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  • : Philo-socio-anthropo-histoire. Revue en ligne éditée par une partie de l'ancienne rédaction de "La Pensée" exclue en 2004, élargie à d’autres collaborateurs et consacrée au renouvellement de la pensée critique de la globalisation, du politique, de l’économique, du social et du culturel.
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Revue en ligne éditée par une partie de l'ancienne rédaction de La Pensée exclue en 2004, élargie à d’autres collaborateurs et consacrée au renouvellement de la pensée critique de la globalisation, du politiq
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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 12:20

 

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Cet article date d'un an, il a été publié en allemand et en russe, ce qui est révélateur, mais nous pensons qu'il doit également l'être en français et dans sa langue originelle, en anglais. Car cet article pose la question de la crise grecque dans le contexte mondial, européen et allemand. Point de vue qui mérite réflexion et qui permet de constater que, malgré tous les bouleversements électoraux qu'a connu la Grèce au cours de l'année 2012, en fin de compte, il nous semble que très peu de choses ont changé et que cet article nous interpelle comme s'il avait été écrit hier. Quelques notes rajoutées suffisent à compléter le tableau.

 

Cet article présente aussi l'intérêt de présenter un point de vue européiste intelligemment critique, chose rare tant les points de vue ont tendance à être européistes ou critiques, rarement les deux en même temps. Bien sûr, on pourra ne pas être d'accord avec une idée européenne que l'on peut considérer comme totalement fantasmatique et sans aucun lien avec le réel. Cet article présente toutefois l'intérêt, justement parce qu'il part d'un point de vue « européen », de mieux démontrer les contradictions entre ce que le discours officiel est censé défendre et ce à quoi croient ceux qui pensent que l'Union européenne devrait avoir un avenir. Son auteur met à nu plus crûment la réalité actuelle que ne le feraient beaucoup d'analyses simplement déconstructrices et qui ont déjà été faites.

 

La Rédaction

 

 


 

 

Τετάρτη, 2 Νοεμβρίου 2011


Comment l'allemagne est en train de Détruire la gréce, l'europe et l'allemagne !

-

(Avec l'aide du gouvernement « grec »)


Le suicide de l'Europe: un triomphe pour l'empire de Lloyd Blankfein

 

-

 

Été 2012



Par Dimitris Konstantakopoulos



RÉSUMÉ:
La Grèce est au bord de la révolte ou de la révolution, du moins si son gouvernement continue à refuser des élections anticipées en Grèce comme le peuple le demande maintenant1. Les marchés semblent prêts à lancer une attaque encore plus grande contre l'Italie. Dans une situation de tensions militaires dans la Méditerranée orientale, avec l'augmentation de la probabilité d'un conflit armé impliquant deux membres de l'UE, un membre candidat et Israël. Quant à l'Allemagne, elle répète, de la façon dont elle gère la crise européenne, le même schéma d'erreurs stratégiques qui ont contribué à sa défaite militaire lors des deux guerres mondiales, la seule différence étant que au 20ème siècle nous étions engagés dans des guerres militaires, tandis que maintenant nous sommes pour le moment confrontés uniquement à une guerre financière totale.


L'Allemagne s'est trouvée devant une occasion rare dans l'histoire de se rétablir en tant que puissance « normale », de se transformer en leader politique et économique de toute l'Europe en lutte contre les « Marchés », de s'assurer une « hégémonie » bonne et démocratique sur le continent, en introduisant dans ses ambitions un projet de réfor radicale de l'Europe d'importance mondiale. Au lieu de cela, ses politiques sapent le projet européen
2et alimentent l'endettement intra-européen et les guerres politiques. L'Allemagne devient, une fois de plus dans son histoire, l'otage d'une version très étroite du nationalisme provincial, sous la même forme primitive du nationalisme qui a déàj détruit dans le passé le Volkallemand. En faisant cela, les Allemands risquent un « troisèime Waterloo » en deux siècles, une défaite plus lourde que celle qu'ils ont subie en 1945. Il ne reste pas beaucoup de temps avant la défaite historique de l'idée européenne, avant un effondrement de l'Union européenne et une crise économique mondiale pire que celle de 1929, et qui aura des conséquences catastrophiques pour l'Europe, le monde et l'Allemagne elle-même.


En utilisant une approche plus systémique, on peut facilement discerner dans la façon dont la crise est en train de se développer dans l'Union européenne et dans l'architecture économique mondiale, certaines des caractéristiques qui ont conduit au rapide auto-effondrement du système soviétique et à l'auto-destruction de l'Union soviétique, un système certes très différent, mais aussi «fermé», que le système monétariste néolibéral actuel et le système économique européen et mondial.


La façon dont les dirigeants européens gèrent la crise européenne, nous rapppelle la façon dont Gorbatchev se comportait, en déstabilisant les fonctions vitales de son système et de la structure de l'Etat, sans avoir une idée claire de ce qu'il fallait pour les remplacer. Contrairement au Parti communiste chinois, Gorbatchev a emprunté massivement et légitimé les "valeurs occidentales", en les utilisant dans ses luttes politiques internes, et en détruisant ainsi l '«image de l'ennemi » qui était au cœur de son système politique. Nous sommes témoins de la même approche en Europe en ce moment. Notre «régime» est basé sur la promesse de «liberté, de prospérité et de démocratie ». Le «régime» ne survivra pas parce qu'il cherche à assurer de plus en plus de profits pour les banques et il est en train de détruire des communautés entières, afin de rembourser la montagne de dettes qu'il a accumulé
3.


Dans cet article, nous essayons de voir comment différents facteurs financiers, politiques, idéologiques, nationaux et géopolitiques contribuent à la crise actuelle de l'UE. Nous proposons une synthèse de deux interprétations apparemment opposées, l'une qui soutient la thèse de la nature chaotique de la crise financière et l'autre qui tente de voir, à chaque étape de la crise, le projet de faire avancer un « Empire de la Finance », de façonner l'Europe et le monde en fonction de ses intérêts et de sa vision du monde. Nous nous concentrons ici sur la politique allemande, parce que maintenant, l'Allemagne est le seul pays restant en l'Europe qui tente d'élaborer une politique pour l'Europe. Le seul autre acteur réel en Europe étant la Grèce, car il est devenu le terrain d'expérimentation pour le nouvel ordre économique et social en Europe
4. Mais aussi parce que le gouvernement grec, sous le contrôle direct des centres dans la capitale financière internationale se comporte comme un véritable « agent du chaos » dans les affaires européennes.



De 1914 et 1939 à 2012


Nous sommes à un moment crucial en Europe et, en particulier, à un moment important de l'histoire allemande. Les mêmes mécanismes malveillants auxquels nous avons assisté en Europe avant la Seconde Guerre mondiale, sont de nouveau en action, sur le terrain financier cette fois, et non plus en termes militaires cette fois (au moins pour l'instant), mais avec les mêmes conséquences potentiellement catastrophiques. Prospérité en Europe, avancée de la démocratie et de la civilisation, tout ce que nous avons pu réaliser depuis 1945
5, sont maintenant en jeu. En raison de la façon dont le leadershipallemand gère la crise européenne. L'Allemagne court le risque très réel de faire l'expérience en finale, pour des raisons d'ordre économique, d'une défaite politique, géopolitique, morale et stratégique, comparable à la défaite militaire dont elle a souffert en 1945.


Nos esprits ne peuvent pas vraiment et pleinement saisir la nouvelle situation. Notre façon de penser est toujours basée sur les réalités et les certitudes du monde tel qu'il était entre 1945 et 2008. Une bonne utilisation de la méthode par analogie est de se remémorer comment les Européens ont été complètement pris de court par l'éruption de la guerre mondiale en 1914, pensant alors encore en termes de
Belle Epoque, en traversant ainsi une bonne partie de la nouvelle ère des guerres et des révolutions qui ont marqué la première moitié du 20e siècle. « Nous ne paierons pas pour les Grecs », disent les Allemands, un peu comme disaient certains Français, dans une occasion finalement pas si différente, « Nous n'allons pas mourir pour Dantzig ! ». Mais l '« assassinat » de la Grèce 6risque d'avoir les mêmes conséquences que celui de l'archiduc Ferdinand à Sarajevo en 1914.

La crise de la dette a rapidement détruit les fondements politiques, non seulement de l'UE actuelle, mais de toute l'intégration européenne. Une guerre médiatique a été lancée contre la Grèce et d'autres pays de la périphérie européenne, que l'on appelle PIIGS, ce qui nous rappelle les campagnes psychologiques lancées contre les États « voyous » et « hostiles » comme l'Irak ou la Serbie
7. Ces campagnes ont précédé, en fait, les attaques militaires contre ces pays, un peu de la même manière qu'elles ont précédé les attaques spéculatives contre la Grèce, transformant rapidement, en fait, un pays membre de la zone euro, dans quelque chose qui apparaît comme l'équivalent financier de l'Irak.


Deux ans plus tard, les sommets successifs de l'UE nous rappellent aujourd'hui, de plus en plus, des matchs de boxe et ils deviennent au fur et à mesure de plus en plus inefficaces. Allemagne, France, Grande-Bretagne et Italie ont entre euxdes relations pires qu'elles n'ont jamais eu. La Banque centrale « européenne » essaie d'inclure dans l'accord de « restructuration » de la dette grecque, l'exclusion de la dette qu'elle a acheté à très bas prix sur le marché secondaire - c'est-à-dire de spéculer contre elle et de faire de l'argent sur le dos d'un pays membre de l'UE dans une situation de détresse! Les gens du commun en Allemagne déclarent qu'ils ne veulent pas payer par leur dur labeur la dette des escrocs grecs, ignorant en fait que les Grecs travaillent beaucoup plus que les Allemands et que , de toute façon, l'argent de « l'aide allemande à la Grèce » ne va pas à la Grèce, mais aux mégabanques internationales, qui sont les véritables escrocs. Le Premier ministre bulgare, dit qu'il est heureux parce que la société grecque est détruite, tout comme la société bulgare a été détruite lors de la chute de  « communisme »
8.


Les Grecs eux-mêmes accusent de plus en plus les Allemands de se comporter exactement de la même manière que pendant la Seconde Guerre mondiale, en détruisant et en pillant leur pays. Ils parlent, en nombre croissant, d'un 4e Reich et ont tendance à se rappeler de plus en plus souvent leur EAM, le Front de libération nationale légendaire, le mouvement de résistance le plus important dans toute l'Europe, par rapport à l'ampleur du pays, qui a existé entre 1941 et 1944
9.


Qu'est-ce que cela signifie ? Que moins de deux ans
10après l'éruption de la crise de la dette souveraine européenne, les conditions financières, politiques et idéologiques de la destruction de l'ensemble du projet européen sont maintenant en place. Les forces mondiales, en particulier le nouvel « Empire de la Finance » qui a intérêt à « dominer ou à détruire » l'Europe, disposent d'outils nouveaux et importants pour atteindre leurs objectifs. Chaque nation européenne blâme les autres Etats membres pour la crise, une crise dont en fait les banques mondiales, la finance et l'économie mondiales qui ne sont pas du tout réglementées sont les principaux responsables !



Le dilemme allemand


Pour la première fois en quatre-vingts ans, l'Allemagne tient désormais dans ses mains, la clé du destin de l'Europe, de sa démocratie et de sa civilisation. Mais elle ne pourra pas la garder longtemps et elle ne semble pas savoir quoi faire avec. Les Allemands ont utilisé les « marchés » contre la Grèce, comme une sorte de « police maastrichtienne », pour « punir » les Grecs et les « discipliner » les autres Européens, sans se rendre compte du terrible prix qu'ils vont payer. De même façon que Faust a fait, en concluant une alliance avec le diable. Ils ont déchiré la Grèce économiquement, tout comme Hitler et Staline l'avaient fait avec la Pologne en 1939, par des moyens militaires. L'Allemagne surestime sa force et compte trop sur sa puissance économique, de la même manière qu'elle a surestimé et trop compté sur sa puissance militaire au cours du 20e siècle. Berlin pense qu'elle peut jouer avec les marchés, comme Dalladier, Chamberlain ou Staline pensaient qu'ils pourraient jouer et utiliser Hitler.


Entre 1939 et 1941, Hitler a attaqué successivement tous les Européens, en essayant de les unir et de les discipliner, avant d'aborder sa principale préoccupation, la conquête de la Russie et la destruction du bolchevisme. Mais le projet d'Hitler reflétait le caractère essentiellement provincial, étroit et violent du nationalisme allemand. L'Allemagne n'a jamais compris son propre et grand théoricien de la guerre, le Prussien Carl von Clausewitz, qui, à juste titre, a vu derrière les victoires de Napoléon, la force des idées de la Révolution française. Les hégémonies les plus prospères et les plus stables sont celles qui sont fondées sur des idées générales et qui comportent aussi une « carotte » pour les nations qui sont sous leur domination. Ce fut le cas de l'hégémonie (US) américaine, fondée sur la vision d'un « individu indépendant, libre et prospère », de l'URSS, fondée sur le « socialisme »
11, ou de l'UE, tant qu'elle était fondée sur le rêve commun de « paix, de prospérité et de liberté pour tous ».


Hitler a échoué à conquérir la Grande-Bretagne et il a payé le prix fort pour attaquer la Grèce. Il aurait pu probablement gagné contre l'URSS, mais quand il l'a finalement attaquée, en juin 1941, il avait déjà perdu un temps et une énergie précieuse, en essayant de détruire la résistance grecque et yougoslave. D'une façon qui aurait laissé sans voix Sigmund Freud, Angela Merkel fait exactement la même chose. Elle essaie de punir la Grèce et de discipliner tous les Européens avant d'aborder la question des marchés, au nom de toute l'UE. Elle court le risque de détruire tout le capital politique que possède l'Allemagne dans l'Union européenne.


Les marchés et la « police » FMI, que la direction allemande a elle-même invitée, ont accueilli et coopéré, non seulement en « punissant » le prétendu « criminel » grec (en fait, en le détruisant littéralement), mais ils attaquent désormais à chaque pays d'Europe, l'un après l'autre, et même aux Etats-Unis (la décision de S & P de déclasser la crédibilité de la superpuissance en Août 2011 doit être considérée comme un tournant radical et définitif dans le rapport de forces entre le pouvoir de « l'Etat tapi derrière les Etats » financier et les Etats « normaux », « habituels »). Prouvant ainsi que la Grèce ne constitue pas une exception, mais un cas extrême, qui nous permet de comprendre et de réaliser les mécanismes fondamentaux en action. Pendant deux ans, tout le monde a essayé de régler le problème grec, mais le seul résultat de ces efforts fut l'énorme accroissement de la dette de ce pays et la destruction rapide et sans précédent de son économie et de sa société.



Pas de solution à l'intérieur du système


Les hommes politiques allemands et européens tentent de trouver une solution, mais tout ce qui est proposé puis accepté, échoue dans les semaines ou les mois qui suivent, ce qui prouve donc que le problème est systémique, c'est à dire il n'y a pas de solution à l'intérieur du « modèle » politique et économique « modèle » donné, et qu'on appelle « mondialisation libérale », qui se caractérise par l'accumulation d'un pouvoir économique et politique aux mains de « capitaines » financiers et par la déréglementation complète des marchés financiers et des autres marchés, et donc de pratiquement toutes les activités financières, économiques et commerciales dans le monde entier. Ils détruisent l'Europe, précipitant le monde dans une crise pire que celle que nous avons subie en 1929.


Le monstre financier qu'ils ont créé au cours des 40 dernières années, un monde « d'Empire de l'argent », est en train de détruire nos Etats, les nations et les civilisations. Tant que la solution que nous proposons évitera de viser la cause principale du problème, le problème persistera, avec comme conséquence l'existence même, non seulement de l'Union européenne, mais de toute la civilisation européenne, de l'Etat-providence et de la démocratie, tout ce que les Européens ont réussi à atteindre après 1945
12. Si nous voulons vraiment essayer de rembourser la montagne de dettes accumulées par les banques et les autres institutions financières, nous devrons détruire nos sociétés, transformer les citoyens de l'Europe en une sorte d'esclaves à vie, d'organiser l'équivalent social de nouvelle guerres mondiales, ou de lancer de nouvelles aventures militaires à une échelle encore plus massive que celles dont nous avons été témoins au Moyen-Orient au cours de la dernière décennie, ou bien encore à détruire encore plus rapidement l'environnement naturel de la planète, et les fondements mêmes de notre existence.


L'histoire est en train de mettre les Allemands face à un dilemme stratégique dramatique. Ils ont maintenant une chance vraiment historique de redevenir une nation « normale », échappant à la « prison » mentale qui leur a été imposée après leur défaite dans la Seconde Guerre mondiale, en raison de la façon dont cette défaite a été traitée aussi bien par les Allemands que par leur vainqueurs
13. Pour que cela réussisse, il faudrait que l'Allemagne devienne le chef de file des pays européens dans leurs efforts pour contrôler le monstre financier qui menace les sociétés européennes, la démocratie et la civilisation14. Il faudrait que les Allemands prennent les devants dans un changement de paradigme vraiment radical, titanesque et extrêmement difficile, mais absolument nécessaire tendant vers la création d'un autre modèle économique. Si nous voulons réellement sauver notre sous-continent de la force totalitaire des soi-disant « Marchés ». Nous avons besoin d'une restructuration radicale de la dette européenne, nous devons interdire ou réglementer au moins lourdement les CDS (Credit Default Swap) et les autres dérivés, pour remplacer un modèle économique européen qui produit de la dette par un modèle de production se tournant vers une nouvelle forme de « keynsianisme », une certaine forme de protectionnisme et de réglementation. Nous avons besoin d'une redistribution gigantesque du revenu et de la richesse, d'inverser le chemin que nous suivons depuis quarante ans. Nous avons besoin d'un gouvernement européen et pas d'une gouvernance15. Mais un tel gouvernement se doit d'être démocratique et doit également répondre aux besoins sociaux, assurer le développement et les objectifs écologiques, et pas seulement de garantir la valeur de l'argent, comme le fait la logique de Maëstricht16. Nous avons besoin au moins d'un nouveau New Deal et, pour y parvenir, un leadershippolitique qui a le courage et les compétences de Franklin Roosevelt, de Winston Churchill ou de Charles de Gaulle est nécessaire, afin de répondre à la crise actuelle et de sauver l'Europe17.


L'autre façon pour Berlin est de continuer à faire ce qu'elle fait, pour précipiter la destruction de l'Union et s'aliéner la majorité de ses nations, posant elle-même les fondements de la domination de « l'empire de l'argent » sur l'ensemble du sous-continent, y compris finalement sur Allemagne elle-même comme l'un des Etats-sujet. Ce pays possède bien sûr des avantages comparatifs importants, et il sera capable de survivre plus longtemps sans les autres Européens, mais comment pourrait-il se maintenir globalement dans 20 ans, en tant qu'entité, face à la Chine ou à l'Inde ? Quel genre de puissance « 
soft » (et pas seulement « économique ») possèderait l'Allemagne, après les terribles retombées politiques et idéologiques consécutives à la destruction totale de l'Europe réalisée sous sa direction ? Un tel résultat pourrait en fait signifier pour elle une défaite économique, morale, politique et stratégique pire que celle dont elle a souffert militairement en 1945. Pas plus, pas moins.



Empire contre l'Allemagne (?)


Lord Ismay a été le Premier Secrétaire de l'OTAN qui a défini l'objectif de l'Alliance atlantique avec sa célèbre formule: «
Garder les Américains dedans, les Allemands en bas, les Russes en dehors». L'Empire britannique a transmis son pouvoir à l'Empire (US) américain, et ce dernier a conservé sa couronne par le biais d'une alliance de sa puissance financière et de ses armes, tandis que l'URSS s'est suicidée, alors que le « savoir-faire » impérial reste intact. Les moyens et les sujets changent, pas les objectifs fondamentaux. Aujourd'hui, ce n'est probablement pas le Secrétaire général de l'OTAN qui a le plus d'importance, mais le président de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, qui a été une fois entendu en train de dire: « Je fais le travail de Dieu »18.


Blankfein ne pouvait pas glisser en 2008. Il avait tout bien planifié à l'avance, mais il ne pouvait pas être sûr de la direction que les choses pourraient prendre. Son homme de confiance, Polson, dût alors supplier littéralement les membres du Congrès pour qu'ils sauvent les banques. Trois ans plus tard, Lloyd et ses collègues sont sans doute en train de rire des Allemands et des Européens, de Merkel, Sarkozy et Obama, car chacun d'entre eux essaient d'une manière humiliante de «
calmer les marchés»19. Non seulement lui et ses collègues sont parvenus à conserver et à étendre leur empire et ses profits fantastiques, non seulement ils ont réussi à transférer aux Etats leurs propres pertes, créant ainsi la crise de la dette souveraine, mais ils sont maintenant sur le point de « réguler » la taille des budgets de l'Etat, le niveau des dépenses sociales et d'investissement en Europe et États-Unis, et même le nombre de membres de l'Union européenne doit avoir ou même si elle doit tout simplement continuer à exister !


Un homme d'affaires de
Goldman Sachsa été nommé chef de la Banque centrale « européenne ». Un autre, Otmar Issing, écrit dans le Financial Times Deutschland, en mettant essentiellement les Européens devant le dilemme soit de transformer leur union en une « dictature des marchés » en bonne et due forme, soit de devoir assister à sa dissolution. Ce même Issing, qui est considéré en Allemagne, Dieu sait pourquoi20, comme étant la plus grande autorité en matière de politique monétaire, a expliqué dans un autre article célèbre, en Mars 2010, pourquoi l'Europe ne devrait pas aider la Grèce. Dans ce dernier article, il cachait sa qualité de conseiller rémunéré de GoldmanSachs, la banque qui, tout en étant conseiller du gouvernement grec, ne voyait pas de conflit d'intérêts dans l'orchestration, depuis Septembre 2009, d'une attaque spéculative contre Athènes.


Des financiers comme Issing ou Soros, ce dernier étant connu pour sa grande attaque financière contre la participation britannique à l'UEM, un des premier prédécesseur de l'attaque lancée contre l'Europe par l'empire de la finance, sont désormais les principales personnalités qui discutent dans les journaux européens du sort du sous-continent qui a produit toutes les idées fondamentales et essentielles des temps modernes, dans toutes les sphères de la vie et de la connaissance. Voilà ce qu'est devenue aujourd'hui l'Europe occidentale, celle de Kant et de Voltaire, de Marx et de Nietzsche, de Robespierre et de Garibaldi, de Sartre et de Goethe, de la Révolution française, du romantisme allemand ou du socialisme
21. Soros, Issing, Goldman Sachs, ou des gens comme Baroso (!), discutent et décident du sort de la civilisation européenne, ou comment ils vont le détruire.



Les conseils « conviviaux » de la Cityaux Allemands ou le piège impérial visant Berlin


À la fin de Septembre 2011, le
London Financial Times a publié un éditorial inhabituel, émoussé, exhortant l'Union européenne, la BCE et le FMI de ne pas livrer la sixième tranche de prêt qu'ils avaient accepté de fournir à la Grèce. L'éditorial expliquait que la Grèce n'avait pas d'obligations financières internationales à remplir jusqu'à la fin de l'année. Et si la tranche n'était pas livrée, le gouvernement grec serait incapable de payer les salaires et les retraites, expliquait la rédaction du journal, le porte-parole des financiers de la City. (Dans les semaines qui ont suivi la publication de cet éditorial, le gouvernement grec, sous la menace d'un arrêt du financement, a commencé à agir en plein désarroi et panique, procédant littéralement à l'abattage de toutes les classes sociales du pays, sous la surveillance étroite de l'UE, de la BCE, du FMI, de la « troïka » qui a été missionnée en Grèce et qui agit pratiquement comme un assassin économique de haut niveau).


Les Britanniques connaissent les Grecs et les Allemands et leur caractère national beaucoup mieux que les Grecs et les Allemands ne se connaîssent. Ils ont combattu et remporté la victoire sur ces ces deux pays à plusieurs reprises et de plusieurs façons. Les bailleurs de fonds de la
Cityse sont donc retrouvés dans une très bonne position pour prédire le résultat probable si leur conseil était suivi et il fut suivi. Il va précipiter la catastrophe de la Grèce, mettant ainsi ce pays et l'Europe toute entière dans une position beaucoup plus faible pour les affronter. Très probablement, cela va également pousser le peuple grec, tôt ou tard, vers une sorte de révolte ou de révolution, d'abord contre leur gouvernement, puis aussi, sans doute, contre l'Allemagne et l'UE. Vous pouvez accuser les Grecs de tout ce que vous souhaitez. Mais ils ont fait la seconde plus importante révolution européenne après la Révolution française22et ils ont convoqué une assemblée constituante dès 1822, lorsque Napoléon était déjà vaincu et que la Sainte Alliance régnait sur l'Europe interdisant toutes sortes de révolte. Ils ont aussi organisé le mouvement de résistance le plus massif, en tenant compte de la population du pays, au cours de la Seconde Guerre mondiale.


Les Financiers de la
city connaissent aussi très bien le caractère allemand, ils savent que les Allemands aiment la discipline autant que les Grecs aiment la révolte. Ils croient que Berlin répondra donc à une révolte grecque d'une façon rude, apolitique et inflexible. L'Allemagne et l'UE ont, sans doute, le poids politique et économique pour provoquer une catastrophe encore plus grande pour la Grèce, que celle qu'ils ont déjà provoqué à cause de leur politique, et en coopération avec le gouvernement grec. Mais ce dont ils n'ont pas les moyens d'échapper, c'est d 'échapper à la crise financière et, plus important encore, à la terrible chute politique, idéologique et géopolitique provoquée par la destruction d'un petit pays, qui est en même temps, le pays le plus historique en Europe. Ils peuvent donc faire cela, et ils vont probablement le faire, mais ils vont dès lors précipiter leur propre perte. Si les (US) Américains ont formulé la « loi des conséquences imprévues », après leurs aventures au Moyen-Orient, nous devrons introduire en Europe une nouvelle loi, celle « des résultats asymétriques ».


L'idée d'intégration politique de l'Europe recevra un coup fatal pour des décennies. Même maintenant, le climat politique en Europe est devenu assez toxique. Aussi bien les peuples « riches » que « pauvres » commencent à protester contre les « aides » à la Grèce, et ils ne savent pas qu'ils n'aident pas les Grecs en aucune façon, mais que ce qu'ils font est d'aider les banques détruire la Grèce, et parfois même à spéculer sur et en profitant des difficultés d'un pays membre et associé. Tout le monde en Europe commence maintenant à se retourner vers des solutions nationales. En France, qui constitue toujours le baromètre politique de l'ensemble du sous-continent, le Front national fasciste de Marine Le Pen est maintenant devenu une force politique « respectable ». Les axiomes politiques fondamentaux, sur la base desquels dans l'après-guerre, la prospérité, la démocratie et la paix en Europe ont pu être créés et qu'on a enduré sont maintenant rapidement minés, sous nos propres yeux.


Lorsque la catastrophe va se produire, lorsque la poussière retombera, chaque nation européenne va commencer à accuser les autres Européens, et avant tout les Grecs. Les dirigeants allemands et d'autres pays européens vont probablement accuser les Grecs de tous les maux existant en Europe et de les utiliser comme prétexte pour imposer des politiques économiques et sociales draconiennes en Allemagne et en Europe. Les Grecs de leur côté seront frustrés d'être niés par l'Europe, vers laquelle ils se sont tournés depuis deux siècles et demi. Ils ne se retourneront pas tant contre les « marchés », qui n'ont pas « d'adresse » et de numéros de téléphone, mais contre l'Europe et l'Allemagne en particulier, les accusant de détruire leur pays pour la seconde fois en moins d'un siècle. Ils se souviendront que les Allemands n'ont pas eu à payer de réparations de guerre et qu'ils n'ont même pas rendu l'or volé à la Banque centrale grecque. Ils rouvriront les comptes de Siemens et examineront d'autres contrats, compte tenu du fait que les entreprises européennes ont massivement payé les politiciens grecs. L'
International Herald Tribune, le Time, ou même le Financial Timespublieront ensuite des rapports très précis sur la famine à Athènes ou des analyses sur la façon dont il s'est avéré impossible pour les Européens de résoudre leurs propres problèmes. Leurs implications seront clairement définies. Tout d'abord, le spectacle de la catastrophe sociale grecque sera utilisé pour terroriser tous les citoyens d'Europe afin de les faire accepter les salaires et les retraites que leurs gouvernements seront autorisés par les banques à leur donner. Secundo, tout le monde en dehors de l'Allemagne fera la même conclusion: « Les Allemands n'ont pas changé. Ils demeurent les mêmes. Nous ne pouvons pas leur faire confiance ».

 
C'est exactement ce mécanisme psychologique et idéologique fondamental qui a été utilisé par l'Empire pour dominer après la guerre l'Allemagne et l'Europe et garder le sous-continent divisé et dépendant, en dépit de ses réalisations économiques, sociales ou intellectuelles très importantes
23. Et ce sera une grande ironie de l'Histoire que le nationalisme allemand aura, une fois de plus dans l'histoire récente, contribué à la désagrégation des intérêts nationaux allemands.


Rappelons-nous ce qui s'est passé en 1956. L'Union soviétique jouissait alors d'un immense prestige en Europe, en raison de son rôle dans la défaite de Hitler. Nikita Khrouchtchev tentait de réformer le pays de l'intérieur, afin de le sortir de son terrible héritage stalinien. Lorsque la révolution hongroise a éclaté, certaines forces encouragé à la révolte de Budapest, en assurant qu'elle aurait le soutien occidental. Les Hongrois ont quitté le Pacte de Varsovie. C'était plus que ce que Moscou pouvait se permettre. Les tanks soviétiques
24n'ont pas seulement détruit les Hongrois, ils ont aussi détruit le prestige soviétique en Europe, le mouvement communiste européen à l'Ouest et les chances de succès d'une réforme de l'Union soviétique elle-même. Les fondements de sa propre dissolution, qui allait se produire plusieurs décennies plus tard, furent établis à ce moment. Israël a trouvé, d'ailleurs, à ce moment l'occasion, alors que ces événements se déroulaient en Europe centrale pour lancer un autre de ses guerres au Moyen-Orient25.


Maintenant, mettez l'Union européenne à la place de l'Union soviétique, l'Allemagne à la place de la Russie, la Grèce à la place de la Hongrie, les CDS à la place des tanks, et vous aurez un scénario probable pour l'avenir immédiat. Beaucoup de ces choses sont aussi déjà en train de produire, et d'autres vont se produire, comme en 1956, au Moyen-Orient, pendant que notre attention sera concentrée par les guerres de la dette européenne. Soit dit en passant, c'est en exerçant de cette façon classique leurs pouvoirs que les puissances hors de l'Europe ont été en mesure de dominer ses nations au 20e siècle, c'est à dire en s'assurant que les Européens se battent entre eux. Au cours du siècle précédent, cela se faisait par des moyens militaires, maintenant cela se fait par le biais des institutions financières.



L'«ultimatum» des marchés à l'Europe: se soumettre ou se dissoudre


La stratégie des marchés envers l'Europe constitue un point important que nous ne pouvons pas analyser en profondeur vu les contraintes d'espace dont nous disposons. Le fait est que nous avons tendance à regarder vers les marchés de capitaux comme des mécanismes semi-automatiques, et nous avons tendance à voir les banques et les autres institutions financières comme de simples acteurs économiques, à la recherche de profit. Ce qu'elles ne sont pas. Nous confondons la fonction quasi automatique des marchés, avec la possibilité d'un groupe très concentré de détenteurs du capital d'orchestrer et de catalyser les événements du marché. Nous oublions que les dix plus grandes banques du monde sont en mesure de mobiliser un capital égal à la dette de tous les pays. Elles ont la même puissance financière que toutes les nations réunies !


Les institutions financières privées sont des acteurs stratégiques. Ils représentent la plus grande concentration du pouvoir financier et d'influence politique internationale que le monde ait jamais connu. Ils ont même réussi à détourner en partie, au moyen de dérivés, la fonction d'Etat principale, celle de l'émission de l'argent. Leur niveau de planification stratégique correspond à celui requis pour les empires. Nos Etats et nos politiciens n'ont rien de comparable, même de loin, à ce pouvoir, pour ne pas parler de leur propre dépendance envers les propriétaires de l'argent. La seule faiblesse de cette «État derrière les États», c'est qu'il lui manque la légitimité politique et la force militaire: il doit compter principalement sur les forces armées des Etats-Unis et de son complexe militaro-industriel. Ils sont « radicaux » dans leur pensée, et nous sommes « conservateurs ». Ils gèrent le changement radical de système dans leur direction, et nous essayons de gérer un système de plus en plus ingérable. Ils ont tendance à regarder dans le long terme, nous avons tendance à gérer au jour le jour les affaires, la préparation des prochaines élections municipales ou nationales. Ils ont une grande vision, nous en avons une petite. C'est pourquoi ils sont gagnants.


Dans le domaine géopolitique, Les rapports Wolfowitz et Jérémiah qui ont façonné la stratégie de l'après-guerre froide des Etats-Unis et ont établi le fondement des guerres au Moyen-Orient qui ont suivi, constituent un exemple très utile de pensée impériale, un modèle qui peut nous aider à comprendre également comment les « léninistes des marchés » pensent et agissent. En fait, l'attaque financière contre la Grèce suit la même logique stratégique que l'attaque militaire contre l'Irak, c'est la pierre angulaire, l'ouverture d'un remodelage radical du monde.


Ce que les deux rapports expliquent essentiellement, c'est que l'Empire ne doit pas attendre que des « menaces » apparaissent pour sa domination ou s'activent, mais qu'il y a nécessité d'une action volontariste, ayant comme objectif d'empêcher à l'avance l'émergence de pôles de puissance capables de rivaliser avec la domination (US) américaine mondiale. Si l'Union européenne devenait une entité politique à part entière, elle constituerait une menace évidente pour le monopole géopolitique de l'Empire
26. Si l'euro s'imposait comme la monnaie de réserve mondiale, cela saperait un des piliers de la domination états-unienne et la possibilité de financer à l'avenir l'économie des Etats-Unis27.


Soit dit en passant, et pour parler de l'économie, « les marchés savent » mieux que quiconque qu'un second et plus profonde tsunami financier est en train d'arriver. Au lieu d'essayer de l'arrêter, il est évident qu'ils veulent le canaliser et l'utiliser d'une façon qui soit profitable pour eux. Ils sont même obligés de le faire, parce que sinon, ils sont à juste titre effrayés en pensant que, finalement, il se trouvera bien un homme politique pour dénoncer les banques et les marchés pour la crise et pour leur demander de payer une partie considérable de la dette, au lieu de démolir l'ensemble de l'édifice de l'Europe d'après-guerre édifice pour la rembourser. Ils savent également que les périodes de troubles sont aussi des périodes de grandes opportunités permettant de façonner les choses pour les décennies à venir. S'ils ne sont pas capables donc de les utiliser dans leur propre intérêt, ils vont subir de graves pertes, probablement fatales. La crise actuelle est donc, de leur point de vue, une énorme opportunité historique permettant de démolir les Etats-providence européens et probablement aussi la démocratie libérale européenne, en transformant les travailleurs et les employés des services européens en esclaves qui travailleront toute leur vie pour rembourser le montant de la dette accumulée.


Les marchés peuvent se permettre une UE fonctionnant strictement selon les règles du monstre monétaire Maëstrichtien, devenant ainsi leur agent. Ils ne peuvent en revanche pas se permettre d'assister à la transformation de l'UE en une nouvelle forme de pouvoir étatique capable de les contrôler réellement. Si l'UE peut se transformer avec succès en un instrument de l'Empire, alors ils vont probablement l'utiliser. Sinon, ils vont utiliser le contexte de décomposition chaotique de l'euro et de l'UE, afin d'atteindre les objectifs politiques, économiques et sociaux mentionnés ci-dessus.


Dans un article récent révélateur, le
Wall Street Journal ne pouvait pas résister à la tentation d'exprimer son énorme enthousiasme pour la direction que la crise européenne était en train de prendre. D'abord, il a écrit que cette crise a donné un coup fatal au rêve dangereux d'un « super-nation européenne ». Secundo, l'euro a joué son rôle de déclenchement de la crise. Troisièmement, le WSJinsistait sur le fait que la crise à venir représente vraiment une chance véritablement historique pour détruire les Etats sociaux existant sur le sous-continent et aux Etats-Unis28.

 

Les marchés détestent l'humanisme moderne, ils détestent les États forts en général et les Allemands en particulier. Dans l'Athènes antique, nous avons assisté le premier à la « restructuration » de la dette par Solon, ce qui a conduit à la première expérience de démocratie. Le théoricien de la démocratie antique, Protagoras, incarnait l'essence même de cette démocratie, en enseignant que « l'homme constitue la mesure de tout l'argent ». Mais pour la « civilisation » de la finance, c'est l'inverse: « L'argent est la mesure de tous les hommes » ou, plus pratiquement, les marchés régulent tout.



La révolte grecque à venir


Le programme appliqué en Grèce depuis déjà deux ans par l'Union européenne, la BCE, le FMI et un « gouvernement grec », qui se trouve dans de meilleurs rapports avec la famille Rotschild qu'avec le peuple grec, ne laisse pas aux Grecs beaucoup d'options autre que de se révolter, même sans les rusés éditoriaux provocateurs du
Financial Times. Ce programme équivaut à un génocide économique et social et il a déjà détruit les fondements de la démocratie parlementaire dans ce pays. Sous « aide » européenne et internationale, l'économie grecque est en chute libre, à un rythme supérieur à celui de la République de Weimar, avant que Hitler ne prenne le pouvoir. Chaque classe sociale, y compris les classes moyennes, est rapidement détruite, à l'exception de très fines couches de super-riches, sa structure sociale tend à se transformer rapidement selon les normes des modèles latino-américains traditionnels. Le niveau de vie moyen et le revenu disponible sont sur une spirale de réduction de 50%, et sans aucune perspective de stabilisation. La sécurité sociale et les services de santé sont détruits, l'État est en train de fondre. L'ironie de l'histoire, si ce terme est approprié, c'est que le « remède » appliqué à la Grèce punit surtout les secteurs les plus productifs, le travail dur et honnête de ses citoyens, détruisant ainsi toute possibilité d'une renaissance nationale. La plupart des jeunes, les plus talentueux, les mieux éduqués et la partie la plus dynamique du pays rêve d'émigrer. La seule raison pour laquelle nous n'avons pas encore assisté au développement combats de rues de la part de groupes armés d'extrême gauche et d'extrême droite, est dû à l'inertie de l'esprit humain qui a toujours tendance à être en retard par rapport à l'évolution des situations. Le moral de la nation grecque se trouve maintenant dans la pire situation depuis le premier hiver terrible de l'occupation allemande, en 1941-42, avant l'apparition du mouvement de résistance énorme, le plus grand mouvement en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale, par rapport à la taille du pays. Les Grecs connaissent déjà, dans les grands centres urbains, non seulement la pauvreté, mais les premiers cas de famine généralisée. Et comme si cela ne suffisait pas, les différents acteurs internationaux semblent désireux d'acquérir la totalité de la propriété de l'Etat grec en vue d'éponger une partie de sa dette ou se présentant comme les « bâtisseurs » d'un nouvel État-nation grec, de la même façon surtout que celles qu'ils ont utilisé pour piller et détruire les républiques ex-soviétiques et la Russie, pendant les années de « transition vers nulle part » et de « choc sans thérapie »29.


Les forces qui ont planifiée et exécutent maintenant la destruction de la Grèce, préfèrent sans doute une implosion à une explosion du pays. Les Allemands surtout semblent attendre cela, et de toute façon ils n'ont jamais compris la «
rationalité de l'irrationnel », celle des révoltes et des révolutions et ils pensent probablement que les Grecs accepteront la destruction de leurs conditions de vie passivement, comme cela s'est produit en Europe de l'Est. Nous ne pouvons pas exclure un tel scénario, mais il ne nous semble pas plausible. Les Grecs ont une tradition politique complètement différente des Européens de l'Est. Il n'existe pas ici de « communisme » que l'on pourrait blâmer pour tout dans le cas de la Grèce. Il y a bien sûr une classe politique et une élite d'État massivement corrompue. Ils étaient des corrompus par eux-mêmes, mais ils étaient aussi sur la liste de paiements de plusieurs grandes entreprises européennes comme Siemens, qui, en échange de pots de vin accordés, ont exploité pendant des décennies le marché grec, et parfois littéralement pillé l'Etat grec et son budget.


La destruction rapide de tous les liens sociaux et de toutes les idées nationales, se produisant désormais en Grèce, à la suite de l'introduction du programme européen et de celui du FMI, est en train de déclencher une force terrible, qui attend de s'exprimer. L'Empire le sait. Face à la perspective d'une explosion sociale en Grèce, ils préfèrent canaliser l'énergie libérée vers d'autres directions. Hormis l'implosion ou l'explosion, il y a deux autres directions possibles. Ce pourrait être une « guerre » entre les Grecs et les immigrés. 80-90% de l'émigration allant vers l'Europe occidentale essaie d'utiliser la Grèce comme porte de transit, mais ila plupart d'entre eux restent le plus souvent enfin en Grèce, participant ainsi à la décomposition de l'ensemble de ses structures sociales, qui sont déjà dans un état problématique. La seconde possibilité est celle de petites « guerres », du nationalisme et du fascisme
30.



Mars rencontre Vénus


La Grèce n'est pas seulement l'épicentre de la crise de la dette. C'est une zone de fracture de toutes les crises possibles ayant le potentiel de menacer l'Europe. La Grèce et Chypre, malheureusement pour leurs peuples, sont situées sur l'un des point géostratégique le plus important dans le monde, permettant de contrôler l'accès de la Russie aux « mers chaudes », l'accès de la France et de l'Allemagne et des USA à l'énergie du Moyen-Orient, d'Israël vers le monde occidental. Ces deux Etats sont situés à la croisée de l'Orient, le « monde de Mars », du monde slave, en retrait temporaire et endéclin, et la Commission européenne, le « monde de Vénus ». Chypre semble posséder d'importantes réserves d'énergie. Si cela existe quelque part, c'est bien dans cette région que l'on peut combiner la dynamique explosive du « révisionnisme géopolitique », en activité au Moyen-Orient, en particulier au cours de la dernière décennie, et du « révisionnisme marché », en essayant de remodeler fondamentalement et à son profit l'état de chose établi en Europe après la guerre.


Pour le moment, les guerres de la dette en Europe et les conflits armés au Moyen-Orient et Afrique du Nord suivent des chemins différents, mais tout aussi explosifs. Qu'est-ce qui pourrait arriver si les deux se combinent ? Est-ce que l'Union européenne a les capacités, même à distance, pour gérer en même temps sa crise de la dette et une crise géopolitique, ou risque-t-elle d'être détruite avant que quelqu'un ne comprenne ce qui se passe ? Analysez la carte de la région. Que voyez-vous ? Une situation d'instabilité sans précédent depuis 1989-91. Cinq pays font face à des crises très différentes, mais très profondes : Syrie, Libye, Egypte, Chypre, Grèce. Et, entre Chypre et la Syrie, nous trouvons une concentration sans précédent des armées des États-Unis, d'Israël, les forces turques, auxquelles sont venues s'ajouter une flottille russe
31. Les Grecs, les Britanniques et les navires français sont également présents.


La République de Chypre, en exerçant son droit absolu a commencé
32, en coopération avec Israël et Noble Energy, la recherche de forage pour le gaz dans sa zone économique exclusive. La Turquie n'a pas apprécie cela et a donc envoyé dans la région une flottille navale importante. Ce conflit risque de déclencher une « réouverture » d'un vaste éventail de différences dans les relations gréco-turques. Israël, qui souhaite trouver une occasion d'inclure Chypre et la Grèce da

ns une plus grande sphère d'influence dans la région, propose son propre parapluie de défense à Chypre. Nous avons en face de nous l'aviation israélienne qui fait face à la marine turque dans le région33. En Novembre 2011, nous avons assisté à des exercices communs des Grecs avec l'aviation israélienne. À la fin Novembre, une flottille russe est venu se rajouter. Objectivement parlant, ce que nous observons, c'est le montage d'un mécanisme qui peut être utilisé par les différents acteurs pour différents programmes possibles, régional ou mondial, dans le but de déclencher un « conflit militaire limité ».


La Grèce a été utilisée par l '« Empire de la Finance » pour lancer l'attaque contre toute l'Union européenne, pour inviter le FMI à singérer à l'intérieur des affaires de l'Union européenne et comme un cas d'expérimentation pour les politiques néolibérales les plus extrêmes appliquées en Europe
34. Les pressions exercées par cet « Empire » peuvent également être utilisées pour la destruction de l'UE et aussi, comme un champ d'expérimentation pour ré-imposer des régimes autoritaires en Europe. La nation grecque, vivant en Grèce et à Chypre, se retrouve dans une situation proche de celle dans laquelle s'est trouvée la Pologne en 1939, coincée entre l'Allemagne et l'URSS. Aujourd'hui, les Grecs risquent d'être déchirés géoeconomiquement entre l'Allemagne et les Marchés, géopolitiquement entre Israël et la Turquie ou le soi-disant « axe chiite »35.


Nous ne pouvons pas être sûr de ce qui va se passer ni quand. Dans le pire des cas, un « conflit militaire limité » en Méditerranée peut être utilisé pour:



Α. diriger les énormes forces libérées par la destruction de la société grecque vers un ennemi extérieur, et non pas vers l'élite politique grecque afin de légitimer, par conséquent, un régime autoritaire en Grèce,


B. intégrer plus fortement Chypre et la Grèce à l'intérieur d'une sphère d'influence israélienne mise à jour, ainsi que la Bulgarie, la Roumanie et d'autres membres plus grands de l'UE, surtout si la Grèce est exclue hors de l'Union européenne ou si l'Union européenne est dissoute. Ces événements anéantiraient complètement toute influence allemande ou européenne stratégique en Europe du Sud et en Méditerranée orientale et pourraient constituer une défaite géopolitique des proportions stratégiques.

C. il y aura un mécanisme plus de « provocation crise » à l'intérieur de l'UE, mais il ne sera contrôlé par aucun pouvoir européen.




 

 

 

1 NDLR. Depuis, deux élections successives ont finalement eu lieu en Grèce, et le débat politique a été tellement perturbé par l'émergence de forces inconnues ou nouvelles et différentes formes de chantage que rien dans la politique des gouvernements grecs n'a véritablement changé.

2 NDLR. En dehors du discours officiel visant à légitimer l'intégration européenne réellement existante, on doit rappeler que le projet mis en place par Jean Monnet dès 1944 aux USA était purement économique et libéral, et qu'il entrait en contradiction avec les idées démocratiques officiellement mises de l'avant pendant la Guerre froide pour obtenir l'aval de citoyens souhaitant vivre sur un continent de paix, de sécurité et de coopération. La fin du monde bipolaire a permis de faire resortir le projet européen dans sa forme originale, telle qu'élaborée à l'origine à Washington.

3NDLR. Sans mentionner le fait que ces libertés sont systématiquement détruites aujourd'hui afin de protéger le “1%” de privilégiés.

4 NDLR. Depuis, nous avons pu assister à l'arrivée sur la scène européenne de nouveaux “peuples voyous”, appelés “PIIGS” comme on les appelle dans les médias conformistes anglo-saxons.

5 NDLR. Dans le cadre de l'émulation dynamique et dialectique du monde bipolaire capitalisme/socialisme de l'époque, assurant le développement économique.

6 NDLR. En même temps désormais que les autres pays “PIIGS”, voire d'autres “pays candidats” en voie d'affaiblissement.

7 NDLR. Rejoints depuis lors par la Syrie et l'Iran.

8 NDLR. Ou, pour utiliser un terme moins médiatisé et plus scientifique, le “socialisme réel”.

9 NDLR. Les historiens sont divisés sur la question de savoir quel fut le mouvement de résistance le plus puissant (Grèce, Biélorussie soviétique, Yougoslavie, Albanie, Pologne) en prenant en compte à chaque fois, le nombre de soldats allemands nécessaires au “maintien de l'ordre” dans chacun de ces pays. La Grèce néanmoins reste incontestablement une des nations dont le comportement fut le plus héroïque au cours de l'occupation nazie.

10 NDLR. Fin 2012, cela fait désormais quatre ans.

11 NDLR. En incluant également les processus de paix et de sécurité collective.

12 NDLR. Dans un monde qui était alors marqué par un pluralisme beaucoup plus large.

13 Les deux nations considérées comme les plus éduquées au monde, les Allemands et les Israéliens, sont toutes deux sorties de la Seconde Guerre mondiale avec un terrible traumatisme, qui les rend toutes deux otages de leur passé, ce qui constitue un risque de répétition, sous une autre forme. Pour ce qui est des Allemands, cela est le résultat d'un effort conscient fait par les vainqueurs de la guerre visant à ce que l'Allemagne soit incapable de redevenir le créateur de sa propre histoire. Ces deux nations sont toujours incapables d'échapper réellement du “dipole” de “la victime ou du vainqueur”. D'un point de vue plus large, le destin de notre civilisation (NDLR. Prenant en compte le fait que l'idée d'une “civilisation européenne” constitue un concept global méritant par ailleurs aujourd'hui d'être déconstruit) dépend beaucoup de la capacité de ces deux nations non pas de “nier”, mais de quitter afin de le dépasser, leur passé, afin de pouvoir devenir une nation “normale”.

Il est vrai que le régime hitlérien a commis des crimes de masse horribles. Mais il existe une interprétation dominante non-dite du XXe siècle impliquant que les Allemands seraient dans leur nature un mauvais peuple, et que les Juifs, victimes d'un terrible génocide, seraient un peuple “unique”, auquel il faudrait reconnaître des droits spéciaux. Ce qui n'est pas le moyen permettant de dépasser, mais au contraire, de répéter l'héritage du passé sous une autre forme. C'est seulement si les Allemands et les Israéliens trouvent le courage de repenser leur histoire d'une façon rationnelle et cessent de se considérer comme étant “uniques” et “spéciaux”, qu'ils seront en état de “métaboliser” réellement leur histoire.

Les Allemands ont été traités systématiquement comme “de mauvais garçons”, qui n'ont pas été “soignés” de leurs tendances à la domination et à la revenge. Des tendances de ce type ne sont pas caractéristiques des seuls Allemands, car on les retrouve en pratique dans la très grande majorité des peuples; Elles sont caractéristiques de l'être humain, et pas seulement de la nature allemande. En plaçant les Allemands dans une position de “fautif éternel”, les vainqueurs de la guerre repoussent ces tendances plus profondément dans l'inconscient de cette nation, à partir d'où, ils vont, s'ils restent présents, toujours essayer de s'échapper et de s'exprimer, dès qu'ils trouveront un prétexte crédible. (NDLR. On doit à ce sujet remarquer que le développement de la République démocratique allemande avait sur ce point précis, constitué une bien meilleure réussite, mais que la totale destruction de cet Etat et de toute sa légitimité a annihilé ses effets après 1989, puisque la “nouvelle Allemagne réunifiée” s'est de nouveau trouvée réduite à cette Allemagne qui fonctionnait selon l'héritage et le traumatisme de la vieille Allemagne vaincue en 1945. Nous pouvons dès lors observer que les nouvelles générations de politiciens allemands cherchent à échapper pas à pas de leur complexe de culpabilité en s'appuyant sur le développement de l'idéologie simpliste “Hitler=Staline” qui relativise le poids du nazisme sans permettre de le dépasser réellement.).

Les êtres humains tendent à répéter les comportements qu'ils ont hérité dans leur enfance de leur environnement. Et ce que l'Allemagne est en train de faire à la Grèce est donc très semblable à ce que les vainqueurs de la Première Guerre mondiale ont fait à l'Allemagne, avec le traité de Versailles. Ce que les Israéliens font aux Palestiniens constitue la réflexion de ce que les nazis leur ont fait. Je me rappelle avoir été choqué lorsque j'ai découvert une fois le mot “Achtung” écrit sur un “check point” israélien en passant la ligne de contrôle dans les territoires occupés, en me rendant à Ramallah. Il n'y avait personne qui connaissait l'allemand parmi ceux qui passaient par là.

S'il est impossible de sous-estimer la nature horrible des crimes de masses hitlériens, nous devons aussi admettre que les Allemands ne furent pas les seuls à rendre le XXe siècle ce qu'il a été sur le plan négatif. Verdun a précédé cet événement et a contribué, sinon même provoqué Dachau et le Goulag, et pas le contraire. Nous pouvons discuter pendant des siècles sur l'impacte du romantisme, de Nietzsche et de Wagner sur l'histoire allemande, mais la vérité historique est que, sans le traité de Versailles, il n'y aurait sans doute pas eu de Hitler. Les crimes du régime hitlérien sont absolument horribles, mais il est faux de considérer, comme c'est souvent sous-entendu, que le peuple allemand est responsible de tout le mal et de tous les crimes du XXe siècle. L'anéantissement des villes allemandes à la fin de la guerre constituent un crime de masse également horrible qui ne peut être justifié pour des raisons militaires, et qui n'avait d'autre objectif que de détruire la nation allemande en tant que telle. L'annihilation de Nagasaki et de Hiroshima constituent aussi un meurtre de masse. La “surculpabilisation” des Allemands après la guerre n'avait pas d'autre objectif que de cacher les responsabilités d'autres puissances et de rendre impossible le retour des Allemands au rang de nation souveraine.

Voilà pourquoi le pays qui a produit Hegel et Marx, Clausevitz et Haushofer, semble incapable ou peu désireux de faire montre d'une pensée rudimentaire en termes historiques, stratégiques ou géopolitiques. Voilà pourquoi le nationalisme allemand reste à un niveau primitif, incapable même de réaliser qu'il est utilisé contre les intérêts allemands.

14NDLR. En prenant en compte que, concernant l'Allemagne, la majorité des nations européennes ne rêve pas ou plus d'aucune sorte de « leadership », de domination, « soft » ou « hard ».

15 NDLR. Sans mentionner ici ce qui attire beaucoup plus les peuples, à savoir la coopération internationaliste de toutes les nations du monde. Ce qui, à l'heure actuelle vu la battage médiatique et idéologique ambiant, apparait effectivement come encore “irréaliste”.

16 NDLR. Sans prendre en compte ici la question très complexe de l'existence ou non d'une “société politique européenne” qui pourrait être au moins comparable à l'espace de référence imaginaire et culturel constitué par le monde arabe, islamique ou latino-américain, voire africain, post-soviétique ou de l'Asie orientale.

17 NDLR. En prenant en compte le fait que, par-dessus la légende reconstruite pour le bien de la propagande, Churchill comme de Gaulle étaient fondamentalement opposés au principe d'un rapprochement européen qui aurait atteint un niveau “supranational” et fédéral, et aurait dépassé le niveau d'une coopération entre peuples d'Europe occidentale.

18 Cette citation de Lloyd Blankfein est citée par Mark Roche, le correspondant du Monde à Londres et l'auteur de l'ouvrage “The Bank”.

19 NDLR. Depuis 2011, cette politique n'a pas vraiment été modifiée.

20 NDLR. En prenant en compte la prétention de Blankfein à être vue comme un nouveau “Dieu”.

21NDLR. Sans mentionner ici les vastes questions du colonialisme, du racisme biologique et des deux guerres mondiales.

22 NDLR. “Européens” est utilisé ici dans son sens réduit à l'UE, c'est-à-dire en excluant en particulier de l'Europe les Russes et la plupart des autres nations post-soviétiques.

23 NDLR. Pour le moment, les analyses comme les travaux de recherches sur la génèse de la CEE puis de l'UE montrent que ces institutions ont été construites avant tout dans l'intention de contrôler la démocratie et de faire en sorte que l'Europe, tant au niveau national que supranational, constitue un organisme peu efficace, en état d'assurer aux USA une position de force les rendant capables de contrôler “le vieux continent”.

24 NDLR. A cette époque, l'URSS cherchait à tout prix à sauver l'équilibre des forces issus de la guerre, ce qu'elle n'a plus été en état d'imposer à la fin des années 1980, pour des raisons à la fois économiques et de légitimité.

25 NDLR. En coopération avec la France et la Grande-Bretagne qui perdirent cette guerre.

26 NDLR. Dans une situation où la Chine, la Russie et les autres pays du BRICS deviennent de plus en plus compétitifs face aux pays occidentaux.

27 NDLR. De la même façon que les Chinois essaient pas à pas de faire avec leur Yuan. Nous devons rappeler que la Libye a été attaquée par l'OTAN immédiatement après une décision de la Libye et de l'Union africaine de lancer une monnaie pan-africaine financée par Tripoli et permettant de faire du commerce sans plus passé par le dollar US. Les dirigeants de l'Union européenne semblent dans ce contexte totalement soumis à l'idéologie américano-atlantiste, même si désormais, elle entre en contradiction évidente avec les intérêts de leurs peuples.

28 NDLR. Comme cela a déjà été réalise dans les nouveaux pays membres de l'UE ex-socialistes.

29 NDLR. Sans rencontrer de grandes protestations des peuples russe et post-soviétiques à cause de la réussite de la “stratégie du choc et du chaos” introduite dans ces pays à la fin des années 1980.

30 NDLR. Ce scénario n'est désormais plus exclu dans la situation de guerre qui prévaut en Méditerranée orientale.

31NDLR. Comprenant depuis 2012 des participations militaires chinoises et iraniennes.

32 NDLR. Mais sous la pression de la “situation internationale”, incluant celle du lobby israélien.

33 NDLR. La récente crise syrienne semble repousser la Turquie de nouveau dans la direction de Tel Aviv.

34 NDLR. Dans ce contexte, l'Islande semvle constituer le seul pays européen réellement libre, ce qui explique le succès relatif de son combat contre “l'Empire de la finance”.

35 NDLR. Dans les faits, l'alliance de tous les pays qui ne sont pas alignés sur l'Empire, incluant les pays du BRICS.

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