jugés comme étant mieux formés. Bref, malgré les résistances, dans les faits, la filière LMD semblait en passe de s'imposer, par « réalisme », comme partout ailleurs dans le monde ...jusqu'à la fin du mois de février 2011 lorsque, après seulement trois jours de grèves et de blocage des universités par les étudiants de la filière « traditionnelle », le gouvernement a fait machine arrière et accepté les exigences des manifestants d'égaliser dans les faits les deux systèmes. Pourquoi ? Voilà la seconde question à poser.

 

Et, depuis cette décision, ce sont les étudiants de la filière LMD qui protestent car ils se sentent floués pour avoir choisi une filière conseillée, et déconsidérée.

 

3/ La question du pourquoi des mesures sociales prises actuellement: Partout en Algérie comme dans tous les pays arabes, ce n'est en ce moment qu'augmentations de salaires, mesures sociales favorables aux démunis, constructions de logements, grands chantiers de chemins de fer, de routes, etc. Le gouvernement vient fin février d'introduire une loi prévoyant que tout citoyen souhaitant lancer sa propre entreprise (particulièrement les femmes au foyers) pourrait recevoir un prêt pouvant atteindre l'équivalent de 100 000 euros, à taux 0% ! Voilà qui pourrait réconcilier et les partisans de la sensibilité socialiste avec ceux de sensibilité islamiste (puisque le socialisme condamne le capitalisme et l'islam le crédit à taux usuraire). Pourquoi est-ce possible ? Voilà la troisième question à poser.

 

Toutes ces questions sont d'autant plus pertinentes que, il y a peu, de ce côté-ci de la Méditerrannée comme de ce côté-là, c'était le même discours qui était entendu : « l'Etat ne peut pas tout faire », « Soyez responsables », « Soyez patients », « Il y a la mondialisation », « Il y a la crise mondiale », « Il y a la démographie », etc. Mais, entretemps, sur la rive Sud, le vent de la révolte a balayé les pays arabes depuis que Mohammed Tarek Bouazizi a enflammé par son sacrifice ses compatriotes. Les questions que nous avons posées poussent donc surtout à réfléchir non pas tant sur l'Algérie, non pas tant même sur les révolutions arabes, mais véritablement sur le centre du problème qui a donné naissance à ces révoltes, sur les fondements de la machine à uniformiser le monde. Car, si l'on examine bien les choses, les révolutions arabes sont avant tout l'effet de toute cette machinerie. Ce que ceux qui écoutent la rue arabe ont entendu, tandis que les autres, médiocrates compris, se sont focalisés sur les slogans « Ben ali, Moubarrak, Kaddafi, etc, etc, etc, Dégage ! ». En se concentrant sur le symptôme et non pas sur la cause de la maladie. Alors même que la plupart des slogans répétés lors des manifestations, des grèves, des combats parlaient de dignité, de souveraineté populaire et d'impérialisme. Et ce d'autant plus que ce sont les hymnes nationaux et les drapeaux nationaux qui ont accompagné ces révoltes, au moment où le discours dominant la planète parle de la disparition des nations et de la nécessaire « régionalisation » à l'heure de la globalisation.

 

Dans le cas du monde arabe, ce phénomène prend toute son ampleur si l'on prend en compte que la dimension tunisienne, égyptienne, yéménite, bahreinie, libyenne, irakienne, palestinienne, etc ...se cristallise dans le cadre d'une non moins réelle unité linguistique et culturelle arabe. Chose inexistante à ce degré en Europe. Les Arabes donnent donc au monde « globalisé » une étonnante leçon « d'inter /-/ nationalisme », terme qu'il faudra peut-être réapprendre dans son sens premier d'émulation entre nations souveraines et s'influençant mutuellement dans la liberté. La fierté arabe peut aujourd'hui bien se décliner car elle repose d'abord, par exemple dans le cas égyptien, sur une fierté égyptienne renaissante. L'unité linguistique réelle du monde arabe a permis la circulation d'informations et d'idées à une échelle incomparable sur la planète, à l'exception peut-être du monde ibéro-américain, mais cette mobilisation, pour devenir réalité, a dû d'abord prendre racine dans le terroir national. Une dialectique entre peuple (Kawm) et communauté (Oumma)2.

 

C'est aussi ce qui explique que la dimension religieuse « pan-islamique » n'est ni absente ni omniprésente dans ces révolutions. Simplement, et n'en déplaise aux théoriciens du « clash des civilisations » et aux idéologues de « la guerre contre la terreur », cette dimension n'a pas à être systématiquement mise de l'avant puisqu'elle constitue une strate « naturelle » de ces sociétés qui recherchent avant tout l'unité pour le changement. Ce qui explique pourquoi la grande prière musulmane du Vendredi sur la place Tahrir qui a suivi la chute de Moubarrak a été précédée par des prières chrétiennes. Elle a vu plusieurs millions de fidèles musulmans (mais aussi chrétiens) écouter la prêche du prédicateur égyptien rentré d'exil Yusef Al Qaradawi, celui-là même qui est souvent jugé « intégriste » par les médias occidentaux. Mais il est vrai que ses appels ne pouvaient pas ne pas faire frémir les promoteurs des conflits de civilisations puisque, non seulement il a appelé à l'unité des luttes nationales jusqu'à l'élimination des fondements des dictatures en bânissant les clivages religieux, mais aussi ...à ouvrir ensemble le chemin de Jérusalem. Fragment de la prêche que les commentateurs occidentaux ont préféré taire. Et que tous les Arabes, tous les musulmans mais aussi tous les chrétiens, religieux comme « laïcs », ont bien entendu en revanche.

 

Bref, dans ce contexte à la fois « national », pan-arabe et pan-islamique mais « oecuménique », une question se pose concernant l'Algérie :

 

Pourquoi la révolution en Algérie n'a pas encore (?) éclaté ?

Beaucoup d'analystes reprenant la théorie des dominos, qui eut son heure de gloire en Indochine post-coloniale puis dans le bloc soviétique finissant, l'appliquent désormais mécaniquement de la Tunisie à la Libye en passant par l'Egypte et Bahrein, sans comprendre pourquoi ici ou là quelques pays semblent épargnés par ce vent de révolte. l'Algérie ou la Syrie entre autres3. Si l'on écoute la rue algérienne en revanche, on comprend mieux la « spécificité » algérienne ...Avec sa gouaille et son humour, il faut savoir l'écouter.

 

Voilà donc, en résumé, ce que l'on entend dans ce pays traversé depuis de nombreuses années par des incessantes vagues d'émeutes de jeunes, et qui, a priori donc, aurait pu basculer plus tôt que les autres dans la révolte, puisque l'Algérien ignore la peur depuis longtemps et manifeste une grande fatigue devant le « système » dans lequel il doit vivre, et pourtant...

 

Voilà, tel que résumé ici, ce que l'Algérien lambda aura tendance à répondre si on lui demande, à lui qui s'enthousiasme en regardant le petit écran les événements qui enflamment les pays voisins, pourquoi lui même, qui ne fait que dénigrer le « système » dans lequel il vit, pourquoi il ne fait pas la révolution chez lui : Cet Algérien dira en général : « Nous ne ferons pas la révolution ICI et MAINTENANT parce que » :

 

- depuis plus de 30 ans nous n'avons plus de présidents (ou de rois) dictateurs à renverser comme chez les voisins, nous avons comme chez eux maintenant un président potiche, plutôt sympathique même,

 

- depuis 30 ans, nous avons un gouvernement sous surveillance des militaires, ...comme maintenant chez nos voisins qui ont renversé leurs dictateurs,

 

- nous avons déjà fait notre place Tahrir en octobre 1988, les autres Arabes viennent de refaire la leçon que nous avons apprise à l'époque,

 

- nous avons le pluralisme politique, 21 partis légaux, une presse libre et souvent même acerbe, une opposition légale (mais souvent jugée stérile et stupide), ce que les autres Arabes viennent seulement d'obtenir,

 

- nous avons un peuple jeune, plein d'énergie et d'imagination, libre dans sa tête, comme les autres Arabes, mais eux ils viennent de le découvrir, nous, nous le savons depuis 30 ans,

 

- les manifestations algériennes des dernières semaines sont dans une large mesure organisées par des petites chapelles politiciennes qui sont tout aussi systémiques ...qu'elles sont d'opposition : « blanc bonnet bonnet blanc ». Surtout à cause du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), arabophobe, ethniciste, berbériste, régionaliste, islamophobe, réactionnaire, pro-impérialiste, éradicateur. Et qui, alors qu'il prônait une Algérie désarabisée, veut soudain se mettre tout d'un coup au diapason des révolutions arabes. RCD qui accueille désormais dans ses manifestations et l'ancien premier ministre Ahmed Benbitour, consultant du FMI et de la Banque mondiale, et Ali Belhadj, l'ancien leader du Front islamique du salût (FIS), « l'ultra-islamiste » tout aussi rejeté que le RCD. En particulier par la jeunesse algérienne. Car les révolutions arabes sont avant tout le fait d'une jeunesse qui souhaite la fin du règne des chefs d'un autre âge, au pouvoir mais aussi dans l'opposition. Autrement dit, les organisateurs des manifestations actuelles en Algérie sont en grande partie des hommes considérés comme les résidus des deux côtés de la décennie noire et qui tentent de retrouver le chemin de la « rue arabe » ...arabité, qu'ils ignoraient, les uns au nom d'une berbérité pourtant désagrégée par la modernité et l'urbanisation, les autres au nom d'un islamisme strictement réactif face à la modernité, et qui n'a donc pas grand chose à voir avec l'islam. Chefs autoproclamés qui refusent en fait et l'islam et le socialisme, les uns lorgnant de fait via Riad vers Washington et Tel Aviv, et les autres via Paris, vers Washington et Tel Aviv. Comme d'ailleurs les gouvernements en place qui se sont succédés depuis la mort (l'assassinat ?) de Houari Boumedienne.

 

Une Algérie prête à dépasser l'étape actuelle de mûrissement des sociétés arabes

l'Algérie est de l'avis de ses habitants un pays étrange où, dans le camp gouvernemental, on retrouve des anciens éradicateurs « ultra-laïcistes », des islamistes « modérés », avec « au centre » des « nationalistes » assez compromis. On y trouve des généraux accueillant des dignitaires des armées US ou françaises et leurs services de renseignement, et même une base plus ou moins secrète de l'US army au Sahara4. Un pays où, dans l'opposition, on retrouve, de même, des anciens chantres de l'éradication usés, aux côtés d'anciens « islamistes » plutôt fatigués. Un pays où, dans la capitale comme à Oran, dans une même rue des beaux quartiers ont « fleuri » depuis la « libéralisation » des années 1980 et des années noires de la décennie 1990, de très grandes villas appartenant à des généraux ultra-laïcistes apparemment assagis, ou à des anciens du « terroristes islamistes » « pardonnés » ...Et un cortège de plus de 100 000 morts dont on ne sait plus qui les a assassinés, qui a manipulé, qui la peur de « l'islamisme », qui la haine de « l'Occident impie »5.

 

Ce panorama intériorisé par « le petit peuple » algérien, de Bab el Oued aux oasis du Sahara, permet de croire à beaucoup que, dès le début, « laïcs » et « islamistes » n'étaient que des noms de code pour un même système de clans qui ne rivalisaient que pour mieux se partager les richesses nationales à privatiser dans un gigantesque hold-up national, facilité par le climat de terreur et de meurtres qui a régné au cours d'une « fausse guerre civile » mais d'une « vraie prise de possession des biens publics » Et dont certains font même remonter la source à la fin de la guerre de libération nationale6.

 

Les « vrais islamistes » (les vrais musulmans) et les « vrais laïcs » viennent semble-t-il tous deux de comprendre qu'ils ont été les jouets de manipulateurs d'idéologie. Bref, les Algériens sont ...très contents car :

 

- les Arabes ont tous retrouvé leur honneur quelque part sur le chemin reliant la petite bourgade tunisienne de Sidi Bouzid à la grande place de la Libération (Tahrir) de la métropole égyptienne et arabe du Caire (« La Victorieuse » - Al Kahira).

 

- les révolutions arabes font donc que, sans avoir à sortir en masse dans la rue, les pouvoirs algériens reculent depuis quelques semaines devant toutes les revendications populaires (LMD, retraites, etc.). J'ai même été moi même témoin d'une scène à l'entrée du marché de Bechar où un petit vendeur de tomates avait placé son stand « sauvage » à l'entrée du marché couvert réglementé. Visiblement sans payer le droit d'accès, ce qui explique pourquoi le policier lui demandait gentiment de partir. Les policiers algériens ont un comportement assez débonnaire qui tranche avec celui qu'on a pu voir dans plusieurs dictatures arabes. Le petit marchant, pas décontenancé, refusait d'entendre le flic qui finalement fit appel par radio à un officier qui vint avec plusieurs de ses hommes parlementer avec le petit marchand. Celui-ci n'en continua pas moins à vociférer, argumentant qu'avec le « système » en place, il n'avait pas de quoi payer le marché ...Après quoi, silence, et l'officier dit à ses hommes : « Bon ! On s'en va ! », laissant le petit marchant vendre ses tomates. Comportement qui rendait très fiers mes amis algériens qui considèrent que, depuis quelques semaines, on pouvait tout obtenir pour peu qu'on l'exigea avec un minimum de fermeté et qu'une telle situation qui permet à la peur d'atteindre les sommets de l'Etat est bonne pour l'équilibre d'un pays. Leçon à méditer sur la rive nord de la Méditerrannée, après les manifestations que nous avons connues au cours de l'année 2010 en Grèce, en Espagne, au Portugal, en France, en Italie, en Irlande, en Grande-Bretagne, etc.

 

Ce qui n'empêche de constater que dans un pays comme l'Algérie regorgeant de pétrole et de gaz, au potentiel minier et agricole impressionnant, le désespoir reste grand. Il suffit de compter le rythme des immolations qui ont suivi celle de Bouazizi. Le peuple algérien n'a cependant dans sa masse plus à descendre dans la rue, les autres Arabes « font le boulot » pour lui.

 

Attendre la Révolution ?

Si quasiment tous les Algériens critiquent « le système », y compris souvent les petits flics et les petits gendarmes, pourquoi n'y a-t-il donc pas encore de révolution dans un pays qui a pourtant connu et la longue guerre de libération nationale et les grandes mobilisations populaires qui ont succédé au démantèlement du « socialisme arabe » ?

 

On est tenté de répondre, même si les phénomènes de masse laissent toujours une zone inconnue : Parce que tous les Arabes sont depuis Bouazizi tous réunis (enfin !) au même niveau de conscience, et que l'alignement des rangs, un peu comme au début de la prière musulmane, prend un certain temps. La révolution générale, prochaine étape donc ?

 

Peut-être, si, ensemble, dans toutes les sociétés arabes, on n'aura nulle part plus à faire céder tel dictateur ou tel autre, on n'aura plus à lutter pour avoir une presse libre et une opposition, comme c'est déjà le cas en Algérie depuis 30 ans, ce que tous les Arabes sont en train d'obtenir, pays par pays. Alignement des rangs qui leur permettra peut-être de découvrir que ce ne sont pas les politiciens professionnels, au pouvoir ou dans l'opposition, qui permettent de régler les problèmes. Quand ils pourront s'attaquer donc, « tous ensemble », au coeur du système, c'est-à-dire au complexe militaro-policier et surtout, à ceux qui sont réellement derrière lui, au niveau mondial, et qui ont pour nom FMI, Banque mondiale, Wall street, Bilderberg, Davos, paradis off-shore et leurs bras policier, l'OTAN avec ses réseaux « informels » de prisons secrètes de la CIA délocalisées, pour le moment toujours abritées chez tel ou tel dictateur, éjectable lorsqu'il a cessé d'être utile et devient trop compromettant 7.

 

Voilà ce que tous les Arabes semblent avoir compris et voilà le message qu'ils ont envoyé au monde entier. Là, quand tous les rangs seront alignés, les Algériens descendront peut-être dans la rue ou feront la grève générale8. Ils savent que l'ennemi c'est « le système », comme on dit là-bas, car, y compris le plus petit marchand ambulant, parle du « système ». Et, à la différence d'un dictateur, un système ne « dégage » pas, il s'effondre sous les coups de boutoir du peuple mobilisé et on le remplace alors par autre chose. Pour le moment, vu d'Algérie, tout est imbriqué : Algérie, monde arabe, Union européenne, espace Schengen, mondialisation, impérialisme US, etc. Voilà pourquoi les Arabes sont, en terme de conscience politique, en avance sur ceux qu'on appelle en bloc les « Européens » ou « les Occidentaux », ignorant bien souvent leurs spécificités. Mais de ce côté-ci de la Méditerrannée, la révolte gronde aussi, en Grèce, au Portugal, en Italie, en France, en Espagne, en Irlande, etc. Elle est toutefois déjà en train d'aboutir à des résultats, ...en Islande.

A méditer.

 

Suite donc au prochain épisode.

 

EN GUISE DE POST-SCRIPTUM

 

Revenu d'Algérie, après avoir écris les impressions livrées plus haut, le hasard, ou « mektoub » (le destin), me mit entre les mains un journal9français où je retrouvais de larges extraits d'un éditorial de Louisa Hanoun, dirigeante du Parti des travailleurs algériens, députée à « l'Assemblée nationale populaire de la République algérienne démocratique et populaire ». Une figure de l'opposition dite responsable et qui, à sa façon, explique ce que j'ai essayé de décrire plus haut, à savoir pourquoi la Révolution algérienne, qui a commencé en 1954, doit être certes poursuivie, mais pas selon le schéma pris dans les pays voisins où la situation est différente. Cet éditorial datant du 10 février 2011, est paru dans l'organe de son parti, Fraternité. Dans la foulée des articles parus dans le numéro précédent, en particulier celui de la fin janvier 2011 : « Egypte – le serviteur de l'Amérique et d'Israël chassé par le peuple » et « Tunisie – Révolution et contre-révolution s'affrontent quotidiennement ». Louisa Hanoun pose cette fois la question : « Révolution orange' à Alger ? ». Texte dont certains longs fragments méritent à notre avis d'être reproduits, plus encore sans doute avec l'éclatement des événements de Libye et de Bahrein, deux points nodaux pour l'impérialisme :

 

« ...C'et précisément au moment où se joue le sort de l'Egypte, dont la révolution a ébranlé l'ordre impérialiste, que des apprentis sorciers et des aventuriers de tous bords, amis de l'impérialisme, se mettent en mouvement dans notre pays, sous couvert de 'changementdémocratique'.

 

La marche du 12 février à Alger, précédée par les délégations du RCD aux ambassades américaines et de France et à l'Union européenne pour leur demander d'exercer des pressions sur « le régime d'Alger », s'apparente à une tentative d'importer une révolution orange, c'est-à-dire, concoctée et financée par les centres impérialistes.

 

A l'opposé des peuples tunisien et égyptien qui ont rejeté les ingérences extérieures, le regroupement qui a appelé à manifester le 12 février à Alger ressemble terriblement au mouvement du 14 mars de Saad Hariri au Liban, piloté par David Welch, le responsable américain qui compte parmi les artisans du Nouveau Moyen Orient (NMO) américain.

 

Evidemment, et comme c'est le cas pour tous les mouvements au service de l'impérialisme qui se drapent de 'revendications démocratiques' déconnectées des aspirations sociales et surtout à toute référence à la souveraineté nationale, la 'Coordination nationale pour le changement démocratique' tente de jouer sur les mécontentements sociaux, réels au demeurant, pour les chevaucher et les détourner au service de l'impérialisme. Ce n'est donc pas surprenant que les décisions du Conseil des ministres, certes insuffisantes, mais comportant des mesures importantes sur le terrain des libertés, de l'emploi et du pouvoir d'achat, soient qualifiées de 'manoeuvres'par le RCD.

 

Le FMI contre le peuple algérein

En effet, les solutions nationales contrarient ses projets, sachant que son président n'a pas hésité à supplier le gouvernement américain de rééditer en Algérie, ce qu'il fait en Afghanistan pour instaurer la 'démocratie'(sic !), mais aussi ce qu'il a réalisé en Irak, jusqu'à l'exécution de Saddam, comparant les autorités algériennes au 'clan des Tikritis'.

 

Et ce n'est pas non plus un hasard que cette agitation coïncide avec la dernière note du FMI (le 5 février) qui appelle à stopper les augmentations salariales dans la fonction publique et toutes les dépenses publiques. Et de préciser que 'le climat des investissements pour les opérateurs étrangers' n'est pas attractif, car 'le gouvernement a pris, en 2008, une série de mesures non encourageantes'. Tout le monde l'aura compris, il s'agit des Lois de finances complémentaires (LFC) 2009 et 2010 et du plan de soutien à la relance économique injectant 250 milliards de dinars d'investissements publics dans l'industrie, l'agriculture, l'amélioration des salaires et pensions et les infrastructures de base. Est-il besoin de rappeler que le RCD a voté contre toutes ces décisions ?

 

D'ailleurs, parmi les « personnalités » qui ont adhéré à la marche, figure Ahmed Benbitour, l'ex chef du gouvernement, consultant du FMI et de la Banque mondiale !

 

Alors, considérant l'importance des enjeux qui sont au centre de l'opération du RCD, la décision du gouvernement de maintenir l'interdiction des marches dans la capitale – et qui remonte à juin 2001 -, une décision que les développements dans le pays rendent inexplicable et totalement anachronique, est source de confusion supplémentaire et dessert les intérêts de la nation, car elle l'expose aux pressions extérieures.

 

C'est pourquoi, le comité central du Parti des travailleurs algériens, à l'issue de sa deuxième session tenue les 29 et 30 janvier, réaffirme que '...le véritable changement démocratique, qui renoue avec la Révolution algérienne, passe par la convocation d'élections libres et démocratiques à une Assemblée constituante souveraine composée de députés contrôlables et révocables. ...Forte de la confiance du peuple, une telle assemblée aura la force d'élaborer une vraie réforme économique, créatrice de vrais emplois et de richesses, garante de l'avenir des générations futures, ce qui implique la rupture franche avec l'Union européenne, l'annulation des concessions à l'OMC, la restauration de la pleine souveraineté économique confirmant et approfondissant les conquêtes enregistrées dans les LFC 2009 et 2010 et les investissements publics. Elle aura la force de prononcer l'expropriation des fortunes mal acquises, jetant les bases d'une véritable lutte contre la corruption et la gabegie, la renationalisation des complexes et entreprises publiques économiques bradés ...l'abrogation de toutes les lois scélérates découlant du Plan d'ajustement structurel, de l'accord avec l'Union européenne et des exigences de l'OMC, réalisant une véritable réforme agraire...

...Le Comité central appelle à l'intensification de la campagne de signatures autour de la lettre au président de la République pour renforcer la mobilisation dans notre pays, dans le cadre de la souveraineté nationale, pour la satisfaction des revendications sociales des travailleurs, des jeunes, des retraités, des handicapés, notamment l'emploi et le pouvoir d'achat, impliquant une indemnité chômage à raison de 50% du SMIG, pour le levée des restrictions sur l'exercice des libertés démocratiques, l'ouverture des médias lourds aux débats, pour en finir avec les institutions héritées du système du parti unique et de la tragédie nationale.

...Dans cette perspective, le comité central appelle les militants, adhérent et sympathisants à constituer des comités populaires avec les signataires de la lettre au président de la République, les travailleurs, syndicalistes et jeunes pour, par le libre débat, inscrire leurs revendications, élargir la mobilisation pour leur réalisation par des solutions exclusivement nationales, algériennes. »

 

Si, entre autre facteur, la position du PT algérien contribue à expliquer, pour le moment du moins, l'échec des « manifestations du samedi » qui se succèdent en Algérie, ce qui soulève des critiques à son égard, elle n'en témoigne pas moins également, à sa façon, du degré de mécontentement répandu dans la société algérienne et des pistes pour en sortir, situation générale qui a par ailleurs abouti, début mars 2011, à la cassure de la « Coordination nationale pour le changement démocratique »10 où une fraction d'organisations, issues de la jeunesse, en particulier des jeunes chômeurs, a rompu avec le RCD et ses alliés au nom d'une véritable perspective révolutionnaire et populaire. Preuve que les thèmes débattus aujourd'hui en Algérie sont ceux-là mêmes qui agitent l'ensemble du monde arabe depuis la victoire des révoltes tunisienne et égyptienne. Ce que l'on peine parfois à comprendre sur la rive nord de la Méditerrannée, particulièrement dans certains milieux qui pourtant s'agitent, verbalement, et frénétiquement, chaque fois que le mot « révolution » est prononcé. Mais qui ont oublié quelques autres mots simples et au moins aussi fondamentaux, comme « peuple », « dignité », « indépendance », « souveraineté nationale », « sionisme », « impérialisme », « néocolonialisme », « non alignement », etc.

 

Donc, suite au prochain épisode …

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Notes :

1Voir : <>

2« Oumma » qui peut d'ailleurs indistinctement désigner la « communauté » arabe, la « communauté » culturelle arabo-islamique ou la « communauté » religieuse islamique. Et qui donc peut inclure des composantes non arabophones ou non islamiques au « noyau » désigné. Nuances polyphoniques qui échappent à beaucoup d'observateurs occidentaux.

3 Dans le cas syrien, il faut rappeler plusieurs éléments fondamentaux rarement pris en compte par les dénonciateurs de « toutes » les dictatures :

1°. La Syrie est le seul pays arabe a avoir mené depuis plusieurs années de façon conséquente une politique, tant extérieure qu'intérieure, certes criticable mais qui reste élaborée de façon indépendante par les dirigeants de Damas. Or, on ne doit jamais négliger dans l'ébullition qui traverse actuellement les pays arabes le facteur lié à l'humiliation d'avoir à subir des régimes dictatoriaux prenant leurs ordres à l'étranger et abritant souvent sur leur sol des troupes étrangères.

2°. Ce pays est coincé entre le Golan occupé militairement par Israël et l'Irak en guerre et toujours dans les faits occupé militairement par les USA.

3°. Ce pays voisine avec le Liban, pays marqué par un pluralisme politique réel qui donne cependant à de nombreux Syriens la vision d'une démocratie « clanique » et confessionnelle qui entâche l'attrait du « modèle occidental » importé autrefois par la France et aujourd'hui par les USA dans le monde arabe.

4°. Ce pays constitue une mosaïque de populations et de confessions qui a su jusqu'à présent éviter les tensions, ce que certains Syriens considèrent comme un acquis positif du régime autoritaire en place à Damas.

5° Ce pays est gouverné par une coalition de partis politiques accordant un rôle d'avant-garde au parti Baath qui a, jusqu'à présent, su résister à certaines syrènes au moins du libéralisme économique, et tenir compte de la nécessité de prendre en compte l'existence des classes populaires, à la différence des dictatures arabes qui, à partir des années 1970, ont toutes basculé dans la privatisation et « l'ouverture » économique tout azimut.

Tous ces élements doivent être pris en compte pour comprendre la spécificité syrienne, chose que l'on retrouve, à un degré sans doute moindre, également dans le cas algérien. Mais notons que le caractère dans une certaine mesure « socialiste » de la Libye n'a pas pour autant empêché ce pays sans grande unité de connaître la désagrégation. Pour la Syrie, voir : Le chemin de Damas – L'avenir d'un peuple, ouvrage collectif coordonné par Yves Vargas, Le temps des cerises, 2007, 227 p.

5Voir à ce sujet le controversé mais néanmoins troublant ouvrage de Lounis Aggoun présenté lors de cette conférence : < http://www.youtube.com/watch?v=hic3SoG36Zo&feature=related >

6 Idem

7Rappelons que les rapports du Conseil de l'Europe ont montré les liens existant entre les arrestations extra-judiciaires effectuées tant en Europe que dans les pays arabo-musulmans et les systèmes de répressions mis en place par les dictateurs arabes récemment renversés, au premier lieu desquels, le système égyptien. Voir : Rafaële Rivais, «  Prisons secrètes de la CIA : le Conseil de l'Europe accuse la Pologne et la Roumanie », Le Monde, 09 Juin 2007; < http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=12233 > ; < mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=18151 >; Rappelons aussi que, révolution ou pas, les milliers de prisonniers politiques égyptiens arrêtés à l'époque de Moubarrak sont toujours sous les verrous et que la frontière avec Gaza, bloquée sous Moubarrak à la demande de Tel aviv, n'a toujours pas été défintivement rouverte.

8 Pour le moment et depuis plusieurs années, les Algériens « maintiennent la pression » : émeutes quasi régulières et grèves « catégorielles » dont plus aucun média ne parle tellement c'est « quotidien », mais qui se terminent souvent sur des succès, comme la longue grève des enseignants du édbut de l'année 2010 pour les salaires.

9Informations ouvrières, n°137, 24 février- 2 mars 2011.

10Samir Larabi, Porte-parole du Comité national pour la défense des droits des chômeurs, « La CNCD doit intégrer les revendications des travailleurs et des jeunes », El Watan, 27 février 2011. Où l'auteur expliquait son mécontentement envers la tactique employée par le RCD et son chef, Saïd Sadi, et qui amena quelques jours plus tard à la cassure de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie.

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Published by Bruno drweski - dans article classé
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