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  • : Philo-socio-anthropo-histoire. Revue en ligne éditée par une partie de l'ancienne rédaction de "La Pensée" exclue en 2004, élargie à d’autres collaborateurs et consacrée au renouvellement de la pensée critique de la globalisation, du politique, de l’économique, du social et du culturel.
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Revue en ligne éditée par une partie de l'ancienne rédaction de La Pensée exclue en 2004, élargie à d’autres collaborateurs et consacrée au renouvellement de la pensée critique de la globalisation, du politiq
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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 17:31

La crise en Ukraine, après les guerres en Irak, en Libye, en Afrique, en Syrie, encore une fois en Irak ou ailleurs, au moment où les pressions visent aujourd'hui l'Argentine après avoir visé tant d'autres pays soumis aux chantages, sanctions, blocus financiers, commerciaux, militaires ou diplomatiques a prouvé encore une fois que dans le monde « global » tout est désormais intrinsèquement lié dans le cadre d'un Système monde, par ailleurs divisé. D'un côté les Etats-Unis et ce qui reste de puissances européennes ou japonaise où l'on tente de préserver une suprématie d'apparence dans une situation d'affaissement constant, malgré le mécontentement grandissant des peuples mais aussi de la partie productiviste du patronat engagée dans des activités avec les pays émergents. De l'autre côté, les peuples, les Etats et les puissances émergentes qui ont intérêt à la paix et à la généralisation de politiques de développement s'appuyant avec plus ou moins de constance à la fois sur la dynamique du capital national et sur la solidité de la puissance publique. Tout cela se mêlant pour l'heure dans une globalisation financière axée autour du dollar à la fois dominant et virtuel. Monnaie non adossée sur l'or et destinée logiquement à céder peu à peu la place à certaines monnaies des pays du BRICS. Ce qui explique les aléas de gouvernements partagés entre fuite en avant guerrière derrière des puissances décadentes et les tentatives de compromis diplomatiques des cercles les plus responsables et/ou les plus enracinés dans leurs peuples, capables d'entrevoir des politiques de développement et de coopération mutuellement avantageuses.

 

L'Ukraine, comme son nom même l'indique, est la zone frontière par excellence (« the New Frontier ? »), entre ces deux logiques qui traversent en fait toutes les sociétés, avancées (vers où? ) et moins avancées. Logiques qui traversent donc, dans des proportions variées, tous les Etats, nations, courants idéologoques ou religieux, partis et dite « société civile ». D'où l'importance de ce conflit qui témoigne des rapports de forces à la fois internes et internationaux, des risques de guerre et des chances de paix. Nous avons voulu ici diffuser un article qui mérite d'être pris en compte hors du champs habituel d'influence de son site. Il ne s'agit pas ici d'analyser les contradictions qui traversent l'intérieur des sociétés concernées par la crise ukrainienne. On peut comprendre que l'émergence des collectifs de travailleurs, la reconstitution de soviets ou les exigences de nationalisations des biens des oligarques par les ouvriers du Donbass ne plaisent pas plus à Kiev et Bruxelles ou Washington qu'aux potentats russes. Mais face à la stratégie de la tension visant à empêcher la coopération proposée par Vladimir Poutine « de Lisbonne à Vladivostok », englobant donc Ukraine, Russie, Europe, Asie orientale, il s'agit de se placer à un autre niveau et d'analyser les tendances dominantes qui pousseront les puissances et le monde soit à se soumettre à l'hégémonie d'un système bancaire « global » à bout de souffle et verrouillé autour de la si bien nommée Wall street, soit, au contraire, à résister en imposant le choix de la paix et le droit au développement et au progrès. Choix qui n'exclue toutefois pas le risque de guerre, si l'empire refusait de se laisser aller à accepter le déclin progressif de sa domination, en américain « leadership ». D'où le rôle clef qui échoue aux restes de puissances existant toujours en Europe et qui restent encore alliées aux Etats-Unis mais qui ont aujourd'hui la possibilité soit de forcer au réalisme la puissance d'outre-Atlantique en imposant la négociation et le compromis en Ukraine et ailleurs, soit de pousser le reste du monde à se soumettre, ou à résister coûte que coûte, avec le risque d'une guerre.

La Rédaction

 

Notes sur la folie-Système à marche forcée

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Été 2014

Dedefensa*


28 juin 2014 – Par quoi commencer ? Par le commencement de la séquence, c’est-à-dire ce que certains jugent être “le recul de Poutine“, ce que d’autres jugent être “la manœuvre de Poutine”. Quoi qu’il en soit, il importe de ne pas prendre ce cas avec légèreté, pas plus que les autres que nous traiterons dans ces Notes d’analyse, – la “politique insinuante” de l’UE, la politique de rupture des USA.

... Il s’agit d’une dynamique générale où l’Ukraine, le détonateur de la chose, a une place importante mais qui se relativise à mesure. Elle ne rapetisse pas, non, c’est le reste, le fondamental, qui grandit avec elle en son centre, – mais centre-moteur, centre-dynamique, certainement une source d’inspiration qu’on qualifierait bien entendu de maléfique.

La dynamique de ce qui est désormais un des grands axes géographiques et psychologiques de la crise générale (orientation est-ouest, champ d’application de l’aire transatlantique à l’espace eurasiatique) échappe complètement au seul aspect ukrainien. Elle appartient à la crise générale d’effondrement du Système désormais en place et en développement opérationnel. (Quelle que soit son issue, à cette crise, guerre au plus haut niveau ou enchaînement des crises constituant l’effondrement).

(Ajoutons en complément que le “deuxième axe” de cet énorme phénomène de déstabilisation de ce qui forme l’essence des relations internationale se trouver bien entendu en Irak et alentour, sous la forme non pas d’une géographie linéaire mais d’une géographie tourbillonnante. Nous retenons cette formule de DEBKAFiles1, par ailleurs utilisée dans notre Bloc-Notes du 27 juin 2014 2 : « La bataille de l'Irak est en train de devenir une véritable tour de Babel de la guerre. Jusqu'à présent, six pays y sont mêlés à différents degrés : les USA, l'Irak, la Syrie, la Jordanie et l'Arabie saoudite »3)

Les psychologies et leur résistance

En avant pour Poutine... Nous allons nous attarder à sa pseudo “reculade”, que nous qualifierions plutôt de “manœuvre tactique désespérée”, – car aujourd’hui, toutes les “manœuvres tactiques” semblent désespérées tant la dynamique que nous devons qualifier de métahistorique est en route. Observons tout de même qu’en notant cela, nous tendons vers une des interprétations parmi celles que nous allons offrir, de l’acte symbolique (le 24 juin) de Poutine demandant et obtenant de la Douma qu’elle lui retire l’autorisation d’employer les forces armées dans la crise ukrainienne. C’est un geste qui n’est que symbolique, – Poutine reste chef des armées et donc avec le pouvoir de les utiliser si la situation l’y conduit ; mais “acte symbolique” marquant dans une situation où le système de la communication domine tout.

... Effectivement, le président russe a été l’objet de toutes les attentions, de toutes les interrogations, voire de toutes les suspicions, lorsqu’il a fait sa demande à la Douma. Entretemps, des “négociations”, – guillemets autorisés, – ont commencé entre représentants assez indirects de Kiev et représentants des révoltés du Donbass, alors qu’un “cessez-le-feu”, – guillemets fortement recommandés, – était établi jusqu’au 27 juin. (Il a été reconduit pour 72 heures, a annoncé le président-chocolat le 27 juin 2014.4)

Nous allons passer rapidement en revue quelques évaluations de commentateurs que nous connaissons, pour établir combien les interprétations diffèrent. C’est une marque de la confusion dans l’évaluation qu’on peut faire de la situation. Cette confusion se retrouve partout et trouble certains esprits, quand elle en durcit d’autres. La résistance des psychologies diffère notablement selon les psychologies, selon leur résistance aux pressions du Système...

Sous l’influence du Système

D’abord, et plutôt pour l’illustration accessoire de la façon dont les psychologies peuvent varier, montrer une fermeté exemplaire de type antiSystème et soudain s’affaiblir jusqu’à céder aux narrative-Système, voici MK Bhadrakumar. Son évaluation de l’attitude de Poutine, du 24 juin 20145, est indigne de ce qu’il a écrit auparavant sur le sujet. Le chroniqueur est victime dans ce cas d’une fascination qu’il éprouve épisodiquement pour la pseudo-puissance des USA.

Dans son analyse, il souscrit essentiellement à la narrative-Système (US), malgré quelques réserves émises plus loin. Cela revient à dire que Poutine a cédé, à reculé, devant une interprétation-Système qui fait la part belle et fascinée à la soi-disant puissance US d’un Obama faisant sa grosse voix. Du coup, pour lui (Bhadrakumar), la narrative cousue de grossier fil blanc semble dire le vrai.

« Dis de façon succincte, la Russie a commencé à 'désescalader'. Ce qui apparaît comme étant la conséquence de la difficile conversation téléphonique que Poutine a eu avec le président des USA Obama lundu lorsqu'il celui-ci l'a menacé que l'Occident allait imposer ce qu'on appelle 'des sanctions scalpels » contre la Russie – concentrées sur l'industrie d'armement et le secteur énergétique de la Russie – à moins que le Kremlin ne prenne sans délai une série de mesures comme respecter le cessez-le-feu ordonné par Kiev et cesser le flux d'armes à travers la frontière ukrainienne.

Lors, de son briefing de vendredi, le Département d'Etat des USA a donné des détails sur le flots d'armes, y compris de tanks qui traversait la frontière en provenance de Russie vers l'Ukraine et souligné que les 'sanctions scalpel' étaient imminentes. Moscou a apparemment compris qu'elle avait atteint un moment charnière6. »

Cette façon d’accepter pour argent comptant un briefing du département d’État, cette officine devenue louche à force d’élever le mensonge en pratique quasi-ontologique et qui professe que la Russie a envahi l’Ukraine russophone, détonne de façon remarquable, par exemple, avec ce commentaire du même MK Bhadrakumar, le 1er mars 2014 7:

« Les politiciens occidentaux de haut en bas à partir du Président des USA Barack Obama sont hypocrites lorsqu'ils appellent la Russie à se 'limiter'. Car plusieurs auto-limitations de leur part lors des derniers mois aurait bien pu éviter l'effondrement qui a commencé en Ukraine. Les craquements sont audibles, comme les craquements de la banquise, et la mosaïque ethnique ne semble plus en état de tenir (…) Pour résumer, la cinquième colonne de l'Occident a créé en Ukraine occidentale a créé à Kiev une structure de pouvoir illégitime, incontitutionnelle dirigée par des gens que l'on peut considérer comme 'pro-occidentaux' et, ce qui est plus important, viscéarlement 'anti-russes'.8 »

La surprise de la démarche de Poutine

Bien entendu, la démarche de Poutine trouve d’autres commentaires qu’une simple capitulation devant une Amérique imposant sa volonté. Car cette démarche, si l’on s’y attache un instant, apparaît comme mystérieuse et complexe et certains avouent, dans un premier jet, leur stupéfaction initiale (The Saker, le 24 juin 20149, avant de faire un long développement où il envisage différentes hypothèses : « Lorsque j'ai entendu ce matin que Poutine avait demandé au Conseil de la Fédération de lever sa résolution sur l'usage des forces armées russes sur le territoire ukrainien, j'ai été franchement dérouté.10 »)

La commentatrice française Karine Bechet-Golovko, juriste installée en Russie et qui édite un site sur la situation russe (Russiepolitics), émet plusieurs hypothèses qui nous restituent aussi bien les interprétations manœuvrières que certaines déceptions des partisans du président russe. (Le 25 juin 201411).

«Et la Russie affirme clairement ne pas vouloir intervenir. Certains d'affirmer l'existence d'un plan caché de V. Poutine, de rappeler sa grande dextérité diplomatique et géopolitique. C'est vrai et espérons. Mais au-delà de l'espoir, plusieurs questions inquiètent. Sans oublier que sur place, ils n'ont pas l'air d'être trop au courant de ce soutien ...

Prenons les choses sous un autre angle. Je sais, on m'a déjà dit que ces choses ne sont pas liées. Et l'on me l'a tellement répété, que j'en ai des doutes. Donc imaginons une autre version, plus cynique, soit, mais qui a aussi le droit d'exister. Dans cette version, la Russie ne fait pas le pari de la paix, elle fait le choix de la tranquillité et du développement économique. Elle en a par ailleurs aussi le droit. La Russie n'est pas obligée non plus d'endosser le rôle du preux chevalier sans peur et sans reproche. Seulement, oui, c'est moins joli, moins romantique, mais cela correspond pas mal à certaines élites en place. Et au calendrier en cours ...»

Le “cessez-le-feu en chocolat” et les diverses “réalités”

Quoi qu’il en soit de ce “cessez-le-feu en chocolat”, on sait parfaitement qu’il n’a pas fait pour autant cesser le feu. La faute en a été aussitôt attribué, du côté du bloc BAO (« Bloc américaniste occidentaliste »), aux insupportables “terroristes”-parlant-russe de la partie russophone du pays. Rien de surprenant dans ces prolongements, sinon l’installation d’une situation d’une double “réalité”, comme la décrit la même Karine Bechet-Golovko : «Et nous avons l'impression que deux réalités parallèles se mettent en place, se font concurrence. D'un côté la réalité diplomatique, celle d'un cessez-le-feu et de la rencontre de bonnes volontés, d'un autre côté la réalité crue du quotidien dans laquelle les gens continuent à se battre, à être blessés et à mourir. Comme si la volonté politique, avec le soutien médiatique, devait permettre de faire triompher une réalité sur une autre. Bref, une guerre post-moderne, sans armée régulière, avec des opérations coups de poings sans insignes et la caméra sur l'épaule...»

Cette situation n’est pas nouvelle tant le jeu des différentes “réalités” est devenu courant dans notre époque, mais jamais elle n’a paru si polarisée, si frappante entre ses deux extrêmes, qu’avec la crise ukrainienne. Le déni de la situation opérationnelle et humanitaire dans le Donbass par le bloc BAO, notamment dans l’activité de ce bloc au sein du système de la communication par le biais de la presse-Système, est d’une telle puissance qu’il nourrit les surprises les plus fortes, les tensions souterraines les plus grandes, les explosions les plus inattendues, lorsque la réalité de la situation parvient à se faire entendre. Cela implique que la crise est là pour durer, pour croître et se multiplier dans ses effets, ce dont on se doutait ; le terrain de la communication ne sera certainement pas le moins sollicité, il constituera même le principal champ de la bataille... « Je dois être d'accord avec beaucoup d'analystes russes qui ont récemment prévenu que nous nous trouvons dans un conflit à long terme et que ce serait le summum de l'irresponsabilité que d'assumer que tout est passé et que tout va bien. D'une part, il est certains que la partie 'Banderastani' de l'Ukraine éclatera avant la fin de l'année (La Russie va protéger la Nouvelle Russie (nom traditionnel de l'Ukraine du Sud-Est) de cet éclatement par le biais d'une aide directe et de liens économiques). En Finale, la guerre de l'information va s'exacerber maintenant même si les aspects purement militaires pourront devenir moins centraux12 » (The Saker, dans le texte déjà cité.).

Parole d’oligarque

Pour achever de mesurer l’extrême complication du désordre ukrainien, – il y a des désordre plus “désordonnés” que d’autres, et l’ukrainien est l’un de ceux-là, sans doute le plus “performant”, – on citera cet extrait d’un texte d’Alexander Donietsky, sur Strategic-Culture.org, le 26 juin 201413. Il indique combien la fragmentation du pays que la crise a mise à jour et à nu touche également les forces dites “de Kiev”, notamment avec la présence des oligarques constitués en autant de seigneurs féodaux, ou de “seigneurs de guerre”, – on choisira l’image qui convient. La crise ukrainienne montre plus qu’aucune autre les connexions directes de la politique, de l’idéologie, de la guerre secrète, des extrémismes affichés, avec les fortunes incertaines des oligarques “profiteurs de crise”, le crime organisé, les pouvoirs parallèles..

Ici, le cas de l’oligarque Kolomoisky qui a sa fortune, sa banque, son armée, sa politique, ses projets (c’est lui qui voudrait verrouiller la frontière russo-ukrainienne d’un ouvrage composé d’une clôture électrifiée, de champs de mines, etc.) ... On mesure les limites du pouvoir du président-“roi du chocolat” dans cette situation, de ce fait devenue encore plus typiquement postmoderne. « Cependant, certaines troupes gouvernementales n'ont pas l'intention d'obéir à l'ordre de cesser le feu. Lorsque la suspension des hostilités a été annonéc à l'occasion du voyage de Porochenko dans la région de Donietsk, le gouverneur de la région de Dniepropietrovsk, l'oligrque Igor Kolomïski, a ouvertement dit au Président qu'il 'n'obéirait jamais et que son armée allait de toute façon en terminer avec les séparatistes'. C'est Kolomoïski qui a financé la création et l'armement de nombreux bataillons de mercenaires (en utilisant les fonds provenant de sa banque – Privat Bank) qui se sont distingués par la cruauté de leurs massacres de la population civile dans de nombreuses villes du Donbass : Marioupol; Krasny Loukh; Slaviansk; Schastye; et Stanitsa Louganskaya ... Tout cela nous amène à voir que en réalité Porochenko non seulement ne contrôle pas le mouvement du Maïdan basé à Kiev qu'il lui est impossible de prendre le contrôle ou de libérer les bâtiments qu'ils ont capturés il y a six mois mais qu'il n'a aucun réel contrôle non plus sur les troupes qui ont été levées avec tant d'efforts ni sur les régions qui professent une loyauté apparente à son égard.14 »

“... Se préparer à la guerre”

Finalement, pour en revenir à Poutine et quitter la seule crise ukrainienne pour passer à la big picture qui s’est constituée autour de cette crise, on retiendra également une dernière interprétation de son attitude. Elle est de Paul Craig Roberts, le 24 juin 201415, et elle se présente comme une approbation complète des décisions du Président russe de rechercher une issue diplomatique au travers des négociations ukrainiennes et de demander le retrait de l’autorisation d’intervenir militairement de la Douma.

C’est un point d’autant plus intéressant que PCR, en une autre occurrence, au début mai, avait critiqué implicitement la position attentiste et arrangeante de Poutine ... (Le 2 mai 2014 16: (« Est-ce que Poutine est assis avec ses espoirs de pouvoir attendre la bonne volonté de l'Occident pour trouver une solution alors même que Washington est en train d'essayer de le faire tomber ? Le moment approche où la Russie devra ou agir pour mettre un terme à la crise ou accepter une crise durable et une distraction dans son arrière-cour... (…) Alors que le porte-parole du gouvernement russe ait encore une fois exprimé l'espoir du gouvernement russe selon lequel les gouvernements européens et de Washington font mettre un terme à l'offensive militaire et faire pression sur le gouvernement de Kiev pour trouver un accomodement avec les insurgés d'une telle manière que cela permettra le maintien de l'unité de l'Ukraine et de restaurer des relations amicales avec la Russie. C'est un espoir vain... »17).

Cette fois, PCR soutient la position de Poutine. Voit-il plus d’espoir qu’au début mai ? Au contraire, son point de vue s’est largement assombri. Sa thèse est alors que Poutine doit tenter de trouver une entente, notamment et essentiellement avec des pays européens qui finiraient par comprendre le danger de la situation (la France et l’Allemagne sont citées [voir le 26 juin 201418]). Si Poutine ne réussit pas, si les Européens cités restent fermés à une telle initiative, alors ce sera la guerre, juge Paul Craig Roberts... Cela justifie sa position : il n’y a plus rien à perdre, il faut tout tenter pour détacher des Européens des USA, dont la course est celle de la guerre, tout faire pour éviter cette guerre qui risquerait grandement et évidemment d’être nucléaire. Ainsi PCR voit-il la démarche de Poutine.

« Poutine sait que le Royaume-Uni est un véritable État marionnette vassal, que Cameron n'est qu'un homme acheté et payé pour cela exactement comme l'était Blair avant lui. L'espoir de Poutine dans la diplomatie s'appuie sur l'Allemagne et la France. Ces deux pays font face à une problème budgétaire et de chômage, et ces deux pays ont des relations économiques significatives avec la Russie. Les intérêts du patronat allemand constituent un contre-poids face à la soumission du faible gouvernement Merkel envers les Etats-Unis.Washington a fâché stupidement la France en essayant de voler 10 milliards de dollars de sa banque la plus importante. Ce vol, s'il réussit, va détruire la plus grande banque de France et soumettre ce pays à Wall street.

S'il existe encore un désir de souveraineté nationale au sein des gouvernements allemand et français, l'un d'eux ou les deux pourraient lever le doigt en direction de Washington et déclarer publiquement qu'ils n'ont pas l'intention que leur pays soit entraîné dans un conflit avec la Russie pour les intérêts de l'empire washingtonien et de l'hégémonie financière des banques américaines.

Poutine mise sur cela. Si son pari se révèle mauvais, et que non seulement l'Europe mais aussi la Russie et lui-même et le reste du monde ne réussissent pas à s'accomoder de la poussé de Washington vers l'hégémonie mondiale, alors la Russie et la Chine devront soit se soumettre à l'hégémonie de Washington soit se préparer à la guerre19

D’un “choix de civilisation” (l’UE)...

Avec ce commentaire de Paul Craig Roberts, nous sortons du seul cadre de la crise ukrainienne pour embrasser tout son environnement, sa puissance fondamentale, son poids énorme de “crise haute ultime” (voir le 24 mars 201420). C’est là, dans un mouvement centripète caractéristique, à partir de la crise ukrainienne et hors d’elle, que sont nés et se développent les foyers qui font de la crise ukrainienne cette “crise haute ultime”.

Hier, l’UE a signé un accord d’association avec l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie (voir Itar-TASS, le 27 juin 201421). C’est le même accord22 que Yanoukovitch avait refusé de signer en novembre 2013, ce qui avait fourni le détonateur de la crise ukrainienne. Cet accord fait entrer les signataires dans l’orbite de l’UE, avec un pied dans l’OTAN par le seul fait des dispositions de sécurité glissées dans l’accord sans qu’aucune des bureaucraties concernées (celles de l’UE) n’en mesure les effets, – car, précisément, ces accords, rédigés par des spécialistes de l’économie, imbriquent mécaniquement des dispositions standard dont l’effet véritable pourrait s’avérer explosif. C’est ainsi que les détonateurs de crise, ou de relance de crise, se créent subrepticement, sans réelle volonté planifiée contrairement à l’analyse générale, mais par un mécanisme de système, ou disons plus justement “du Système”... Cela, pour le côté européen, où l’on engage à des choix dont nul ne mesure les effets.

Du côté russe, par contre, on comprend parfaitement la vérité de la situation. Avertis de ces accords d’association il y a quelques jours par des délégués de l’UE dépêchés expressément, dans un esprit de conciliation qui est véritablement et ingénument dans le chef de cette démarche de l’UE, le vice-ministre des affaires étrangères de Russie a laissé tomber : «C’est un choix de civilisation.» Il voulait dire par là, qu’au-delà des termes économiques et de libre-échange, c’est bien une conception du monde, et une conception absolument mensongère du monde, que les trois pays rejoignent. Ce faisant, ils se trouvent placés en confrontation avec la Russie, quelles que soient leurs intentions à cet égard. Nous insistons beaucoup sur cet aspect d’automatisme, car effectivement la “puissance” de l’UE est fondée sur une vision totalement amputée du monde et, dans certains domaines essentiels et pérennes comme la sécurité et la souveraineté qui en découle, elle est totalement aveugle et semble raisonner selon les croyances les plus naïves ... C’est de cette façon que les choses se passent, et nullement selon des conceptions et une vision intellectuelles élaborées.

... A un autre “choix de civilisation” (les BRICS)

En échange de l’avis qu’ils ont reçu de l’UE concernant les accords d’association, les Russes ont parlé à leurs interlocuteurs de la prochaine réunion des BRICS en juillet. Cette réunion apparaît d’une extrême importance, selon les Russes, et un travail intense est en cours à cet égard. Les BRICS travaillent sur deux accords fondamentaux, celui, déjà connu, d’une banque d’investissement, et celui, nouveau d’un pool de monnaies de réserve pour leurs échanges. Ce dernier point est une étape fondamentale dans la concrétisation de la dynamique de “dé-dollarisation” dont nous avons déjà beaucoup parlé (voir le 14 mai 201423 et le 19 juin 201424)25.

La chose a été présentée avec modestie aux délégués de l’UE, – lesquels ont l’habitude de traiter avec le plus parfait mépris les initiatives russes, et en général les non-bloc BAO, de cette sorte. Les Russes ont présenté ce projet comme étant le produit d’une situation qui les a forcés à y venir. Ce n’est pas à notre sens une précaution oratoire tactique mais bien une réalité ... Cette attitude correspond à ce que nous écrivions le 21 juin 201426, avec pour la compréhension du texte l’extension du “système de l’américanisme” à l’ensemble du bloc BAO :

«Nous écrivons “pour conduire sinon forcer...”, parce que nous pensons qu’en l’absence d’une crise d’une telle intensité que l’ukrainienne, la Russie n’aurait pas choisi la voie qu’elle a choisie, de crainte de paraître trop dans une posture de confrontation avec ses “partenaires” du bloc BAO, des USA. Le système de l’américanisme, dans son aveuglement habituel, ne mesurera jamais la position de sûreté qu’il a perdue en poussant la Russie à la confrontation, notamment depuis la réélection de Poutine et, ouvertement, depuis le début de la crise ukrainienne. Le système de l’américanisme n’a jamais compris durant toutes ces années, qu’il avait, avec Poutine, un centriste ouvert à une coopération équilibrée, dont l’ambition n’était nullement de défier le Système, voire de chercher à le frapper. Mais on ne peut attendre le moindre éclair de finesse dans le jugement d’un système, celui de l’américanisme, dont on peut dire sans crainte d’être démenti que “la seule chose qu’il attend de la Russie, c’est que la Russie n’existe plus” (phrase fameuse de Leonid Chebarchine, ancien chef des Services de renseignement russes).»

Le suprématisme du bloc Américaniste occidentaliste - BAO

Ce que distinguent les milieux européens qui nous ont informés sur ces divers contacts avec les Russes, c’est une situation complètement bloquée d’antagonisme contre les Russes, de la part de l’UE et des USA, mais d’une façon différente. Il serait à notre sens simpliste de voir dans la situation ce qu’on dénonce habituellement comme une allégeance aveugle mais explicitement coordonnée de l’entité européenne aux USA. Il y a bien deux positions distinctes, mais caractérisées toutes les deux par une sorte de “suprématisme” commun ; on sait que ce trait psychologique constitue à nos yeux la véritable “valeur” invertie du bloc BAO, supplantant et surpassant complètement le racisme, auquel il ressemble dans ses aspects les plus vils mais dont il diffère fondamentalement, quasiment par une essence différente, par l’affirmation de la nécessité de l’abaissement, sinon de l’anéantissement de l’autre.

Il faut bien se persuader que ce sentiment joue un rôle considérable dans les politiques de ces entités bureaucratiques (l’UE comme on la voit, la bureaucratie américaniste en mode de surpuissance en l’absence d’un pouvoir politique centralisateur et disposant de l’autorité d’une légitimité, – Obama n’a plus rien de tout cela). Nous rappellerons ce que nous écrivions à ce propos le 4 juin 2014 27, et à propos de l’exceptionnalisme qui est le miroir conceptuel, ou de communication, de ce suprématisme, et qui touche aussi bien l’UE que les USA ; c’est bien là la force principale qui mène le bloc BAO dans cette affaire comme dans tant d’autres, – le mépris suprématiste inconscient et réflexif pour les Russes, qui est de même nature que celui éprouvé, dans une autre occurrence, pour les Iraniens. (Cela pourrait expliquer ce fait que les directions politiques du bloc BAO ne se formalisent pas vraiment quand le Premier ministre ukrainien désigne les Ukrainiens russophones de l’Est du pays de “sous-hommes”, selon un vocabulaire générique bien connu) :

«Ainsi parlons-nous d’exceptionnalisme, et encore plus de suprématisme, en observant que l’UE, et donc les pays européens, ont endossé cette dialectique prédatrice caractérisant aujourd’hui l’Occident dans son entier, sous l’habit du bloc BAO en mode de surpuissance-autodestruction. On pourrait dire que le suprématisme est au racisme, dans l’échelle des délits éventuels, ce que l’assassinat prémédité systématique est à un homicide involontaire accidentel, pour ce qui est de l’intensité et de l’orientation de la psychologie gouvernant l’attitude qui en résulte. L’exceptionnalisme-suprématisme a complètement envahi l’UE, à visage découvert, véritablement comme une doctrine active de fonctionnement, dans tous les cas depuis le coup de force de novembre 2013 (négociations avec l’Ukraine). Ce qui était sur le moment le simple résultat d’une mécanique bureaucratique est devenue une sorte de doctrine activiste, fondée sur l’affirmation d’une sorte de supériorité morale, psychologique et technologique comme un équivalent postmoderniste à la supériorité raciale et ethnique des suprématismes des XIXème-XXème siècles. Il s’agit du plus récent avatar de l’extension du concept d’“occidentalisation” (que nous nommons plutôt “anglosaxonisation”) identifié par le philosophe de l’histoire et historien des civilisations Arnold Toynbee après 1945, qui s’est très fortement sophistiqué au niveau de la de la communication et de la perception que ceux qui l’éprouvent en ont, jusqu’à changer de nature pour devenir l’actuel et postmoderne exceptionnalisme-suprématisme...»

Différences fraternelles ou fratricides

En effet, ce suprématisme n’a plus rien de spécifiquement anglo-saxon. Il est devenu la marque d’un esprit-Système, fondé sur l’arsenal dialectique qu’on connaît bien au travers de diverses narrative, – de l’excellence en matière de “gouvernance” à la démocratie triomphante, à l’hyperlibéralisme et au marché libre, au droitdel’hommisme, au multiculturalisme et autres vertus sociétales allant jusqu’au “mariage pour tous” & Cie... A partir de ce tronc commun, l’UE et les USA diffèrent dans leurs démarches, ce qui les distingue dans leurs russophobies respectives. Les deux démarches vont dans le même sens mais sont beaucoup moins liées qu’on ne le croit ; elles ont certes souvent la vertu d’être complémentaires, de s’entendre sur des thèmes tels que les sanctions et autres moyens de coercition n’impliquant pas une attaque directe ; néanmoins, elles peuvent différer en cas de montée de la tension, comme ce pourrait être le cas face à la Russie.

• L’UE pousse les matières économiques et sociétales, l’intégration par succion, par dissolution des vertus pérennes. L’UE dissout plus qu’elle ne déstructure ceux qu’elle veut absorber, elle dilue la substance de l’autre dans sa propre substance bureaucratique, régulatrice et moralisante ; elle intervient sans aucun souci des principes de souveraineté lorsqu’il s’agit du domaine sacro-saint de l’économie, en référence à la doctrine sacré de l’hyperlibéralisme, mais prétend agir hors du camp politique et de sécurité, et hors de toute polémique trop marquée. Ainsi exerce-t-elle ses pressions sur la Russie d’une façon indirecte.

• Dans le cas ukrainien et face à la Russie, les bureaucraties-Système des USA avec leur incitatifs de la communication se sont durcies avec la crise ukrainienne et retrouvent totalement leurs réflexes de la Guerre froide sans le frein d’une diplomatie solide et prudente comme ce fut le cas durant la période. (Voir le 20 mars 201428) Du coup, les techniques de l’“agression douce” ne sont plus l’essentiel de leur arsenal comme ce fut le cas contre Poutine, à partir de 2012 et jusqu’à la crise ukrainienne. Désormais, les USA agitent des menaces qui sont proches de l’ordre du militaire et certains de leurs relais de communication (un sénateur McCain, par exemple) ne se cachent plus de suivre la fameuse doctrine du regime change, avec tous les moyens du bord. Ils agissent seuls en ce sens, selon une ligne différente de l’UE et sans coordination avec elle, ce qui pourrait devenir un motif de désaccord dans des circonstances extrêmes.

... C’est en effet le fond du problème, déjà abordé à diverses reprises, et encore très récemment (voir le 26 juin 201429) ; c’est évidemment le fond du problème pour les Russes et pour Poutine... Il s’agit de savoir si, dans ce cadre général, et notamment en fonction de la ligne suivie par l’UE qui pourrait différer de celle des USA, des résistances ne peuvent pas s’affirmer chez certains des membres les plus importants de l’UE. Dans ce cas, on sait que les Russes se sont découverts des alliés inattendus, membres de plein droit du Système, puisqu’il s’agit du corporate power, très hostiles à cet affrontement avec la Russie à cause de ce qui peut être perdu en matière de business pour le bloc BAO. Les patronats allemands, français et italiens, mais également des groupes du patronat US30 sont opposés à la politique actuelle et le disent publiquement.

L’enjeu suprême

Le champ ne cesse de s’ouvrir plus largement pour un affrontement direct du bloc BAO avec la Russie, avec la perception clairement affirmée que cette bataille constitue un enjeu suprême pour la “victoire” du Système. (Le Système, qui est pourtant omniprésent, ne cesse de rechercher des actes de “victoire” supplémentaires, donnant ainsi libre cours à sa surpuissance qui est aussi proche de l’autodestruction que le Capitole de la roche tarpéienne.) Cette interprétation n’est pas ouvertement développée du côté du bloc BAO parce que cet ensemble vit dans le déni de l’aspect agressivement déstructurant de sa politique, mais elle est de plus en plus implicitement admise. Du côté russe, même à des niveaux officiels proches du pouvoir, et très largement dans des milieux politiques responsables, voire dans la population elle-même, cette même interprétation est dite ouvertement et largement acceptée. Il est aujourd’hui acquis que les perspectives les plus catastrophiques sont envisagées, comme celle qu’agite Paul Craig Roberts. Il y a quelque jours encore, le 24 juin 201431, un article (de Eric Zuess, sur le Washington’s blog) évoquait les préparatifs, sous la forme d’exercices intensifs des structures militaires russes, à la possibilité d’une attaque nucléaire US (voir le 9 juin 201432).

Il s’agit d’une évolution psychologique très rapide depuis que la crise ukrainienne a pris le cours qu’on lui connaît (voir le 3 mars 201433), et qui dépasse très largement la crise ukrainienne bien entendu. Du côté russe, nombre d’acteurs extérieurs prennent conscience de cet enjeu. Ils en seront encore plus instruits lors du prochain sommet des BRICS, où cet aspect fondamental de la crise sera évidemment évoqué. Cette situation d’extrême tension évolue sur le fond de la possibilité d’une issue catastrophique. Nous évoquions déjà cette situation de la psychologie, et, au-delà, de l’esprit, dans le texte cité du 3 mars 201434. Sa conclusion est toujours valable, parce qu’elle évoque cette issue catastrophique, non sous la forme de la fatalité d’un conflit mais sous la forme d’un dilemme entre cette possibilité de conflit et le destin du Système, qui est dans un état de tension maximale, avec sa tendance à basculer de sa dynamique de surpuissance à sa dynamique d’autodestruction en suscitant sa propre crise d'effondrement.

«Pour le conformisme de l’historiographie-Système, la Grande Guerre est “sortie de rien”, sorte d’accident monstrueux et incompréhensible. Notre thèse est exactement le contraire, comme l’on voit dans la présentation de ‘La Grâce de l’Histoire’ (“Dans ce premier tome, on analyse la séquence historique identifiée comme la dynamique conduisant à la crise actuelle, à partir de la rupture de la fin du XVIIIe siècle avec ses trois événements fondamentaux : la Révolution américaniste (guerre d'Indépendance des USA), la Révolution française et la révolution du choix de la thermodynamique engendrant le développement industriel et technologique. Dans la dynamique de cette séquence historique, la Grande Guerre de 1914-1918 occupe une place centrale, à la fois pivot de la dynamique en question, à la fois ‘réplique sismique en amont’ annonçant notre grande crise du début du XXIe siècle...”). On comprend que ce qui nous rapproche de 1914, ce n’est pas nécessairement l’événement (la guerre) mais l’esprit d’un temps perdu dans une ivresse aveuglante et qui se trouve soudain confronté aux réalités catastrophiques de lui-même. La crise ukrainienne, et la réalisation que les pressions du Système (du bloc BAO, son factotum) peuvent conduire à l’extrême catastrophique des affaires du monde, peuvent aussi bien, grâce au ‘formidable choc psychologique’ dont nous parlons et à l’immense crainte qu’il recèle, déclencher une autre dynamique d’une puissance inouïe. Notre hypothèse à cet égard, rencontrant l’idée de la formidable puissance symbolique du centenaire de la Grande Guerre (voir le 2 janvier 201435), est que cette dynamique est celle de l’effondrement du Système dont rien, absolument rien ne réclame qu’il se fasse dans l’apocalypse nucléaire, parce qu’alors elle pourrait bien être, cette dynamique, le fruit de la panique psychologique totale naissant de la perspective soudaine apparue que le risque de la guerre nucléaire existe plus que jamais...»

*< http://www.dedefensa.org/article-notes_sur_la_folie-syst_me_marche_forc_e_28_06_2014.html >

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1Site spécialisé israélien d'analyse internationale et de renseignement.

2< http://www.dedefensa.org/article-la_bataille_irakienne_devenue_le_babel_de_la_guerre_27_06_2014.html >

3 «The Iraqi battle arena is becom[ing] a veritable Babel of war. So far, six countries are involved in varying degrees: the US, Iraq, Iran, Syria, Jordan and Saudi Arabia.»

5< http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2014/06/24/moscow-steps-back-on-ukraine/ >

6 «Succinctly put, Russia has begun ‘de-escalating’. This follows what appears to have been a tough phone conversation US president Barack Obama had with Putin on Monday where he apparently threatened that the West will impose the so-called ’scalpel sanctions’ on Russia — focused on Russia’s energy and arms industry — unless the Kremlin took a series of measures without further delay such as abiding by the ceasefire ordered by Kiev and halting the flow of weapons across the border into Ukraine.

In a special briefing on Friday, US state department had disclosed details of the flow of weapons, including tanks, from Russia across the border into Ukraine and hinted that the ’scalpel sanctions’ were imminent. Moscow has apparently understood that a defining moment is reaching...»

7< http://www.dedefensa.org/article-juste_et_claire_vision_de_mk_bhadrakumar_01_03_2014.html >

8 «The western politicians all the way down from US President Barack Obama are being hypocritical in calling on Russia to be ‘restrained.’ Some self-restraint on their part through the recent months could well have avoided the meltdown in Ukraine that has begun. The cracks are audible, like ice cracking, as the ethnic mosaic does not seem to able to hold together anymore. [...] In sum, the West’s fifth column in western Ukraine has created an illegitimate, unconstitutional power structure in Kiev manned by people who can be trusted as ‘pro-western’ and, more importantly, viscerally ‘anti-Russian’.»

9< http://vineyardsaker.blogspot.be/2014/06/ukraine-sitrep-june-24th-1710-utczulu.html >

10 «When I heard this morning that Putin had asked the Federation Council to repeal the resolution on the use of Russian armed forces on the territory of Ukraine I was frankly baffled. Truly, I had not expected such a move...»

11< http://russiepolitics.blogspot.ru/2014/06/ukraine-la-russie-fait-elle-le-pari-de.html >

12 «I have to agree with several Russian analysts who have recently warned that we are in this conflict for the long run and that it would be the height of irresponsibility to assume that now it's all over and all is well. For one thing, the Banderastani part of the Ukraine is guaranteed to explode before the end of the year (Russia will shield Novorussia from this explosion by direct aid and economic ties). Finally, the information war will now only heat up even if the purely military aspects might become less central.»

13< http://www.strategic-culture.org/news/2014/06/26/ukraine-has-begun-aggressive-actions-against-russia.html >

14 «However, some of the government troops had no intention of obeying the ceasefire order. When the suspension of hostilities was announced during Poroshenko’s trip to the Donetsk region, the governor of the Dnepropetrovsk region, the oligarch Igor Kolomoisky, openly told the president that he “will never obey and his army will finish off these separatists anyway”. It was Kolomoisky who financed the creation and arming of several battalions of mercenaries (using funds from his bank, Privat) who distinguished themselves with the cruelty of their slaughter of the civilian population in many cities in the Donbass: Mariupol; Krasny Luch; Slovyansk; Schastye; and Stanitsa Luganskaya ... This all goes to show that in reality Poroshenko not only has no control of the Kiev-based Maidan movement that is unwilling to either fight or release the buildings they captured six months ago, but he also has no firm grip on either the troops that were mobilized with so much effort or the regions that still profess outward loyalty to him.»

15< http://www.paulcraigroberts.org/2014/06/24/can-putins-diplomacy-prevail-washingtons-coercion-paul-craig-roberts/ >

16< http://www.paulcraigroberts.org/2014/05/02/washington-intends-russias-demise-paul-craig-roberts/ >

17 «Will Putin sit there with his hopes awaiting the West’s good will to work out a solution while Washington attempts to engineer his fall? The time is approaching when Russia will either have to act to terminate the crisis or accept an ongoing crisis and distraction in its backyard.... [...] Yet, the Russian government spokesman again expressed the hope of the Russian government that European governments and Washington will put a stop to the military strikes and pressure the Kiev government to accommodate the protesters in a way that keeps Ukraine together and restores friendly relations with Russia. This is a false hope...»)

18< http://www.dedefensa.org/article-l_nigme_fran_aise_interpr_t_e_par_les_autres_26_06_2014.html >

19 «Putin knows that the UK is a complete vassal puppet state, that Cameron is just as bought-and-paid-for as Blair before him. Putin’s hope for diplomacy over force rests on Germany and France. Both countries face Europe’s budget and employment woes, and both countries have significant economic relations with Russia. German business interests are a counterweight to the weak Merkel government’s subservience to Washington. Washington has stupidly angered the French by trying to steal $10 billion from France’s largest bank. This theft, if successful, will destroy France’s largest bank and deliver France to Wall Street.

 

»If desire for national sovereignty still exists in the German or French governments, one or both could give the middle finger to Washington and publicly declare that they are unwilling for their country to be drawn into conflict with Russia for the sake of Washington’s Empire and the financial hegemony of American banks.

»Putin is betting on this outcome. If his bet is a bad one and Europe fails not only Russia but itself and the rest of the world by accommodating Washington’s drive for world hegemony, Russia and China will have to submit to Washington’s hegemony or be prepared for war.»

20< http://www.dedefensa.org/article-la_crise_haute_ultime__24_03_2014.html >

21< http://en.itar-tass.com/world/737990 >

22NDLR. On peut supposer que c'est presque le même accord car, en fait, selon nos sources, même les plus hauts fonctionnaires des ministère de force des pays membres de l'UE n'arrivent pas à se procurer auprès des services de Lady Ashton le texte original des accords que Yanoukovitch avait refusé en dernière minute de signer, ce qui en dit long sur le degré de transparence des institutions bruxelloises.

23< http://www.dedefensa.org/article-la_d_-dollarisation_moscou_means_business_14_05_2014.html >

24< http://www.dedefensa.org/article-pour_une_coalition_anti-dollar__19_06_2014.html >

25NDLR. A cela, il faut ajouter depuis le soutien ferme des pays du BRICS et du « groupe des 77 » à l'Argentine engagée dans une partie de bras de fer avec les banquiers nord-américains désormais soutenus par l'appareil de justice des Etats-Unis. Voir : < http://www.christinebierre.fr/face-a-obama-et-aux-fonds-vautour-nous-sommes-tous-des-argentins/ > consulté le 3 juillet 2014.

26< http://www.dedefensa.org/article-sapir_et_la_chute_du_dollar_21_06_2014.html >

27< http://www.dedefensa.org/article-notre_exceptionnalisme-supr_matisme_04_06_2014.html >

28< http://www.dedefensa.org/article-le_contraire_de_la_guerre_froide_20_03_2014.html >

29< http://www.dedefensa.org/article-l_nigme_fran_aise_interpr_t_e_par_les_autres_26_06_2014.html >

30< http://www.ft.com/cms/s/e76ed66a-fcbd-11e3-81f5-00144feab7de,Authorised=false.html?_i_location=http%3A%2F%2Fwww.ft.com%2Fcms%2Fs%2F0%2Fe76ed66a-fcbd-11e3-81f5-00144feab7de.html%3Fsiteedition%3Duk&siteedition=uk&_i_referer=http%3A%2F%2Fwww.dedefensa.org%2Farticle-notes_sur_la_folie-syst_me_marche_forc_e_28_06_2014.html#axzz35tk9rW5g >

31< http://www.washingtonsblog.com/2014/06/russia-prepares-expected-u-s-nuclear-attack-2.html >

32< http://www.dedefensa.org/article-notes_sur_le_danger_pr_sent__09_06_2014.html >

33< http://www.dedefensa.org/article-la_guerre_est_en_r_paration_d_urgence_03_03_2014.html >

34Idem.

35< http://www.dedefensa.org/article-de_2013_2014_en_passant_par_1914_02_01_2014.html >

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