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  • : Philo-socio-anthropo-histoire. Revue en ligne éditée par une partie de l'ancienne rédaction de "La Pensée" exclue en 2004, élargie à d’autres collaborateurs et consacrée au renouvellement de la pensée critique de la globalisation, du politique, de l’économique, du social et du culturel.
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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 12:38

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Les élections qui viennent de se dérouler au Québec sont passées dans les médias français loin derrière les querelles pour le poste de chef de l'UMP, les interventions de Michèle Obama pour redorer « apolitiquement » le blason de son mari qui ne fait plus rêver ou l'accident d'autocar au Maroc contre lequel personne ici ne peut de toute façon rien faire. Déjà, le mouvement de masse qui avait duré au Québec tout au long du « printemps érable » 2012 pour exiger une éducation publique qui ne soit pas transformée en marchandise n'avait pas fait les manchettes des journaux1. Pas plus d'ailleurs que les changements en Islande qui ridiculisent en fait le système bancaire mondial. Comme quoi, dans nos sociétés médiocratiques, peu importe ce qui se passe réellement dans la vie des peuples, les seules « vraies » informations sont celles qui passent en « prime time » au journal télévisé. Les autres, et surtout celles qui présentent quelques dangers pour le statu quo social, sont ignorées et, lorsqu'elles ne peuvent être tues, elles sont présentées d'une façon tellement tendancieuse que les « consommateurs d'information » n'y comprennent rien et sont poussés à penser qu'il n'y a nulle part au monde aucun exemple positif qui permettrait de sortir du « meilleur des mondes » dans lequel nous sommes censés vivre, ou, au mieux, d'une alternance qui promet « le changement » ...pour que rien ne change. Pourtant, au Québec comme dans toute l'Amérique du Nord et les autres pays de l'OTAN, la multiplication des lois répressives visant ceux qui se battent pour préserver les quelques acquis sociaux obtenus au cours de décennies de lutte sociales constituent un événement marquant, témoignant de la crise profonde de la démocratie libérale, en liaison avec la crise existentielle du capitalisme, en particulier dans ses « forteresses » traditionnelles.

 

L'article présent, écrit par un auteur québecois soutenant le marxisme-léninisme dans sa version que beaucoup qualifieront de « puriste », a le mérite de provoquer à la discussion sur ce qu'est devenu aujourd'hui le capitalisme réellement existant à partir de la situation québecoise. Beaucoup de lecteurs seront sans doute choqués par une analyse qui repousse dans une même catégorie « impérialiste », la superpuissance contrôlant plus de 800 bases militaires dans le monde et contrôlant aussi bien ses alliés que ses clients face à des puissances émergentes qui n'ont aucune ou presqu'aucune présence militaire hors de leurs frontières, et qui sont elles-mêmes souvent menacées par l'empire atlantique. Par-dessus l'exploitation des travailleurs producteurs de plus-value partout dans le monde, on doit en effet poser la question des différences existant entre bourgeoisie impérialiste, bourgeoisies compradores et bourgeoisies nationales, et leurs rapports avec les peuples. D'autres pourront s'émouvoir de lire que les mouvements populaires du « printemps arabe » peuvent être vite catalogués et que des petits peuples qui n'ont rien d'impérialistes voient leurs revendications nationales assimilées à celle de leur bourgeoisie, elle-même amalgamée à la catégorie des grandes bourgeoisies impérialistes. Mais cela permet d'ouvrir un débat sur l'état du capitalisme, des bourgeoisies et des mouvements populaires à l'heure actuelle. L'essentiel de cet essai, c'est qu'il provoque la réflexion sur des bases théoriques qui ont été d'un côté trop souvent oubliées, qu'il apporte des éléments d'analyse sur les causes de la stagnation des gauches diverses qui se veulent plus radicales que les sociaux-démocrates, eux-mêmes depuis longtemps déconnectés des classes populaires, et qu'il étudie à partir de ces présupposés le « village global » dans lequel nous vivons ou sommes censés vivre. En un mot, un article qui « secoue le cocotier » au sortir de vacances ...vers lesquelles désormais une majorité de travailleurs et de chômeurs ne partent plus, faute de moyens. Les « trente glorieuses » sont en effet terminées ...depuis trente ans déjà, et le loup sort donc du bois.

   

La Rédaction

 


 

 

 

 

Québec : lendemain d’élection : l’impossible justice économique


 


Septembre 2012

 

Robert Bibeau

    

 

 

Les réformistes montent aux créneaux

 

Les progressistes-réformistes, les altermondialistes, les sociaux-démocrates, le Nouveau Parti Démocratique2(Canada), Québec Solidaire3, le Parti Québécois 4et Noam Chomsky, tous apprécieraient : transformer les règles de domination politique et d’exploitation économique tout en restant assujettis au système capitaliste qui continue de les gouverner et de les spolier. Ils souhaiteraient vivre et prospérer sous un capitalisme fleuri-coloré qui sent bon la prospérité et le fleur-de-lysée5.

 

Chomsky, le roi des aigris, est ému par les larmes de crocodile versées par le Président de l’AFL-CIO, l’agence syndicale de placement ouvrier au service des multinationales américaines et de la CIA. Chomsky a écrit ceci : « Le président Fraser les a également condamnés (les capitalistes américains) pour avoir rompu et rejeté le fragile pacte non écrit entre le monde patronal et celui des travailleurs, pacte qui avait existé auparavant à l’époque de la croissance et du progrès au cours de la période postérieure à la Seconde guerre mondiale, également connue comme « l’âge doré » du capitalisme d’État. Ce qui est certain, poursuit Chomsky, c’est que les dirigeants patronaux et leurs associés des autres secteurs des élites dominantes s’étaient livrés à une constante et toujours présente guerre de classes, qui est devenue unilatérale, poursuivant une seule voie, lorsque leurs victimes ont abandonné la lutte.»6.

 

Chomsky a raison. La grande révolte des années soixante en Europe a effectivement donné lieu à un accord de capitulation signé par les ‘représentants’ de la classe ouvrière ainsi qu’à un accord de coopération signé par les représentants de la petite bourgeoisie pour le partage des miettes tombées de la table des riches dans l’exploitation des néo-colonies asiatiques, africaines et sud-américaines.

 

Par contre, dans la suite de son propos, Chomsky n’a pas la moindre idée contre quoi ils déblatèrent. Une guerre de classe ne peut être unilatérale et en aucun temps ni la classe ouvrière américaine ni l’européenne n’ont abandonné la résistance sur le front économique de la lutte des classes, même si Fraser, ce fier-à-bras de l’AFL-CIO, représente les capitalistes monopolistes (US) américains auprès du prolétariat, et même s’il est exact qu’il n’a jamais abandonné sa propagande pour démoraliser et démobiliser les ouvriers dans leur lutte de résistance.

 

Si le gangster Fraser maugrée dans ce message édifiant, reproduit par Chomsky, c’est qu’on exige de lui les mêmes services de trahison mais dans des conditions extrêmes pour cet agent de police infiltré au cœur des rangs ouvriers. Fraser le bandit et ses disciples, les bureaucrates syndicaux occidentaux, regrettent ces années faciles où l’aristocratie syndicale nord-américaine et européenne récoltait aisément une parcelle de la plus-value arrachée aux ouvriers du tiers-monde. Ces années de vache grasse étatsuniennes et européennes sont terminées et les années de pain noir sont aux portes de l’Amérique et de l’Europe au désespoir.

 

 

La donne a changé

 

L’apparition dans le tiers-monde de nouvelles puissances impérialistes, les BRICI (Brésil, Russie, Inde, Chine, Iran)7, a totalement changé la donne économique et politique mondiale, et aujourd’hui les miettes à redistribuer aux ouvriers occidentaux se font rares. Les nouvelles puissances impérialistes du Sud, que les États-uniens voudraient bien mettre au pas, conservent désormais une partie de leurs miettes chez elles, pour soudoyer leur propre « classe moyenne nationale », ce qui contraint les impérialistes occidentaux à renégocier ce qu’ils avaient précédemment concédé aux travailleurs et à la petite-bourgeoise occidentale; renégociation qui est source de tous les émois pour l’aristocratie syndicale et les petit-bourgeois, cibles actuelles des restrictions de l’appareil d’État, et qui réclament la restitution de ces « traditionnelles » concessions.

 

Culottées et désespérées, la petite bourgeoisie et l’aristocratie syndicale et les réformistes de tout poil déchirent leur chemise sur la place publique, regrettent la perte de la société de consommation, pleurent leur désarroi et menacent de se révolter et de voter pour la gauche progressiste-réformiste. De quoi terroriser les oligarques et les financiers qui soutiennent et encouragent ces partis progressistes-réformistes, qui tour à tour viennent faire un tour aux commandes du rafiot capitaliste en perdition; hier c’était le Parti Socialiste, aujourd’hui c’est l’occasion pour le PQ au Québec.

 

Qui parmi vous n’a pas entendu cette prémonition à l’effet qu’un autre monde est possible – même qu’il serait déjà en construction sous nos yeux ébaubis; dissimulé derrière la révolte étudiante8; et parmi l’élection de la « gauche » en France; caché au cœur de l’édification du pouvoir populaire en Islande; et derrière les manifestations de casseroles au Chili; en Argentine et au Québec; promulgué par les « indignés » en sit-insur Wall Street; et camouflé par les « Printemps arabes » qui remplacent des dictateurs laïcs en cravate par des dictateurs salafistes en djellaba; et enfin, dissimulé derrière les isoloirs des urnes au Québec.

 

 

Deux articles lèvent le voile

 

Triste utopie que celui de ces « Illuminatisprogressistes-réformistes ». Il aura suffi de deux articles tirés de deux médias à la solde des milliardaires de l’information pour ébranler les murs de la Jéricho progressiste-réformiste.

 

Le premier article établit simplement l’inventaire, non exhaustif, des grandes fortunes de France qui ont fui l’hexagone pour se réfugier dans quelques paradis fiscaux (Suisse, Belgique, Monaco) afin de se soustraire à l’impôt français prohibitif de l’avis de ces richissimes. De ce côté européen de l’Atlantique, il semble que l’État ait rompu son « engagement social » de ne pas taxer les riches. Obama a tenu parole, comme Bush avant lui, et il fait payer les ouvriers pour implanter la nouvelle assurance maladie privée-d’État devenue indispensable pour sauvegarder la santé de la classe ouvrière américaine menacée9.

 

Que peut-on conclure de cet article outrancier ? Que les progressistes-réformistes et les gauchistes qui promettent de mieux répartir la richesse et de taxer les riches pour redonner aux pauvres, mentent et ne contrôlent rien, qu’ils n’ont pas les moyens de leurs prétentions. Le monde est devenu un seul et vaste marché international, géré par un seul et même gigantesque consortium financier, la classe capitaliste monopoliste d’État, qui jouit du privilège de déplacer ses avoirs, ses rentes, ses profits et son capital privé d’une zone d’exploitation à une autre selon son gré et selon le taux de profit que le marché boursier peut lui assurer. Les seules éléments de capital que les capitalistes ne peuvent déplacer à leur gré, ce sont les richesses réelles et matérielles (minerais, eau, terre, forêt, faune et flore, etc.) ainsi que les moyens de production, de transport et de commercialisation (usines, routes, voies ferrés, ports, édifices à bureau, laboratoires, entrepôts, magasins, etc.)10. C’est la raison pour laquelle les révolutionnaires recommandent de nationaliser sans compensation toutes ces richesses réelles. Cependant que nous suggérons d’abandonner aux capitalistes leur capital argent, contrats, titres et parchemins sans valeur.

 

Le deuxième article fait le constat que pour attirer des investisseurs monopolistes miniers sur les terres du Québec – expropriées aux autochtones – le gouvernement du Québec doit renoncer à toutes redevances et simuler la collecte d’impôt dérisoire calculé sur les profits de ces investisseurs multinationaux qui, comme chacun sait, ne font jamais de profits en succursale néo-coloniale mais seulement en maison mère à Pékin, New-Delhi ou New-York, ou encore dans leurs paradis fiscaux aux Iles Caïmans et à la Barbade par où transitent la moitié des capitaux mondiaux11.

 

Les impérialistes internationaux ont stocké 21 mille milliards de dollars dans ces paradis fiscaux ce qui fait perdre annuellement 20 milliards de revenus d’impôt aux divers gouvernements nationaux. Ajouter à ce scandale l’outrecuidante HSBC – banque britannique frauduleuse, qui blanchit des milliards d’argent sale – mafieux – à travers ces paradis fiscaux puis les réinjecte dans le circuit économique prétendument aseptique12. Saviez-vous que vos gouvernements sont parfaitement au fait de ces malversations et qu’ils ne font rien pour intervenir alors que l’on vous serine le refrain de la guerre au blanchiment d’argent sale ? L’argent sale, il est à la banque. Aucune de ces questions cruciales pour l’équilibre budgétaire des pays impérialistes du Nord n’a fait l’objet d’une seule remarque tout au long des élections québécoises bidon.

 

Pire, pour obtenir le douteux privilège d’être spolié par ces multinationales impérialistes chinoises, indiennes ou brésiliennes (les autres puissances impérialistes étant sur leur déclin) il faudra que le peuple du Québec paie une rançon de quelques milliards de dollars à ces capitalistes investisseurs gourmands qui malgré leurs profits en hausse ne paient la plupart du temps aucun impôt et quasi aucune redevance (1,5 % de taux de redevance en 2008). De plus, le gouvernement québécois vend à 4 sous (C$) le Kilowatt heure d’électricité qui lui coûte 10 sous (C$) à produire; bilan, perte de 6 sous (C$) le KWH que le consommateur-travailleur québécois achète quant à lui 14 à 20 sous (C$) le KWH afin de subventionner l’impérialiste chinois, indien, brésilien, canadien, québécois13.

 

La récession économique s’étendant de l’Occident vers ses fournisseurs – les ateliers du monde « libre » que sont la Chine, l’Inde, la Corée – le Plan Nord québécois et le sauvetage de l’euro et du dollar risquent de connaître de nouvelles difficultés et les travailleurs des pays occidentaux de subir de nouveaux plans de compression et d’austérité.

 

 

L’appauvrissement n’est pas la cause – c’est la conséquence

 

L’appauvrissement des classes moyennes, de la petite-bourgeoisie et de l’aristocratie syndicale et la misère de la classe ouvrière ne sont pas les causes mais les conséquences du développement capitaliste monopoliste. Exiger que l’on taxe les riches et que l’on enraye le processus de concentration des capitaux dans les mains des capitalistes financiers, c’est comme de demander à la pluie de cesser de tomber ! Sans concentration financière aux mains des oligopoles multinationaux et des requins de la finance, le capitalisme monopoliste s’effondre. La concentration de quantités inimaginables de capitaux par un nombre restreint de capitalistes financiers est une loi inéluctable du développement impérialiste, tout comme son corollaire – l’appauvrissement concomitant de la classe ouvrière. Les économistes chomskistes, altermondialistes, progressistes-réformistes ou péquistes ne peuvent contrevenir à cette loi du système. Le Robin des Bois des banques et de la finance est une chimère pour endormir votre conscience.

 

Que les sociaux-démocrates, les socialistes, les altermondialistes et les péquistes tentent de réduire un tant soit peu le processus de concentration du capital financier dans les mains des capitalistes monopolistes pseudos « nationaux » et alors les monopoles investisseurs internationaux fermeront leurs centres d’exploitation miniers et pétroliers pour les diriger vers le Brésil, l’Australie, le Chili, le Nigéria ou l’Afrique du Sud, pays aux gouvernements plus accommodants où la bourgeoisie compradore ne se laisse pas presser par les syndicats indignés, et où pour des policiers de l’État néo-apartheid assassiner 34 mineurs désespérés et désarmés n’est pas une calamité14

 

Les capitalistes monopolistes pratiquent ce stratagème depuis longtemps, mettant en concurrence les prolétaires français, américains, canadiens, québécois, espagnols, grecs, chinois, indiens et sud-africains. Le prolétariat grec, le premier du groupe, redécouvre petit à petit les salaires et les conditions de vie d’avant les années soixante. Les Espagnols puis les Italiens suivront, et cela peu importe qu’ils abandonnent ou qu’ils conservent l’euro comme monnaie de commerce de leurs richesses en échange de leur détresse. De même pour le prolétariat québécois sous le règne du Parti québécois. Le salut du capitalisme est à ce prix, là-bas comme ici. C’est pourquoi notre résistance est internationaliste.

 

 

L’internationale de la misère ouvrière

 

En termes clairs, l’impérialisme a réussi à faire de ce monde capitaliste une seule et même internationale d’esclaves salariés, quelle que soit la langue d’usage, la religion, l’ethnie, la nationalité et les mœurs de chacun de ces salariés, et l’impérialisme place tous ces pays et tous ces peuples en concurrence les uns avec les autres afin de leur accorder le douteux privilège d’obtenir les investissements de capitaux spoliateurs capables de provoquer un éphémère boom pétrolier (sables bitumineux de l’Alberta au Canada, pétrole au Nigéria, Angola), un éphémère boom minier (Lake Bloom-Fire Lake-DSO), un éphémère boom forestier (destruction de la biomasse en Amazonie), un éphémère boom agricole (monoculture du cacao en Côte d’Ivoire), un éphémère boom de l’aluminium (Rio-Tinto-Alcan au Saguenay québécois), un éphémère boom diamantaire au Québec, en Guinée ou au Botswana, le tout accompagné d’une détérioration durable de la planète, de ses ressources et de son écosystème.

 

Si l’un de ces partis politiques social-démocrates, « communistes » frauduleux15, altermondialistes utopistes (NPD, NPA, Québec Solidaire, travailliste, Péquiste) s’aventurait à hausser les misérables redevances minières (1,5% au Québec) ou à collecter les arriérés d’impôts (Rio-Tinto-Alcan doit deux milliards de dollars au fisc), ou à combattre réellement la fraude fiscale ou encore à taxer les riches, alors tous ces oligarques industriels et financiers menaceraient de retirer leurs capitaux de ce pays et de provoquer un chômage encore plus catastrophique que celui qui accable déjà ce peuple muni de son futile bulletin de vote et tremblant devant l’urne isolée.

 

Comptez alors sur le syndicaliste Fraser de l'AFL-CIO et sur son ami Chomsky; tablez sur la secrétaire national du PCF et sur le porte-étendard du Front de Gauche, du PC canadien ou de Québec Solidaire et du Parti Québécois pour pleurer sur le sort des ouvriers nord-américains, français, grecs, espagnols, italiens et québécois en chômage structurel et technique.

 

 

Les réformistes tombent des créneaux

 

Les ouvriers et différents segments du peuple, dépouillés de tout pouvoir politique ou économique, accablés de chômage, dont le pouvoir d’achat s’étiole sous les charges fiscales, au vent de l’inflation et de la spéculation sur les devises, et dont les divers paliers de gouvernement sont grevés de dettes publiques souveraines contractées auprès des mêmes banquiers qui refusent de payer l’impôt tout en exigeant une lourde rémunération pour l’argent inflationniste qu’ils répandent dans la tourmente – ces ouvriers et ces peuples disions-nous, munis de leur dérisoire bulletin de vote, n’auront d’autre solution que de retourner ces rigolos socialos-anarcho-syndicalistes, sociaux-démocrates et opportunistes sur les banquettes de l’opposition qu’ils n’auraient jamais dû quitter.

 

Mais alors, n’y a-t-il aucun espoir, direz-vous ? De gauche comme de droite aucun n’est idoine et seule l’épitaphe varie d’un malappris à son vis-à-vis ? Effectivement, aucune solution n’existe aux maux du capitalisme à l’intérieur du système capitaliste. S’il existait une solution quelconque, la quantité d’intellectuels chercheurs, de faussaires, de pseudos-experts, d’économistes chomskystes-libertaires, péquistes qui psalmodient leurs litanies dans les congrès et leur liturgie en quête de la pierre philosophale capable de transformer les crises de surproduction en argent sonnant et trébuchant, tous ceux-là l’auraient bégayée depuis longtemps. Alors faute de mieux, ces joueurs de pipo chantent des ex-voto sur les mérites de la société égalitaire-écologiste à ériger dans la semaine des trois mardis d’élection bidon dont vous ne devez rien attendre.

 

Le système social impérialiste a fait son temps et il est impossible de le rafistoler, de le raccommoder, de le réformer et de lui donner un visage humain. Il ne reste plus qu’à l’éradiquer totalement. Ni les utopistes progressistes-réformistes-péquistes-solidaristes, ni Chomsky l’éploré, ni son ami le bandit de l’AFL-CIO et de ses filiales canadiennes et québécoises ne parviendront à sauver leurs amis, les capitalistes endurcis d’ici ou d’ailleurs.

 

 

 

 

http://les7duquebec.com/2012/09/05/lendemain-delection-limpossible-justice-economique

 

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1< http://www.youtube.com/watch?v=YFh50QpCUes > ;

 < http://www.bloquonslahausse.com >

2 Formation social-démocrate fédérale canadienne.

3 Québec Solidaire : Formation souverainiste québecoise critique se réclamant de la gauche radicale au sein de l'échiquier électoral québecois, et qui est passée d'un député à deux lors des dernières élections du 4 septembre 2012.

4 Parti québecois (PQ) : Formation en principe souverainiste et, à l'origine, de tendance plutôt social-démocrate, aujourd'hui généralement classée au centre. C'est ce parti qui vient d'obtenir la majorité relative au parlement lors des dernières élections du 4 septembre 2012.

5 Emblème traditionnel de l'héraldique européenne qui a été pris comme symbole par la maison royale capétienne en France puis repris au Québec au cours du XXe siècle dans la foulée du mouvement de défense d'une identité francophone opposée au colonialisme britannique.

7 NDLR. On parle aussi de BRIICS, en y ajoutant l'Afrique du Sud.

8 NDLR. Au Québec, l'année 2012 a été marquée par un long mouvement de masse connu sous le nom de « pintemps érable » et organisé par les organisations syndicales étudiantes et lycéennes protestant contre la marchandisation de l'éducation. Mouvement qui a mobilisé plusieurs centaines de milliers de grévistes et de manifestants (pour un pays comptant moins de 8 millions d'habitants). Ce mouvement se poursuit çà et là, mais sa dynamique a été affaiblie par la dissolution du parlement et le lancement au cours de l'été d'une campagne électorale qui a été perçue par certains comme le moyen de changer un gouvernement réputé corrompu et soumis au capitalisme sans frontière par un gouvernement susceptible d'être plus à l'écoute des revendications populaires.

9 Premier article annoncé. Source : Alain Deneault et William Sacher.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/06/07/on-prend-aux-jeunes-l-argent-necessaire-a-la-conquete-du-nord_1714594_3232.html : « En 2009, le vérificateur général du Québec [chargé de contrôler les fonds et biens publics confiés par l'Assemblée nationale au gouvernement] s'invita au ministère responsable des mines. Pour en ressortir bien sonné. Quatorze mines sur les vingt-quatre en opération au Québec n'avaient payé aucune redevance à l'Etat depuis sept ans ! Les autres avaient déboursé 1,5 % de la valeur minérale excavée. Nous apprenions aussi que nous assumions en grande partie le nettoyage des sites miniers taris. Cette facture publique s'élève aujourd'hui à plus de 1 milliard de dollars canadiens (774,2 millions d'euros). Les constatations, un peu froides, n'ont pas créé d'onde de choc. Le problème imprègne néanmoins la conscience collective. Le Québec s'est peut-être remémoré le fait que 90 % de son territoire est de propriété publique - en proportion inverse de ce qu'on peut observer en Europe - et que le plus humble des Québécois en est le légataire. L'avenir nous le dira, mais il m'est avis que la révolte au Québec a pris racine, en bonne partie, en réaction à cette calamiteuse gestion du territoire.

 

Le gouvernement s'apprête à engager des dizaines de milliards pour un projet aux retombées hypothétiques, comme l'estiment la plupart des analystes indépendants. C'est dans ce contexte qu'il sabre dans les budgets de la santé et de l'éducation, qu'il augmente les frais de scolarité. "Votre juste part", a-t-il réclamé aux étudiants. Leur réponse : la rue, les casseroles, le tintamarre. Et peut-être plus. ». Ce texte est extrait de la préface d'Alain Deneault et William Sacher, "Paradis sous terre", à paraître le 4 octobre (Eds. Ecosociété et Eds. Rue de l'échiquier). Richard Desjardins, auteur-compositeur, documentariste, vice-président de l'Action boréale.

10 NDLR. En prenant en compte l'ingéniosité des capitalistes capables de trouver avec de plus en plus de facilités les moyens techniques et financiers pour délocaliser machines, centres de recherches, services de télécommunications, main-d'oeuvre, etc.

13 Paradis fiscaux : la grande évasion. http://www.quebec.attac.org/spip.php?article808

14 NDLR. Pour avoir une analyse de ces événements du point de vue du syndicat COSATU et du Parti communiste sud-africain, voir, entre autre :

< http://www.sacp.org.za/main.php?ID=3733 >

15 NDLR. Parti ayant gardé le communisme comme nom et n'ayant plus le communisme comme objectif ni le marxisme-léninisme comme méthode d'analyse théorique.

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